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6441.Plus d’information
Cet article a pour objectif de comprendre l'état de la conscience historique de Denis-Benjamin Viger, politicien patriote bas-canadien, à travers deux de ses principaux ouvrages datant d'avant les Rébellions. On verra que, de 1809 à 1831, Viger a considérablement évolué comme intellectuel et comme penseur de l'histoire. En 1809, il était convaincu que l'histoire se répétait, fidèle en cela à sa culture humaniste acquise au Collège de Montréal, tandis qu'en 1831, il adopte un discours historique différent, plus conscient des particularités des différentes époques et moins convaincu de la pertinence des expériences passées pour l'évaluation du présent.
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6442.Plus d’information
Cet article analyse le déclin du réseau des revues d'idées indépendantistes qui survient à la fin des années 1960, au moment où le Parti québécois récupère en grande partie les idées, mais aussi les acteurs qui ont animé différentes publications au courant de la Révolution tranquille. Dans un premier temps, nous procédons à la cartographie des principaux noeuds intellectuels de la fin des années 1960, en présentant les animateurs, les idéologies et le potentiel de diffusion des revues étudiées. Dans un deuxième temps, nous revenons sur l'épisode de la fondation du Parti québécois et sur l'impact initial qu'a eu l'arrivée de la coalition centriste de René Lévesque sur le réseau intellectuel indépendantiste. Dans un troisième temps, nous abordons la question des transferts idéologiques et des liens politiques qui se sont établis entre les membres du réseau et le Parti québécois au tournant des années 1970.
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6443.Plus d’information
Cet article traite de la façon dont est mise en marché la banlieue de masse à Montréal dans les années 1950 et 1960. En analysant les publicités relatives aux résidences unifamiliales neuves dans les journaux francophones et anglophone de la métropole, je cherche à mieux comprendre comment évoluent les stratégies publicitaires mises de l'avant et comment se structure l'idéal suburbain qui s'en dégage. L'analyse permet de faire ressortir ce qui constitue une publicité idéaltypique pour la période étudiée, mais également de constater que le discours et les stratégies utilisés se complexifient au fil des ans et convergent d'un groupe linguistique à l'autre, du moins pour ce qui est de leur contenu.
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6444.Plus d’information
Nous posons une question apparemment anodine, « Où est la Nouvelle-France », afin d'explorer le rapport complexe entre souveraineté et territorialité qui prévalait aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, et ce, des deux côtés de l'Atlantique. De nos jours, les historiens imaginent souvent une Nouvelle-France bornée, sans pour autant être d'accord sur ses frontières, qui varient au gré des imaginaires nationaux imposés au passé. Les cartes et récits contemporains, en revanche, sont moins enclins à tracer des frontières. L'expression « Nouvelle-France » désignait de façon foncièrement ambiguë des ambitions impériales illimitées. Elle constitue ainsi un cas extrême d'une tendance répandue à cette époque, avant que la souveraineté soit inscrite de façon précise dans le territoire.
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6445.Plus d’information
Dans la seconde moitié du XIXe siècle à Montréal, la bourgeoisie montante s'intéresse de plus en plus à la misère quotidienne urbaine. Avec l'appui de l'élite cléricale, elle fonde quelques institutions destinées à certaines clientèles, comme les enfants victimes de l'industrialisation et de l'urbanisation. C'est dans ce contexte qu'Olivier Berthelet, bourgeois canadien-français, fonde l'Hospice Saint-Joseph de Montréal. En 1854, cette institution charitable passe aux mains des Soeurs Grises qui y accueillent principalement des « orphelines ». Dès lors, les religieuses cherchent à s'adapter aux besoins matériels, éducatifs et spirituels des familles, et ce, en composant avec les objectifs de régulation sociale à l'origine de l'institution. Dans le cadre de la société patriarcale, elles parviennent à administrer l'Hospice bien qu'elles se heurtent constamment à des problèmes de sous-financement et de manque de personnel. Ces difficultés récurrentes les mèneront graduellement à transformer la vocation charitable de l'institution jusqu'à ce qu'elle devienne l'École ménagère Saint-Joseph en 1911. À plusieurs égards, ce cas d'étude intéressant illustre bien les limites du réseau d'assistance catholique mis en place au milieu du XIXe siècle.
