Documents repérés
-
481.Plus d’information
Les livres de la série espagnole Manolito Gafotas ont été traduits en plus de vingt langues. Une des traductions les plus récentes en anglais (2008) est éditée quatorze ans après la publication du premier livre de la série espagnole. Dans cet article, la traductrice du deuxième et du troisième livre de la série (2009 et 2010, respectivement) analysera comment cette oeuvre a été traduite de manière « acceptable » selon les normes de la culture cible conservatrice. Sous la pression de la rédactrice en chef, plusieurs références dans les livres originaux considérées inappropriées ou potentiellement négatives pour les jeunes lecteurs ont été nuancées ou éliminées. À cet égard, des références au tabac, à l'alcool, aux fonctions physiologiques, aux comportements irrespectueux, ainsi que des mentions de certains groupes ethniques et des allusions qui auraient pu être interprétées d'une manière sexuelle ont été minimisées. En outre, le but pédagogique des livres a été exacerbé ; il en est résulté des changements comme la standardisation de la langue familière, une des caractéristiques les plus proéminentes des livres originaux. L'autrice examinera comment les changements utilisés s'alignent sur les tendances de la traduction de la littérature jeunesse en général et spécifiquement comment elles reflètent les valeurs conservatrices associées à la littérature jeunesse aux États-Unis. La conséquence la plus importante de ces changements est la création d'un nouveau Manolito modèle.
Mots-clés : traducción de literatura infantil, Manolito Gafotas, censura, corrección política, EE.UU. como cultura meta, traduction de la littérature jeunesse, Manolito, censure, le politiquement correct, États-Unis comme culture cible, translation of children's literature, Manolito Four-Eyes, censorship, political correctness, USA as target culture
-
482.Plus d’information
Cet article pose un défi à la conception dominante de la liberté académique en contestant la philosophie liberale qui le soutient. L'article se base sur les polémiques récentes autour des droits des personnes transgenres dans les bibliothèques publiques et académiques également, pour démontrer comment la conception dominante de la liberté académique soutient la transphobie. En plus, il utilise la théorie de la pouvoir constituente d'Antonio Negri pour offrir une perspective alternative sur la liberté académique et comment cette perspective peut mieux soutenir les droits des personnes transgenres dans les universités et les bibliothèques.
Mots-clés : Academic Freedom, freedom, liberalism, Marxism, politics, power, trans rights, droits des transgenres, liberté académique, liberté, libéralisme, marxisme, politique, pouvoir
-
483.Plus d’information
Le tourisme lié aux contenus de pop culture (bandes dessinées, manga, séries télévisées, films, animations, musique, jeux vidéo, etc.) concerne un nombre croissant de destinations et des campagnes de promotion (branding) se mettent en place pour valoriser la connexion entre sites et contenus, tandis que des aménagements sont entrepris sur le plan local afin de conformer les lieux à cette image issue des médias. Le Japon est un cas représentatif de ce phénomène, avec notamment le quartier d'Akihabara (Tokyo), lieu connu pour sa concentration de commerces en lien avec la pop culture japonaise, progressivement devenu un territoire dédié au tourisme de pop culture depuis le milieu des années 2000. Le succès global des contenus médiatiques japonais et la campagne de marketing qui a suivi (sous le slogan « Cool Japan ») ont ainsi justifié et influencé la rénovation du quartier. L'espace d'Akihabara, auparavant clos sur l'entre-soi des fans locaux stigmatisés (les otaku ), a été transformé en vitrine du Cool Japan, attirant ainsi un grand nombre de visiteurs, un processus paradoxal puisqu'il met en avant une identité acquise avec un groupe d'acteurs sociaux dévalorisés. Cet article propose de questionner la construction de l'identité touristique d'un site à travers le processus de valorisation urbaine conséquent au marketing territorial et au branding. Les aménagements et les représentations qui tirent parti de l'identité du site (ici la pop culture japonaise) forcent les différents groupes d'acteurs sociaux en présence à redéfinir leurs représentations et leurs pratiques, ce qui, comme on le verra ici, peut mener à un conflit d'appropriation déclenché par la mise en tourisme.
Mots-clés : tourisme, branding, valorisation, appropriation, culture populaire
-
484.Plus d’information
Supervisée conjointement par Richard King et Hans Zimmer, la partition sonore et musicale de Dunkerque sous-tend l'élaboration d'un récit complexe, articulé autour de trois unités spatiotemporelles distinctes : une semaine sur la jetée, une journée en mer, une heure dans les airs. Les événements qui se déroulent au sein de chaque espace narratif obéissent à leur propre chronologie ; cependant, au fil de la narration, des croisements s'opèrent entre les personnages et des correspondances de situations s'établissent. L'action se décline au présent – un présent ubiquitaire, sans cesse renouvelé –, dans une temporalité dilatée par la charge émotionnelle et sensorielle véhiculée par la bande-son.Nous montrerons que la conception sonore et musicale de Dunkerque répond à une volonté manifeste de conjuguer réalisme historique et spectacle immersif, dans une approche résolument novatrice et expérimentale. Outre le fait que la puissance sonore semble croître indéfiniment au gré des péripéties rencontrées par le jeune soldat anglais, la force et l'originalité de cette composition hybride résident dans la complémentarité et l'imbrication d'éléments constitutifs a priori disparates, tels que le chromatisme, la pulsation donnée par le tic-tac d'une montre, le sinistre gémissement des bateaux engloutis par la mer, ou encore les premières mesures de la variation « Nimrod » d'Edward Elgar.
Mots-clés : Dunkerque, Hans Zimmer, Richard King, bande-son, partition musicale, traitement sonore, Dunkirk, Hans Zimmer, Richard King, soundtrack, musical score, sound treatment
-
485.Plus d’information
Situant les dessins de Constable dans un contexte épistémologique post-Berkleyien, cet article suggère que le basculement vers une structure représentationnelle, qui met l'accent sur l'écart entre les fonctions figuratives et picturales, avait été nécessaire pour assurer la prétention à la vérité du naturalisme de l'artiste. Nous soutenons que les modulations réalistes dans la conceptualisation sémiotique de Berkeley de la perception visuelle furent instrumentales à une esthétique qui s'efforçait d'enligner le langage de la nature avec le sentiment, réconciliant ainsi l'expression subjective et les demandes de l'objectivité. Pourtant, ainsi que nous le démontrons, la rupture d'un ordre de représentation « transparent » qu'opéra Constable eut des implications non seulement scientifiques, mais également idéologiques.
-
488.