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2491.Plus d’information
Cet article s’interroge sur la notion d’acceptabilité sociale dans les projets de réaménagement des rues en faveur d’une réallocation des espaces pour les piétons et les cyclistes dans les villes. S’appuyant sur une revue de presse de 139 documents médias et la consultation d’experts, cette recherche étudie l’acceptabilité sociale de quatre cas d’aménagement urbain montréalais visant à favoriser les déplacements actifs sécuritaires et fonctionnels. Les résultats montrent les défis d’acceptabilité associés à l’expérimentation par les pouvoirs publics, la saturation de la population face à une intensification de mesures qui s’implantent dans une période circonscrite, la mobilisation de la société civile et la position occupée par les acteurs économiques de même que les contradictions des opinions sur un même projet. Les conclusions remettent en question la notion de consensus et de seuil dans l’estimation d’un niveau d’acceptabilité sociale influençant les décisions publiques tout en montrant que les interventions d’aménagement qui bouleversent nos modes de vie non durables et les expérimentations novatrices sur l’environnement bâti ont la propriété de susciter de vives oppositions. Ces résultats détiennent un potentiel de transférabilité pour les projets luttant contre les changements climatiques. De même, l’impératif de l’acceptabilité sociale peut constituer un piège pour les actions promouvant la transition socioécologique.
Mots-clés : aménagement routier urbain, acceptabilité sociale, mobilité active, transition socioécologique, gouvernance climatique, études de cas, sustainable urban planning, social acceptability, active transportation, social-ecological transition, climate governance, case studies
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2492.Plus d’information
Cet article explore la contribution d’un projet d’autoconsommation collective (ACC) urbaine à la compréhension des nouvelles dynamiques d’électrification française, sous l’angle de la justice énergétique. Il analyse le montage socio-spatial, juridique et financier d’une initiative rennaise et observe le rôle de la finance citoyenne comme levier de transition territorialisée — la territorialisation étant ici envisagée comme nécessaire à une transition juste. L’article pose deux questions : comment l’investissement citoyen territorialise-t-il la transition ? Cette territorialisation participe-t-elle à réduire les injustices énergétiques et, le cas échéant, comment ? Pour y répondre, l’article s’appuie sur un terrain géo-légal d’un an. Les résultats montrent comment l’opération étudiée localise les pratiques de valorisation de l’électricité. Trois dimensions de justice sont ensuite mises en avant en insistant sur l’innovation d’un système forfaitaire comprenant un tarif « éco » destiné aux populations en précarité énergétique et l’amélioration de la justice procédurale. Enfin, l’article explique les implications en termes de gouvernance autour de ce que « prendre action » signifie pour un déploiement électrique local. Cet article sert tout d’abord le besoin, exprimé tant en sciences sociales qu’en droit, de clarifier la notion de transition territorialisée. En mobilisant un cas d’étude aux dimensions restreintes (ancrage spatial, nombre de participants, complexité des flux financiers), il contribue également à éclairer les logiques d’investissements dans les infrastructures électriques et leurs impacts sur les formes d’accès à l’énergie. Ce travail s’inscrit enfin dans un effort collectif de documentation des dynamiques d’autoconsommation électrique, modalité de traduction en actes des ambitions politiques de décentralisation énergétique.
Mots-clés : autoconsommation collective, finance citoyenne, justice énergétique, géo-légal, France, collective self-consumption, citizen finance, ernergy justice, geolegal, France
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2493.Plus d’information
Une multitude d'études empiriques ont exploré le travail du sexe et les individus qui y participent. Cependant, ces recherches tendent à uniformiser les réalités vécues, en négligeant la diversité des pratiques et des profils. Les expériences des femmes qui s'engagent volontairement dans le travail du sexe de manière indépendante demeurent particulièrement peu étudiées. Souvent actives en marge des structures institutionnalisées et moins visibles de l'industrie, ces femmes restent largement méconnues et sous-représentées dans la littérature scientifique. Cette étude s'intéresse aux effets de la marginalisation sur la trajectoire des travailleuses du sexe indépendantes. À partir d'une méthodologie qualitative, treize participantes ont partagé leur vécu au sein de l'industrie, permettant d'analyser les risques de victimisation auxquels elles font face, ainsi que les stratégies qu'elles mobilisent pour se protéger. L'analyse des témoignages révèle les formes de discrimination et de violence auxquelles ces femmes sont exposées, les mécanismes de protection qu'elles développent et les conséquences psychologiques et sociales de la stigmatisation. En approfondissant la compréhension des risques et des stratégies de gestion liés à leur profession, cette recherche met en lumière les défis particuliers auxquels ces femmes doivent faire face dans un contexte de marginalisation.
