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11.Plus d’information
Entre la plaine canadienne («Le Manitoba»), où une eau sage nourrit à la fois d'abondantes récoltes et d'adorables mirages, et les finistères salins de Bretagne («Sainte-Anne-la-Palud») et de Camargue («La Camargue»), plaines gorgées d'une «eau malsaine», Fragiles lumières de la terre évoque non seulement la distance physique entre deux continents mais celle aussi entre le paradis enfantin revisité, niché au «milieu du monde», et deux espaces saumâtres, excentrés, à la fois marqués par la guerre et voués à la pire modernité. Notre étude des modes d'organisation interne du descriptif dans ces trois reportages va privilégier trois opérations recensées par les théoriciens: l'ancrage, la reformulation et l'assimilation. L'examen de l'ancrage, celui surtout du mot-légende qui accompagne le thème-titre, permet ici d'assigner au descriptif une fonction positionnelle qui l'indexe à un genre spécifique: l'idylle pour «Le Manitoba», l'élégie pour «Sainte-Anne-la-Palud» et «La Camargue». Mais le marquage générique initial des trois textes est remis en question à travers l'opération de reformulation. La description idyllique du Manitoba débouche sur une conclusion saumâtre, rejoignant ainsi l'esprit des deux autres, qui, à leur tour, vont glisser de l'élégie à la polémique. Or, ce dernier mot va retrouver son sens originel lors de l'étude des opérations d'assimilation: comparaisons et métaphores s'organisent ici en allégories de la guerre et de la paix. La gestion de ces trois opérations descriptives dans les textes à l'étude appelle la métaphore camusienne de l'exil et du royaume. À première vue, la plaine manitobaine figure le royaume; celles du Finistère breton et de la Camargue représentent l'exil. Mais ce royaume qu'est le Manitoba n'est pas à l'abri de l'amertume. Une prise de conscience s'impose: nul royaume, fût-il paradis d'enfance, n'est désormais dissociable de l'exil.
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13.Plus d’information
L'article se propose de retracer les origines du long débat parlementaire en matière de politique linguistique en France qui a finalement débouché sur une reconnaissance officielle du patrimoine linguistique français et ce, surtout selon les aspects qui touchent à l'engagement des communistes français concernant le dossier parlementaire des langues régionales et leur introduction dans les différents degrés de l'Éducation nationale. Parmi les motifs à être éclairés sont les motifs politiques, les traits les plus marquants de cet engagement et le rôle joué par les communistes au sein de l'Assemblée nationale pendant la période qui précède la Seconde Guerre mondiale et à la période de l'immédiat après-guerre. L'auteur conclut que les communistes français étaient confrontés à la difficulté d'harmoniser trois positions différentes : le patriotisme pour une République unie avec le français comme langue nationale, la conception marxiste-stalinienne et l'attachement aux langues régionales. Pour atteindre ce triple objectif, les députés communistes se présentèrent comme une force patriotique marquée par la résistance au nazisme et au franquisme.
Mots-clés : langues régionales, France, breton, occitan, catalan, Parti communiste français
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14.Plus d’information
En France, l'augmentation de l'effectif des goélands argentés et leucophées au XXe siècle sur le littoral atlantique et le littoral méditerranéen (Larus argentatus ; Larus michahellis) s'accompagne de leur expansion hors de leur site d'origine et d'une nidification dans les milieux urbains. Elle entraîne des conflits entre l'être humain et l'oiseau, d'abord avec les gestionnaires des espaces naturels et les conchyliculteurs puis avec les citadins qui se plaignent des nids sur leurs toits. Dans les années 1990, les municipalités mettent en place des dispositifs de gestion afin de contrôler le nombre de goélands en ville. L'article s'intéresse à la manière dont s'est construit ce « problème goéland » en France. Il étudie comment le goéland protégé par la loi et apprécié des habitants est devenu un oiseau contrôlé et régulé, considéré gênant et envahissant par les scientifiques et les citadins. Il s'agit de comprendre l'évolution des représentations du goéland et d'analyser comment les scientifiques, les gestionnaires et les municipalités se sont saisis de cette dynamique de populations de l'oiseau et de ces conflits entre humains et animaux. L'article permet de souligner l'importance de développer des recherches sur les communautés hybrides, constituées d'humains et de non-humains, afin que puissent coexister durablement sur un même territoire les Hommes et les goélands (Gramaglia, 2010).
Mots-clés : goéland, gestion, conflits, représentation, France, seagulls, management, conflicts, representation, city dwellers, France
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15.Plus d’information
RÉSUMÉLa présence de blocs erratiques a fréquemment été observée sur les fonds de la Manche et sur les côtes du massif Armoricain. Leur répartition et leur nature pétrographique permet de leur attribuer une origine glacielle, avec des déplacements locaux, régionaux ou lointains (basaltes) par des glaces de rivière, des glaces marines ou encore des icebergs. Les dérives sont commandées par les vents dominants assistés par les courants de marées. Un épisode littoral glaciel a pu être reconnu dans les formations littorales contemporaines d'une brève transgression lors de la fin du dernier interglaciaire; il est associé à un faciès sédimentaire d'estran comparable à ce qui peut être observé actuellement en milieux à couverture glacielle saisonnière. Cette dynamique littorale a pu exister à maintes reprises au cours du Quaternaire sur les côtes de la Manche. Elle pourrait peut-être expliquer une part du façonnement des plates-formes littorales qui bordent cette région.
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