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  1. 6251.

    Article publié dans TTR (savante, fonds Érudit)

    Volume 34, Numéro 1, 2021

    Année de diffusion : 2021

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    Benjamin Constant est l'un des premiers grands penseurs de la démocratie libérale. Il joua un rôle de premier plan dans la vie politique et intellectuelle de son époque, à une période charnière pour l'avenir de l'Europe. Son héritage politique est d'une rare envergure et il est aussi l'auteur d'un chef-d'oeuvre d'analyse psychologique, le roman Adolphe (1816). Loin d'être seulement une doctrine politique et économique, le libéralisme apparaît désormais comme l'un des courants originels de la politique moderne, consubstantiel à la démocratie. En Europe, les origines du libéralisme politique, représentées par Benjamin Constant, Mme de Staël et leurs amis, le « Groupe de Coppet », sont étroitement liées à la circulation des idées et au cosmopolitisme, aux échanges culturels et à la pratique du traduire. La traduction à Coppet peut ainsi se comprendre au sens strict de transfert linguistique d'une langue à l'autre, comme au sens plus large d'interprétation ou d'herméneutique selon Paul Ricoeur, qui invoque le paradigme de l'hospitalitélangagière. C'est autour du cercle de Coppet, au sein duquel se déploie une intense activité de traduction et d'interprétation, que s'élaborent les catégories politiques, littéraires et esthétiques à l'entrée dans l'âge démocratique. Dans la distinction restée célèbre qu'il développera entre la liberté des Anciens et celle des Modernes, Constant s'attachera à traduire, en politique et dans les institutions, l'irréductible différence de la modernité, à savoir le principe individuel né de la Révolution. En favorisant le libre commerce des idées et les échanges avec l'étranger, la traduction, tant au sens large qu'au sens restreint, permet non seulement la diffusion des idées politiques du libéralisme, mais illustre également la nécessité de la différence et de l'altérité comme composantes essentielles de la démocratie libérale.

    Mots-clés : Benjamin Constant, libéralisme politique, traduction, herméneutique, cosmopolitisme, Benjamin Constant, political liberalism, translation, hermeneutics, cosmopolitanism

  2. 6252.

    Article publié dans Revue d'histoire de l'Amérique française (savante, fonds Érudit)

    Volume 29, Numéro 1, 1975

    Année de diffusion : 2008

  3. 6253.

    Article publié dans Meta (savante, fonds Érudit)

    Volume 56, Numéro 4, 2011

    Année de diffusion : 2012

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    Le présent article propose une analyse approfondie du rôle central joué par la traduction dans The Arte of English Poesie (1589), de George Puttenham. Un certain nombre de traductions et de pensées sur la traduction se trouvant dans cet ouvrage ont été analysées et contextualisées. Une attention particulière est portée à la traduction en anglais des nombreux vers latins inclus dans le volume, ainsi qu'aux noms de plus d'une centaine de figures rhétoriques qui y sont expliquées. Il sera ainsi possible de montrer que la traduction remplit une fonction essentielle dans le processus d'adaptation du contenu rhétorique de The Arte of English Poesie au profil des lecteurs cibles, c'est-à-dire des courtisans oisifs qui ne connaissaient pas les langues classiques mais qui étaient épris de lecture ou d'écriture de poésie.

    Mots-clés : Renaissance anglaise, figures rhétoriques, langues vernaculaires, poésie, English Renaissance, rhetorical figures, vernacular languages, poetry

  4. 6254.

    Article publié dans RACAR : Revue d'art canadienne (savante, fonds Érudit)