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2494.Plus d’information
La crise de la COVID-19 a mis en lumière l'importance de reconnaître le travail des femmes, notamment celles qui fournissent les services essentiels et de proximité et qui oeuvrent en particulier dans le domaine du care. Cette crise a aussi exacerbé la difficulté des conditions de travail et de l'organisation du travail des personnes exerçant ces métiers et professions. Nous examinons l'impact de la crise de la COVID-19 sur les personnes oeuvrant dans les métiers et professions du care à l'aide de méthodes mixtes. Des entrevues et un questionnaire soumis à un certain nombre d'entre elles révèlent qu'en temps de crise, certains services et certaines tâches ont été réorganisés de manière ponctuelle, ce qui a eu pour effet de dégrader les conditions de travail et de l'organisation du travail de ces personnes, entraînant notamment une hausse de l'utilisation des compétences féminisées et une augmentation du stress ressenti. Quelques modifications temporaires se sont également avérées bénéfiques et représentent des pistes de solution prometteuses. Nous concluons en proposant de telles pistes de solution et de réflexion afin de favoriser une meilleure valorisation des emplois du care, notamment dans le secteur de la santé et des services sociaux.
Mots-clés : COVID-19, emplois du, valorisation des emplois à prédominance féminine, compétences, conditions de travail, conditions de l'organisation du travail, santé et services sociaux, santé mentale au travail, COVID-19, care work, recognition of predominantly female jobs, feminized skills, working conditions, work organization conditions, health and social services, workplace mental health
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2495.Plus d’information
En 1843, Ada Lovelace1 rédigeait le premier algorithme informatique de l'histoire. Pourtant, ce domaine qu'elle a contribué à fonder demeure, paradoxalement, encore largement masculin. Aujourd'hui, à l'ère de l'intelligence artificielle (IA), cette sous-représentation des femmes contribue à la persistance de biais algorithmiques qui reproduisent et amplifient les inégalités existantes. Cette revue des écrits examine la sous-représentation des femmes dans les technologies de l'information (TI) et de l'IA au Québec. Les résultats montrent certains facteurs expliquant cette disparité et présentent plusieurs axes d'intervention stratégiques. Ces leviers sont essentiels pour développer un écosystème technologique québécois plus inclusif.
Mots-clés : Femmes en technologie, Biais discriminatoires, Intelligence artificielle inclusive, Inclusion professionnelle, Stratégies innovantes, Women in technology, Discriminatory biases, Inclusive artificial intelligence, Professional inclusion, Innovative strategies
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2496.Plus d’information
La relation postinvestissement entre entrepreneurs et investisseurs est un enjeu de performance pour les start-up. Cette relation est notamment étudiée à travers les mécanismes de gouvernance, montrant une évolution des rôles des investisseurs selon leurs typologies et le stade de développement des start-up. Plusieurs auteurs en finance entrepreneuriale suggèrent d'examiner plus en détail l'influence des aspects individuels, comme les représentations personnelles, dans cette relation. Cette recherche vise à comprendre comment les représentations des entrepreneurs et des capital-risqueurs sur le rôle de l'investisseur et leurs attentes respectives influencent les mécanismes de gouvernance mis en place. À travers une étude de cas multiples intégrant six binômes entrepreneurs-investisseurs, nous identifions six types de représentations, illustrant la diversité des représentations individuelles. Nous montrons que les binômes s'approprient les mécanismes de gouvernance intentionnels et spontanés selon la représentation des individus impliqués dans la relation. D'un point de vue managérial, nous proposons un cadre interprétatif pour les fonds d'investissement qui souhaiteraient identifier les représentations des entrepreneurs et des investisseurs en vue d'adopter les mécanismes spontanés les mieux adaptés aux spécificités de chaque binôme.
