Documents repérés
-
50541.Plus d’information
On suppose généralement que les Industrial Workers of the World (IWW ou Wobblies) ont été le plus influents aux États-Unis et au Canada avant la Première Guerre mondiale, durant laquelle les autorités les ont supprimés, craignant la présence des « étrangers » parmi leurs membres. En réalité, entré dans la clandestinité, l'IWW a réémergé brièvement vers la fin des années 1920 et pendant les années 1930, quand il a exercé une influence réelle dans les syndicats forestiers et miniers des deux pays. On connaît mal leur organisation à cette époque-là, particulièrement les opérations de l'Administration canadienne établie en 1932. Cet article examine les activités des Wobblies canadiens et leurs tentatives pour former une Administration canadienne entre 1931 et 1935 à Port Arthur (Ontario). Nous montrons que les chefs canadiens se sont distancés de plus en plus d'une direction américaine inefficace, et ont essayé d'établir des politiques spécifiquement canadiennes.
-
50542.Plus d’information
RésuméLa démocratie directe a vu le jour en Californie au début du XXe siècle dans la foulée du mouvement progressiste, issu d'un profond désabusement face aux institutions du gouvernement représentatif. En ce sens, elle peut apparaître à plusieurs comme une solution aux problèmes du même genre qui se posent au Québec et au Canada de nos jours. Cependant, l'initiative populaire et le référendum californiens ont engendré des effets inattendus qui, selon plusieurs observateurs, sont à l'opposé de ceux que recherchaient leurs promoteurs. Le débat qu'ils suscitent oblige tout participant à clarifier ses valeurs.
-
50543.Plus d’information
Dans la société ontarienne, l'automobile, comme l'habitude d'aller passer l'été au chalet, jouent un rôle important, un rôle qui cependant n'a guère fait l'objet d'études approfondies. Dans cet article nous examinerons comment l'automobile a influencé et transformé cet usage social, notamment en en facilitant l'expansion aussi bien sociale que géographique. L'extension du réseau routier, qui rendait plus accessibles de nouvelles régions de la province, les commodités du voyage en automobile, ont fait que la coutume de passer l'été au chalet, longtemps réservée à une élite, est peu à peu devenue un phénomène de masse. Les formes de la vie au chalet se sont alors transformées, celle-ci devenant à la fois plus privée et plus simple. Une autre conséquence importante est le changement d'orientation de la politique gouvernementale au sujet des résidences d'été, une politique qui s'adressait jusqu'alors autant aux citoyens américains qu'aux habitants de l'Ontario. Finalement, à la surprise même de beaucoup de ceux qui passent l'été au chalet, l'automobile a changé de nombreux aspects de la vie dans les lieux de résidence d'été, que ce soit l'atmosphère sociale, l'environnement naturel ou même les débats politiques. Si l'on doit reconnaître qu'elle a permis la démocratisation de l'usage de passer l'été au chalet, il faut aussi rendre l'automobile responsable du développement de certains aspects moins plaisants de la vie au chalet aujourd'hui.
-
50544.Plus d’information
Dans son roman, Corinne, ou l'Italie, Germaine de Staël donne à son héroïne le rôle d'une interprète de l'antiquité gréco-romaine et de l'art italien, ce qui semble suggérer que les femmes puissent obtenir un certain accès au champ de l'histoire de l'art. C'est du moins l'affirmation, que nous explorons ici, d'Ellen Moers dans son ouvrage, Literary Women (1976). Plus qu'aucun autre roman rédigé par une femme, Corinne a joui d'une large diffusion au moment de sa parution en 1807. Telle une sibylle, l'héroïne « ressuscite » les monuments de la Rome ancienne d'une manière très persuasive. Son approche de la peinture de la Renaissance au dix-huitième siècle est marquée par une analyse de son contenu narratif. Cette fiction vivante sous-entendrait que, même sans aucun statut professionnel ou sans appui institutionnel reconnu, une femme pouvait s'adresser à un large public en matière d'art.Avec l'annulation de toute identité civile pour les femmes sous le Code Napoléon (1804), Germaine de Staël est devenue ce que l'historienne Geneviève Fraisse identifie comme « une figure de référence pour la femme nouvelle », ajoutant que « référence ne signifie pas modèle ». Dans ce sens nous pourrions la trouver pertinente pour Félicie d'Ayzac (1801–1881), institutrice à la Maison impériale de la Légion d'honneur de Saint-Denis, où elle poursuivit pendant plus de trois décennies l'étude minutieuse de l'iconographie de l'art gothique français. Elle apportait une connaissance approfondie de la littérature patristique et des commentaires médiévaux à ses travaux, comme sa mémoire sur la sculpture des tourelles de Saint-Denis (1847) en fait foi, et dans laquelle elle justifiait la « monstruosité » des formes hybrides comme une partie nécessaire d'un programme cohérent, ou encore son étude sur les statues du porche septentrional de Chartres (1849), dans laquelle elle critique A.