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6411.Plus d’information
Cet article analyse trois manières d'être sur le terrain adoptées par les anthropologues selon leur compréhension de leur champ disciplinaire. Cette analyse présente ainsi une brève histoire des conceptions de l'intersubjectivité inscrite dans l'évolution des pratiques sur le terrain depuis soixante ans. Dans la tradition structuraliste, le chercheur se constitue un soi scientifique afin d'appréhender ce qu'il observe d'une manière qui échappe aux personnes rencontrées sur le terrain. Dans la tradition interprétative, le chercheur prend de la distance par rapport à ses propres « fictions » afin de saisir celles dans lesquelles l'autre vit. Enfin, dans la tradition expérientielle, le chercheur fait une expérience interculturelle plus radicale sur laquelle il fonde sa connaissance d'autrui. D'une période historique à l'autre des degrés croissants de participation dans le monde de la vie d'autrui conduisent à différents genres d'ethnographie.
Mots-clés : Goulet, épistémologie, intersubjectivité, travail de terrain, monde de la vie, Goulet, Epistemology, Intersubjectivity, Fieldwork, Lifeworld, Goulet, epistemología, intersubjetividades, trabajo de campo, mundo de la vida
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6412.Plus d’information
RésuméRÉSUMÉLes racines du vaudou. Religion africaine et société hai'tienne dans la Saint-Domingue prérévolutionnaireOn conçoit souvent le vaudou comme une religion africaine plus ou moins intacte ayant cours en Haïti, et dont les composantes chrétiennes font partie de l'héritage colonial. La population d'Haïti, et en conséquence sa religion, provient dans une large mesure de deux bassins de populations africaines : la région entourant le Dahomey et son arrière-pays, et celle du Kongo au centre ouest de l'Afrique. Dans ces deux régions, existait un processus de changement religieux dû au fait qu'aucune de ces deux traditions n'avait un sens aigu de l'orthodoxie, de sorte que toutes deux se montraient capables de flexibilité. Ces deux régions, mais surtout celle du Kongo. avaient aussi fait l'expérience d'un long contact avec le christianisme. Dans le cas du Kongo. la population se considérait elle-même comme chrétienne : au Dahomey, elle se montrait intéressée par le christianisme et en avait une certaine connaissance. Parvenues en Haïti, ces populations régionales créèrent des communautés nationales fondées sur l'entraide et le soutien mutuel entre compatriotes, ce qui comprenait la pratique religieuse. Mais la vie dans les plantations forçait aussi les gens originaires de différentes régions à vivre ensemble. Le christianisme sous sa forme vaudouisante procura à ces différentes communautés le moyen de communiquer entre elles.Mots clés : Thornton. religion, vaudou. Haïti. Afrique
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6413.Plus d’information
RésuméOutre son fameux astrolabe ou encore son légendaire tombeau, d'autres objets et lieux ont été associés à Samuel de Champlain. C'est le cas d'un des wampums conservés au musée du quai Branly à Paris ayant fait partie de la récente exposition « Premières Nations, Collections royales de France » de passage au Musée Pointe-à-Callière de Montréal à l'été 2007. Assez bien connu du public pour avoir paru dans diverses publications et expositions depuis les cent dernières années, on a affirmé jusqu'à récemment que ce wampum avait été donné par les Hurons à Champlain lui-même en 1611 afin de forger une alliance qui allait garantir le développement de la Nouvelle-France. Bien qu'il eût été intéressant de détenir une « trace » de cette alliance fondatrice, l'apparence des perles et du wampum en général, le silence de Champlain à son égard, la constitution des collections royales et la façon dont cette interprétation erronée s'est développée nous font croire que Champlain n'a jamais vu ni touché ce wampum. Tout en appelant les chercheurs à questionner les objets avec la même rigueur appliquée aux documents écrits, la réflexion entourant un objet en particulier permettra du même coup de parler de la difficulté de documenter et d'interpréter les objets amérindiens muséifiés.
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6414.Plus d’information
Cet article porte sur une affaire judiciaire menée devant le parlement de Paris à compter de mars 1763, à la demande de deux anciens missionnaires en Acadie. Jacques Girard et Claude Manach se considèrent membres du Séminaire des Missions Étrangères de Paris (SMEP), mais à leur retour à Paris, après leur déportation de l'Acadie par les Britanniques, ils découvrent que ni eux ni leurs collègues affectés ailleurs dans le monde ne sont reconnus comme membres du séminaire. Leur appel conteste la constitution du SMEP, selon laquelle on justifie leur exclusion, et il interroge ainsi la relation entre les missions et la métropole après la guerre de Sept Ans. Cet article établit de nouveaux liens entre leur lutte pour la reconnaissance, l'évolution des idées sur l'État, la nation et l'empire en France, et le rôle des missions et des missionnaires dans le monde atlantique.
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6417.Plus d’information
La présente contribution propose un regard sur l'évolution de la représentation de l'histoire autochtone dans les différents programmes d'histoire nationale au Québec et dans les manuels scolaires depuis les années 1980 jusqu'à nos jours. Deux périodes servent d'exemples. Quel est le poids du culturalisme et de l'eurocentrisme dans la perception des sociétés précolombiennes ? Comment les manuels tiennent-ils compte de l'exigence de parler des pensionnats autochtones au Canada et au Québec, à la suite des conclusions de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) ? Quelles sont les marges de liberté à propos de l'agentivité autochtone et l'équilibre entre empathie et pensée historique ?
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6418.Plus d’information
La participation de l'Université de Montréal à la Seconde Guerre mondiale constitue un sujet d'étude complexe et parfois contradictoire. Initialement opposée à la mobilisation de l'université pour le conflit, la population étudiante développe progressivement une certaine appréciation pour la guerre et accepte de participer à celle-ci. Malgré une opposition constante à la conscription, les étudiants tolèrent l'imposition d'un programme d'entrainement militaire obligatoire et choisissent volontairement d'investir des milliers de dollars au sein de l'effort de guerre canadien. Combinés au support financier et scientifique offert par les employés et dirigeants de l'établissement, ces efforts s'inscrivent au sein d'une contribution conséquente de l'Université de Montréal à la lutte armée contre les forces de l'Axe.