    Volume 29, Numéro 1-2, 2004

    Année de diffusion : 2020

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    L'historiographie classique de l'architecture canadienne – formulée en termes patriotiques comme dans bien des pays – a pris le parti de traiter les styles néo-médiévaux, y compris le gothique victorien et le « style château », comme particulièrement canadiens. Comme cette approche, que l'on retrouve dans les textes de R.H. Hubbard et de Alan Gowans, devint partie intégrante du nationalisme canadien d'après-guerre et coïncida plus ou moins avec la célébration du centenaire de la Confédération en 1967, elle s'inscrivit dans le processus identifié par le critique littéraire Northrop Frye comme un essai de définition du « génie canadien ». Cet article trace l'histoire de ce trope, de cette convention de l'histoire de l'architecture en s'appuyant sur l'exemple des comptes-rendus (y compris le mien) de la construction du Parlement à Ottawa (1859–76). Ainsi encapsulée, l'histoire du projet peut être confrontée à l'historiographie classique en soulevant des questions au sujet de sa genèse et de son style mises en évidence par une réexamination des faits historiques. On mettra l'accent sur la prise de conscience de la Province du Canada dans les années 1850, soulignée par le nom de Nova Britannia proposé par Alexander Morris. On explorera la signification de l'emploi du style néo-gothique « High Victorian » du Parlement par l'architecte Thomas Fuller (1823–98), en tenant compte du fait qu'il connaissait le projet contemporain de constuction des « Public Offices » à Londres; et le Parlement d'Ottawa est comparé au nouveau palais de Westminster et au capitole des Étas-Unis à Washington (considérablement agrandi à cette époque). Après cette étude détaillée, on est amené à se demander si le style du Parlement doit être – ainsi que le suggère le titre de cet article – qualifié de « canadien, canadien-britanique ou anglo-américain » et, implicitement, quel regard poser sur la Province du Canada durant cette période.

  5. 6255.

    Article publié dans Relations industrielles (savante, fonds Érudit)