-N. Didron pour des identifications sans fondements historiques de figures de vertus publiques et privées.En Angleterre, dans le même esprit que l'héroïne du roman, Anna Jameson (1794–1860) contestait la présomption d'une connaissance de l'art strictement technique ou confinée aux artistes. En écrivaine sans aucune appartenance institutionnelle, elle a utilisé, pendant plus de trente-cinq ans, divers genres d'écriture pour établir le sens de l'art du Moyen Age et de la Renaissance, comme le journal de voyage (1826); la critique interculturelle (1834), similaire à la méthode de Germaine de Staël dans De l'Allemagne; le catalogue de collections publiques et privées (1836–44), et, enfin, l'introduction à l'iconographie chrétienne destinée à un large public et qui lui servait en même temps de compendium (1848–64). Les travaux de Jameson soulèvent divers problèmes : celui de la pertinence du concept de sympathie, lequel dérive de la philosophie des Lumières et surtout de la pensée de madame de Staël, et celui des rapports entre les textes d'amateurs et la littérature érudite. De manière générale, la distinction entre les deux catégories était beaucoup plus souple au dix-neuvième siècle et moins marquée qu'elle ne l'est devenue depuis l'institutionnalisation de la discipline.Dès le début, les disciplines universitaires ont cherché à définir les paramètres de leur champ d'étude et à établir des « habitus » disciplinaires, un concept de Panofsky que Bourdieu a emprunté et qu'il a modifié par la suite. La définition d'un corpus de l'histoire de l'art impliquait des négociations complexes autour des normes des Beaux-Arts et la possibilité d'une étude systématique des fondements historiques des productions artistiques hors du canon esthétique. Félicie d'Ayzac et Anna Jameson ont toutes deux contribué de façon remarquable à définir le corpus et à développer les méthodes pour le traiter. Pour Félicie d'Ayzac et en général pour les archéologues français de la période, l'interprétation des monuments gothiques devait se faire à partir des textes médiévaux. Quant à elle, Jameson donnait l'exemple en utilisant des sources historiques pertinentes et, en particulier, en puisant dans les légendes populaires des saints. Nous examinons ici avec prudence de quelle manière leur travail a été ignoré ou même rejeté, puisque nous pensons que le coeur du problème résidait aussi dans les stratégies institutionnelles mises de l'avant par une succession de « grands » hommes.
-
50545.Plus d’information
La crise écologique a suscité plusieurs théories et concepts qui se disputent sa résolution. Alors que certains concepts ont émergé avec cette crise, d'autres se sont inspirés de concepts juridiques préexistants, tout en les remodelant. C'est le cas notamment, dans cet aspect, des concepts de patrimoine commun de l'humanité, de patrimoine mondial de l'Unesco, de patrimoine commun de la Nation, et de droits de la Nature. Ces concepts apparaissent à l'analyse comme un remodelage des concepts juridiques de personnalité juridique et de patrimoine eu égard aux impératifs de la crise écologique. Cependant, il y a lieu de se demander si ces réformes des concepts juridiques de personnalité juridique et de patrimoine en droit international et dans des cadres juridiques nationaux, aux fins de la protection environnementale, sont efficaces pour préserver et conserver des éléments de l'environnement et en assurer une protection optimale. Autrement dit, les concepts de patrimoine commun de l'humanité, de patrimoine mondial de l'Unesco, de patrimoine de la Nation et de droits de la Nature permettent-ils de résoudre la crise écologique? Si non, quelles sont les perspectives à cet égard? Le présent article s'inscrit dans le sillage de la reconnaissance des droits environnementaux et du droit à un environnement sain et a pour objet de démontrer l'inadéquation de ces concepts internationaux et nationaux lorsqu'il est question de résoudre la crise écologique, et ce, en raison de leur fondement sur une conception erronée du rapport de l'humain à la nature et sur un ordre politico-social insuffisamment écologiste; finalement, quelques perspectives seront suggérées.
