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6271.Plus d’information
La « dénarrativisation » du récit qu'opère Céline dans la trilogie allemande lui permet d'écrire l'Histoire à hauteur de chaos, d'atteindre un infra-récit que les récits historiques recouvrent d'ordinaire, de donner voix au « pas racontable ». Cette étude se propose de montrer comment une écriture littéraire de l'histoire (et une lecture du même type) permet à la fois de raconter l'Histoire autrement, de raconter une autre histoire que celle de l'historiographie officielle et enfin de raconter autre chose qu'une histoire.
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6272.Plus d’information
Beaucoup d'attention a été donnée aux écrits antisémites des intellectuels catholiques canadiens-français. De Lionel Groulx au Devoir en passant par Jeune-Canada, les années 1930 présentent un contenu particulièrement riche pour qui s'intéresse à la question de l'antisémitisme dans le Québec catholique et les travaux sur cette période se sont multipliés. Bien que le catholicisme ait souvent été identifié comme un moteur de l'antisémitisme, on ne s'est pas encore arrêté sur le rôle de l'Église catholique comme institution. Cet article porte sur le regard de l'Église catholique sur l'antisémitisme et sur ses manifestations, plus particulièrement sur son rapport au Parti national social-chrétien d'Adrien Arcand. L'Église a-t-elle encouragé l'antisémitisme de ses fidèles, l'a-t-elle condamné ou était-elle au contraire passive sur la question ? Les évêques eux-mêmes nourrissaient-ils des préjugés, voire une certaine appréhension à l'endroit des Juifs ? Les archives récemment ouvertes des archevêchés de Québec et de Montréal permettent de démontrer qu'à défaut d'avoir tendu la main à la communauté juive et appelé ses fidèles à l'ouverture et à la compréhension, l'Église nourrissait une méfiance certaine à l'endroit du parti d'Arcand et goûtait peu son discours violent à l'endroit des Juifs. C'est ce qui sera démontré par un retour sur le débat sur les écoles juives de 1930, la relation entre l'Église québécoise et le Parti national social-chrétien et le discours antisémite de quelques prêtres du diocèse de Québec.
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6273.Plus d’information
Dans le contexte de travaux plus larges portant sur l'histoire de la chanson à succès par l'analyse des préférences musicales des lectrices du Bulletin des agriculteurs dans les années 1940, nous nous intéressons ici aux éléments qui permettent de comprendre les modalités par lesquelles les goûts musicaux témoignent de l'émergence d'une modernité culturelle au Québec dans les années 1940. Deux postulats orientent notre perspective. Le premier consiste à supposer l'existence d'une modernité culturelle « populaire » qui transite par la forme, les supports et la technologie. Le second sonde la façon dont les thèmes intimes et la focalisation sur l'expression du sentiment amoureux marquent une transformation des valeurs et, surtout, explore les marques formelles et discursives qui portent ces valeurs dans la chanson à succès.
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6274.Plus d’information
La politique migratoire canadienne des années 1930 et 1940 est la plus restrictive et sélective de l'histoire du pays, notamment en raison de son hostilité envers les populations migrantes juives. La question de l'antisémitisme au Canada et au Québec ne peut donc se poser sans revenir sur la position d'Ottawa en matière migratoire. Dans cet article, nous souhaitons examiner non pas les manifestations de cette hostilité, mais la manière dont celle-ci fut perçue et combattue par le Congrès juif canadien (CJC), alors principale organisation de la communauté, entre 1945 et 1948. En effet, quelle image le CJC a-t-il vraiment de l'hostilité de l'opinion publique et des mécanismes discriminatoires de la politique migratoire canadienne ? Et comment cette perception façonne-t-elle durablement sa stratégie de lutte contre l'antisémitisme et l'hostilité à l'immigration juive ainsi que ses rapports avec le gouvernement King ? L'analyse fine du travail des principaux cadres du CJC sur cette question permet de jeter un éclairage nouveau sur la place de l'organisation au sein du judaïsme canadien, de mieux cerner ses relations avec la presse et, surtout, ses rapports avec un gouvernement et une administration pour le moins hostiles à l'entrée de migrants juifs au Canada.
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6275.Plus d’information
RésuméLes cartes historiques ne sont pas de simples reflets scientifiques de la géographie. Il vaudrait mieux les comprendre comme des « constructions » qui nous révèlent comment les sociétés passées comprenaient leur monde. Elles jouèrent ainsi un rôle important dans la construction d'un « Nouveau Monde de l'esprit » par les ministres français, Louis et Jérôme de Pontchartrain, qui gérèrent le destin du Canada entre 1690 et 1715. Si les cartes de J.-B.-L. Franquelin exposent à la fois le danger et les possibilités d'une politique impérialiste et continentale en Amérique du Nord, les cartes de J.-B. de Couagne nous montrent le choix moins grandiose de Jérôme de Pontchartrain. Ainsi, il nous faut rejeter la thèse d'un impérialisme français de grande envergure dans les dernières années du règne de Louis XIV.
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6278.Plus d’information
Organe de presse de la Ligue d'action nationale et carrefour intellectuel du mouvement nationaliste depuis sa fondation par Esdras Minville en 1933, L'Action nationale s'est positionnée de manière à établir un dialogue idéologique faisant le pont entre l'indépendantisme « pur et dur » et le fédéralisme renouvelé durant la décennie 1970. La revue fut d'ailleurs l'un des rares périodiques québécois à suivre de près les activités de la commission Pepin- Robarts, démontrant un réel intérêt par rapport à l'évolution des travaux des commissaires. Cet article propose donc de revenir sur les positions de L'Action nationale vis-à-vis les travaux et les recommandations finales de la commission Pepin-Robarts et de déterminer quelles furent les retombées de cet épisode dans l'orientation de la ligne éditoriale de la revue à l'heure de la marche vers la souveraineté-association.
Mots-clés : Nationalisme, fédéralisme, indépendance, revues, constitution, intellectuels, commission Pepin-Robarts
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6280.Plus d’information
Le conte populaire (ou conte de tradition orale) est un des premiers objets d'étude en ethnologie-folklore. Il appartient au domaine de l'oralité souvent désigné par l'expression « littérature orale » ou « orature ». Cet article présente dans un premier temps l'historiographie des études sur le conte en ethnologie en montrant comment le regard des chercheurs s'est déplacé du « texte » vers le « contexte », c'est-à-dire de l'objet vers son contexte d'énonciation et vers celui qui raconte. Afin d'exemplifier ce qui caractérise le conte oral et les conteurs d'autrefois, l'examen de la démarche de deux conteurs contemporains, Michel Faubert et Fred Pellerin, tous deux associés à la transmission patrimoniale du conte oral, permet dans un deuxième temps d'illustrer leur conception du conte, leurs influences et leur art de raconter tout en cherchant à savoir s'ils se rattachent à la tradition. Pour ces conteurs, l'art du conte consiste à « faire surgir des images » car c'est dans la performance de l'acte de conter que l'imaginaire se nourrit et c'est dans la relation avec l'auditoire que la forme orale du conte se maintient, que le conte prend vie. Les recherches ethnologiques sur le conte s'intéressent désormais à ses formes modernes, multiples et innovantes, issues d'un processus dynamique de communication et de transmission où la performativité du conteur est centrale. En somme, l'art du conte pour l'ethnologue est une tradition bien vivante qui ne se réduit pas à un folklore muséifié.