    Volume 41, Numéro 4, 1986

    Année de diffusion : 2005

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    Les agissements des employeurs et des gouvernements contre les syndicats depuis le début de la décennie 1980 aux États-Unis (mais aussi au Canada et en Grande-Bretagne) ont mis en doute la valeur de la théorie des systèmes. Son apparence de stabilité semble être la preuve de son incapacité à expliquer ces événements. Les velléités d'incorporer le concept de choix stratégique dans la théorie des systèmes comme façon de les interpréter exige de sérieuses considérations. Une bonne part des études théoriques, principalement en Amérique du Nord, se fonde sur la théorie des systèmes de John Dunlop. Cependant, tandis qu'on y ait allé de nombreux raffinements et de nombreuses adaptations touchant plusieurs aspects de son œuvre, on a accordé assez peu d'attention à la façon dont était traite l'« idéologie » et le « pouvoir » dans la théorie des systèmes.Le fondement structurel fonctionnaliste de la théorie des systèmes a pressente une perception de l'idéologie et du pouvoir différent de celle des premiers auteurs à traiter des relations professionnelles. En conséquence, sa façon d'envisager le sujet peut s'analyser et se comparer à ces explications différentes. On a soutenu par comparaison que la théorie des systèmes conçoit mal l'idéologie et le pouvoir, ce qui restreint fondamentalement sa capacité d'expliquer les développements récents qui se sont produits dans le domaine des relations de travail. La définition de Dunlop de l'idéologie, soit « un ensemble d'idées et de croyances communément admises » qui font un tout du système, reflétait le point de vue de Talcott Parson selon lequel la compatibilité entre « système » et « acteur » peut être tenue pour acquise. Cette théorie, fondée sur Dunlop, a accepté en grande partie sa présupposition d'une harmonie idéologique entre les principaux acteurs. En conséquence, les comportements des employeurs et des gouvernements des deux cotes de l'Atlantique visant à circonscrire et à réduire le rôle des syndicats ne peut s'expliquer facilement. Puisque beaucoup d'entre eux sont notoirement de caractère antisyndical, on peut dire qu'ils représentent la croissance d'une discordance idéologique fondamentale.Les principes fondamentaux du fonctionnalisme structural à l'intérieur de la théorie des systèmes excluent la possibilité de cette forme de comportement. La conception du pouvoir dans la théorie des systèmes est le deuxième point faible de sa capacité d'expliquer les comportements récents des employeurs et des gouvernements. Sa confiance au fonctionnalisme structural a incité Dunlop à concevoir le pouvoir comme inhérent au système ou à une de ses parties constitutives. Certains raffinements de la théorie des systèmes ont reconnu que le pouvoir est en réalité un élément entrelace dans les rapports entre les acteurs. Cependant, alors que le pouvoir est détenu, à des degrés divers, par tous les acteurs, on assumait que son utilisation faisait partie d'une harmonie idéologique foncière.Le recours au pouvoir sous ses formes extrêmes, comme les grèves et les lockouts, est décrit par la théorie des systèmes comme une suspension temporaire des relations à l'intérieur d'un ensemble de rapports stables de longue durée. Les nouvelles stratégies des employeurs — la relocalisation des entreprises dans des régions où le syndicalisme est peu développe, l'attrition et la fermeture des établissements syndiques — ne peuvent facilement être classées, car leur objectif est de restreindre ou d'éliminer la nécessité de continuer à maintenir leurs relations avec les syndicats. En effet, ces stratégies sont des sanctions visant à s'opposer au maintien du régime même des relations de travail : un modèle de comportement qui est inexplicable selon la théorie même des systèmes. En comparaison, les auteurs anciens, tels que les Webb, Commons, Hoxie, Marx et Lenine ont exprime une opinion différente sur le rôle du pouvoir et de l'idéologie. Leurs systèmes individuels théoriques peuvent les avoir incités à offrir des explications différentes, et en certains cas opposées, des relations professionnelles d'un point de vue sociologique. Toutefois, ils ont tenu à adopter des opinions semblables sur certains aspects de la nature et du rôle de l'idéologie et du pouvoir. Le pouvoir était nettement représente comme une propriété, détenue selon des degrés varies, appartenant à chacun des acteurs et non au système lui-même. L'idéologie était conçue comme un pouvoir en évolution : un mécanisme capital qui facilite l'explication du développement de la stabilité et de l'instabilité dans les relations de travail. La théorisation parmi les spécialistes des relations professionnelles en Grande-Bretagne s'inspire davantage des exposes conceptuels de Durkheim, de Marx et de Webb que du fonctionnalisme structurel et elle a par conséquent tendance à éviter les aspects téléologiques. Les facteurs qui ont amené Dunlop à opter pour le fonctionnalisme structurel comme fondement de la théorie des systèmes semblent reposer sur l'historiographie des relations du travail. Les auteurs d'autrefois interprétaient les événements selon leur propre perspective historique. Au milieu du XXe siècle, un consensus général fonde sur la législation avait remplacé les conflits aigus des époques passés entre employeurs et syndicats. Le capitalisme industriel occidental s'était avéré un succès et avait apporté des avantages matériels significatifs tant pour les employeurs que pour les syndiques. Les États-Unis en particulier jouissaient d'une suprématie technologique et économique. Les circonstances de cette période conditionnaient le choix du fonctionnalisme structurel. La décision de jeter par-dessus bord les conceptions traditionnelles du pouvoir et de l'idéologie voulait dire que la théorie des systèmes était devenue moins apte à prévoir et à expliquer le caractère dynamique des relations professionnelles, si ce n'est d'une façon non discriminante.Les concepts relatifs au « choix stratégique » exigent un examen minutieux pour éviter un éclectisme mal motive. Quelques-uns de leurs éléments fondamentaux, soit le développement de la stratégie par les détenteurs du pouvoir (les coalitions dominantes) à l'intérieur des organisations, le développement lui-même en tant que processus modèle sur les valeurs internes et les perceptions du pouvoir touchées par les interactions du milieu ambiant dans les deux sens, servent à réaffirmer la nature politique des prises de décision en matière de relations de travail. En conséquence, cela entraine la théorie des systèmes aux idées de partage du pouvoir et au processus de prises de décision stratégiques. En tant que tel, il met en doute la valeur permanente de la théorie des systèmes en soi et la tendance des théories populaires à percevoir les employeurs dans un rôle fort réactionnaire. Cependant, la trop grande concentration sur le rôle des employeurs ne doit pas avoir pour conséquence de négliger les choix stratégiques dont les syndicats disposent.

  6. 6257.