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6446.Plus d’information
RésuméReynald Rivard est un pionnier de l'éducation spécialisée au Québec. Trois constats peuvent être tirés de sa biographie professionnelle. Sans remettre en question l'apport du réseau constitué autour de Boscoville à l'émergence de l'éducation spécialisée, on s'aperçoit qu'au milieu du xxe siècle la réflexion sur ce champ d'intervention et de formation a été plus générale et qu'elle a puisé à des courants théoriques et pratiques contrastés, voire opposés. Par ailleurs, l'article documente des aspects essentiels de la déqualification subie par les religieuses après 1950 : l'impossibilité de faire valider leur formation professionnelle par un diplôme reconnu, ainsi que le refus des autorités cléricales et étatiques de leur faciliter l'accès aux formations habilitant aux titres professionnels. Enfin, au-delà des relations entre l'Église et l'État, la mise en évidence des rapports de forces présents au sein même de chacune de ces institutions contribue à rendre toute sa complexité au processus ayant abouti à la disparition des orphelinats ordinaires.
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6447.Plus d’information
Cet article lève le voile sur les différentes manières dont, historiquement, le territoire a été perçu, conçu et vécu à travers l'expérience et l'essor de la mobilité. À partir des années 1920, l'automobilité a occupé un rôle central dans la réflexion des acteurs du tourisme et dans la création des territoires touristiques. En comparant l'expérience de deux provinces, le Québec et l'Ontario, par le biais d'une analyse iconographique et discursive des guides touristiques et des récits de voyage, ce texte montre en quoi deux territoires, ayant des caractéristiques biogéophysiques semblables, développent des représentations touristiques différentes en fonction de facteurs culturels.
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6448.Plus d’information
À l'aide d'une approche centrée sur l'histoire de la culture politique, il est question dans ce texte d'une analyse, sur une période de près de quarante ans, de la place et du rôle joué par les représentations de l'énergie nucléaire au Québec. En étudiant les discours des responsables politiques québécois, des dirigeants d'Hydro-Québec et des nombreux acteurs sociaux qui prennent la parole pour s'opposer ou pour appuyer la production d'électricité par fission nucléaire, l'article met en lumière les conflits politiques et les luttes de représentations symboliques qui en découlent, de même que leurs conséquences dans le domaine énergétique.
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6449.Plus d’information
Ce texte envisage le devenir de la noblesse canadienne après l'instauration du Régime anglais. Il retrace et explique les choix qui ont été faits par les différentes familles de partir ou de rester ; de se rallier ou de rester en marge du nouvel ordre qui s'est instauré dans les années 1770 et 1780. Il montre que les familles qui sont restées au Canada ont éprouvé, en définitive, le destin ordinaire des élites locales confrontées à l'installation d'un nouveau pouvoir colonial : les unes se sont avec succès rapprochées du pouvoir, afin de consolider leur domination politique et sociale, alors que les autres ont lentement glissé le long de l'échelle sociale et sont tombées dans l'obscurité.
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6450.Plus d’information
Cet article s'intéresse à la présence des thématiques féminines et féministes dans Le Devoir entre 1965 et 1975 afin de démontrer que la page féminine du quotidien permettait une diffusion des préoccupations des femmes dans l'espace public. Cette période permet d'analyser du même coup les impacts de l'abolition de la page féminine, en février 1971, sur l'organisation du quotidien, notamment à travers l'étude de la mise en valeur des thématiques féminines et féministes dans le journal. Il pose l'hypothèse que la baisse significative des thématiques féministes, à la suite de l'abolition de la page féminine, est le résultat d'une culture médiatique construite et reproduite comme culture masculine. Il souligne l'importance de la page féminine du quotidien, compris comme espace public alternatif, dans la diffusion des préoccupations féministes au Québec, un territoire médiatique encore bien peu exploré par la recherche.