-
50546.Plus d’information
Dans le marché du travail, nombreux sont les emplois bien rémunérés auxquels les femmes ne peuvent accéder. Elles font face à plusieurs obstacles dans la reconnaissance de leur capacité à occuper ces emplois ou à exécuter ces tâches, traditionnellement dévolus à des hommes. L'un des plus significatifs provient des tests de sélection qui favorisent le maintien du statu quo en fait de main-d'œuvre, ils reproduisent généralement les caractéristiques des personnes qui occupent le poste, le plus souvent des hommes, la fonction telle qu'elle est exécutée par celles-ci et requièrent des normes de performance fixées par l'employeur. Les auteures ont étudié ce phénomène à travers les décisions des tribunaux des droits de la personne et des arbitres de grief portant sur la contestation des résultats aux tests. En ce qui concerne les droits de la personne, la situation a passablement évolué. Les employeurs sont forcés d'expliquer tant les modalités d'exécution de la tâche que la nécessité des tests requis ou des performances recherchées. En matière d'arbitrage de grief, les mêmes règles s'appliquent. Toutefois, rares sont les contestations qui portent sur les tests eux-mêmes. Les féministes devraient mettre en question non seulement les applications des tests mais aussi la nature, la pertinence et l'importance des capacités évaluées.
-
50548.Plus d’information
Cet article se penche sur la narration et sur les stratégies théâtrales qu'utilise Thomas Heywood afin de sanctifier Elisabeth Ière en tant que vierge martyre et sainte, dans sa pièce If You Know Not Me, You Know Nobody, Part I, or the Troubles of Queen Elizabeth (c. 1605). Cette pièce porte sur l'histoire de la Réforme et, bien que peu étudiée, constitue une oeuvre remarquable. L'article examine comment Heywood va à l'encontre de Foxe, même lorsqu'il emprunte à l'histoire de la Réforme anglaise prise du Book of Martyrs afin de produire le récit du martyre d'une vierge. On y discute de quelle façon la théâtralité miraculeuse de la pièce dramatise des connaissances d'histoire religieuse passée, et on montre que la pièce regénère une hagiographie pour le protestantisme anglais. On propose en conclusion que le théâtre hagiographique stuartien est une invention de Heywood.
-
50549.Plus d’information
Le Code civil de Sainte-Lucie est une copie presque mot à mot du Code civil du Québec, malgré quelques influences mineures du Code civil de la Louisiane. Il fut promulgué dans l'île en 1879.Source constante d'émerveillement aussi bien pour les citoyens des Antilles que pour les visiteurs a été le fait que, de tous les anciens territoires britanniques des Caraïbes soumis aux vicissitudes des luttes armées des pouvoirs métropolitains dans la région, luttes qui aboutirent à de fréquents changements de souveraineté, seulement Sainte-Lucie, après soixante-seize ans de gouvernement britannique ininterrompu, depuis la dernière cession de l'île par la France, a réussi à introduire un Code civil. Ce Code était, en effet, en conflit direct dans la plupart des cas, avec le droit reçu de la mère patrie.Ce texte tâche d'examiner les forces mises en oeuvre pour atteindre ce but et la détermination de leurs efforts.
-
50550.Plus d’information
Le but de cette étude est de vérifier la question empirique de savoir si la fourniture d'avantages liés au travail et à la vie personnelle est associée de manière négative ou positive aux salaires, aux promotions et à la satisfaction au travail. Il s'agit d'une question importante pour les spécialistes des relations industrielles mais qui, pour l'instant, n'a pas reçu de réponse définitive.Afin de tenter d'y voir plus clair, nous utilisons tant les théories économiques que les méthodes empiriques. Plus précisément, les théories économiques testées sont la théorie des écarts salariaux compensateurs (compensating wage differentials theory en anglais) et la théorie des salaires d'efficacité (efficiency wage theory). Pour tester la validité de chaque théorie, nous avons recours à une économétrie avancée fondée sur des données longitudinales tirées de la plus récente Enquête sur les lieux de travail et les employés du Canada. Nous estimons une série de régressions visant à décrire les effets des avantages liés au travail et à la vie personnelle sur divers résultats en matière d'emploi et nous utilisons des variables instrumentales afin d'atténuer les effets de la causalité inverse.Nous avons trouvé un large soutien pour la théorie du salaire d'efficacité. Autrement dit, nous avons constaté que les augmentations d'avantages ne sont pas associées à des baisses de salaire et à d'autres résultats en matière d'emploi. S'ils sont correctement groupés, les avantages liés au travail et à la vie personnelle sont associés positivement à une augmentation des salaires, à un plus grand nombre de promotions, à l'amélioration du moral des employés sous forme de satisfaction au travail et à une meilleure rétention des employés.Ces résultats suggèrent que l'octroi d'avantages travail-vie personnelle n'est pas un jeu à somme nulle pour les employeurs et les employés. Au contraire, il semble que les deux parties à la relation de travail puissent bénéficier des avantages de la conciliation travail-famille.
Mots-clés : job satisfaction, promotion, wages, work-life benefits, satisfaction au travail, promotion, salaire, conciliation travail-famille, Canada, satisfacción laboral, promoción, salarios, conciliación trabajo-familia