    Article publié dans TTR (savante, fonds Érudit)

    Volume 30, Numéro 1-2, 2017

    Année de diffusion : 2019

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    Tributaire de l'histoire et de la politique du bilinguisme, la traduction devient au Canada une discipline universitaire de plein droit dans la décennie 1970. Au départ, la formation des traducteurs occupe le devant de la scène, matérialisée dans la production de manuels. La réflexion sur l'histoire, la théorie et la critique des traductions se développe au tournant des années 1990 parallèlement à la consolidation de la discipline sur la scène internationale. La traductologie canadienne évolue avec le renforcement des composantes théoriques au niveau de la maîtrise et l'ouverture de programmes de troisième cycle. La création de l'Association canadienne de traductologie et de TTR, sa revue, signe l'autonomisation de la discipline. L'analyse des livres publiés entre 1970 et 2017 permet d'identifier les grandes orientations de la recherche et leur évolution.

    Mots-clés : traductologie canadienne, historique, livres publiés, étude bibliométrique, orientations de recherche, translation studies in Canada, history, published books, bibliometric study, research orientations

  7. 6258.

    Article publié dans Revue d'histoire de l'Amérique française (savante, fonds Érudit)

    Volume 65, Numéro 2-3, 2011

    Année de diffusion : 2013

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    La « Loi établissant le service de l'assistance publique » a suscité un vive polémique après son adoption en 1921. Cette loi prévoyait l'octroi de subventions statutaires de l'État provincial et des municipalités aux institutions privées et confessionnelles d'hébergement des indigents. La polémique, animée notamment par Henri Bourassa, a porté sur le problème de l'intervention de l'État dans un domaine traditionnellement conçu comme relevant de la responsabilité de l'Église. Prenant les thèses de Bourassa à rebours, la plupart des historiens ont analysé cette loi sous l'angle de la modernisation, soit celui de l'affirmation nécessaire des prérogatives de l'État dans le domaine de la protection sociale. Dans cet article, nous défendons plutôt la thèse que cette loi est une tentative (largement réussie) de consolidation de la gouvernementalité libérale qui s'appuyait, depuis le XIXe siècle, sur ce que Karl Polanyi a appelé le  « personnage de l'indigent ». Selon cette perspective, la loi de 1921 n'est pas une étape marquante dans la bataille séculaire entre l'État et l'Église, mais bien le moment d'une refondation de la politique libérale à l'égard du « personnage de l'indigent ». Ce dernier, défini légalement comme inapte au travail et sans soutien familial, et donc « en dehors de la société » selon une expression de l'époque, a permis de justifier le développement d'un système privé/public d'assistance charitable aux dépens de politiques sociales fondées sur une conception universelle du droit social. Cette dynamique est démontrée dans cet article par l'analyse de la question très litigieuse du droit de l'indigent à l'assistance publique.

  8. 6259.

    Article publié dans Revue d'histoire de l'Amérique française (savante, fonds Érudit)

    Volume 63, Numéro 4, 2010

    Année de diffusion : 2011

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    Cet article explore la constitution d'une communauté immigrante canadienne-française à Palm Beach en période d'après-guerre. La venue d'un contingent grandissant de touristes et d'hivernants durant les années 1960 et 1970 transforma cette communauté qui avait misé autrefois sur l'intégration aux États-Unis et visait désormais la création d'un contexte francophone pendant l'hiver, bien en lien avec la mère patrie. Si les préoccupations économiques se trouvent au centre de cette migration, la « peur » de l'hiver se hisse également au rang des constantes en Floride canadienne-française.

  9. 6260.

    Article publié dans MUSICultures (savante, fonds Érudit)

    Volume 50, 2023

    Année de diffusion : 2023

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    La « blanchité implicite » qui est au coeur de la plupart des programmes de musique dans les universités du Canada et des États-Unis constitue un exemple de politique raciste. Les actions antiracistes qui identifient, décrivent et démantèlent le racisme peuvent s’appliquer de façon productive aux cours d’histoire de la musique en adoptant les stratégies exposées dans les travaux de Kyoko Kishimoto. En analysant la production de savoir à travers l’historiographie de la musique canonique, en remettant en question l’eurocentrisme en enseignant que la musique occidentale est « ethnique », et en démantelant la division entre musiques blanches et non blanches en différentes disciplines, cet article propose une approche de l’antiracisme multiculturel.