Mots-clés : Relation entrepreneur-investisseur, Capital-risque, Mécanismes de gouvernance, Gestion des relations, Représentations, Entrepreneur-investor relationship, Venture capital, Governance mechanisms, Relationship management, Representations
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2497.Plus d’information
Depuis la crise de la COVID-19, l'intérêt pour les liens entre inégalités sociales et numériques à l'école a grandi, mais les recherches sur leur dimension linguistique restent absentes. À partir d'une analyse thématique de verbatim de 22 entrevues semi-dirigées menées auprès d'enseignantes et enseignants francophones de l'Ontario de mars à juin 2020, notre étude souligne en quoi les élèves de la 4e à la 8e année vivent des inégalités d'accès (p. ex. fréquence et diversité d'outils), de compétences (p. ex. occasions d'exposition et d'accompagnement à l'école et à la maison) et de pouvoir d'agir numériques (p. ex. confiance pour se filmer, participer en ligne). Nous dévoilons aussi comment, à ces inégalités, s'ajoutent des inégalités numériques linguistiques, telles les inégalités d'accès à des ressources en français pertinentes au contexte local ou de compétences numériques liées à des défis de répertoire et de sécurité linguistique. Finalement, nous proposons des pistes de réflexion et d'action pour viser le pouvoir d'agir numérique des élèves et contribuer au rayonnement des communautés francophones minoritaires en ligne.
Mots-clés : inégalités numériques, minorités linguistiques, capital numérique, langues minoritaires sur Internet, compétences numériques, digital inequalities, digital capital, linguistic minorities, minority languages on the Internet, digital skills
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2498.Plus d’information
Ce texte s'inscrit dans une perspective critique où, à la lumière des différentes évolutions et changements, le moment semble opportun pour appeler à un réexamen ou à un renouveau de la gestion des ressources humaines (Delbridge et Keenoy, 2010 ; Hallée, Taskin et Vincent, 2018). La Critical Human Resource Management est une posture qui remet en cause le discours managérial dominant et qui valorise les voix exclues de la réflexion en GRH (Delbridge et Keenoy, 2010). Ces préoccupations sont liées à une tradition de critique humaniste, notamment l'injustice sociale et la remise en question des systèmes sociaux et économiques que des entreprises servent et reproduisent (Adler, Forbes et Willmott, 2007). Les enjeux liés au genre, à l'inégalité, à la gouvernance, au pouvoir et à la domination font partie du questionnement (ibid., Lee Ashcraft, 2009).
Mots-clés : Emploi du, Distribution, Reconnaissance, Participation, Rémunération, Inclusion/exclusion, Care jobs, Distribution, Recognition, Participation, Remuneration, Inclusion/exclusion
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2499.Plus d’information
À l'automne 2023, Marie-Michèle Sioui, correspondante parlementaire du journal Le Devoir à Québec, a révélé au grand public l'existence d'un comité sur les résultats scientifiques et le milieu scolaire (CRSMS). Créé par le ministère de l'Éducation du Québec (MEQ) en 2021, ce comité avait pour mandat de lui fournir des avis ad hoc et confidentiels sur les enjeux prioritaires de l'éducation. Le fonctionnement de ce comité inévitablement opaque avait un caractère plus ou moins démocratique, puisque l'on confiait à quelques spécialistes le soin de proposer des orientations en éducation alors que celles-ci, compte tenu des enjeux qu'elles comportaient, auraient normalement fait l'objet d'un large débat sociétal. Il ne semble pas y avoir eu de réactions vives à ce propos de la part des collègues des facultés des sciences de l'éducation (FSÉ) alors que le ministère de l'Éducation faisait en quelque sorte fi de leurs expertises. Cela tient peut-être au fait que le rapport du CRSMS a été peu lu, alors qu'il ne proposait rien de moins que de généraliser l'usage des données probantes en éducation et la création de l'Institut national d'excellence en éducation (INEE). Mais sur quelles bases ces recommandations ont-elles été formulées ? L'analyse montrera non seulement que ces bases sont extrêmement fragiles, mais aussi, que le discours du CRSMS fait la promotion d'un crédo pédagogique inspiré de l'idéologie scientiste.
Mots-clés : finalités éducatives, réussite scolaire, idéologie, scientisme, données probantes, Educational goals, academic achievement, ideology, scientism, evidence-based, fines educativos, éxito escolar, ideología, cientificismo, datos probatorios, Bildungsziele, schulischer Erfolg, Ideologie, Szientismus, empirische Daten
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2500.Plus d’information
La pandémie et les trois confinements successifs qu’a connus la France durant les années 2020 – 2021 ont entraîné le développement du télétravail dans des proportions inédites, ainsi qu’une recrudescence des usages des dispositifs numériques pour pallier l’absence de co-présence. Nous nous demandons de quelles manières ce contexte de télétravail dit « contraint » a reconfiguré la communication entre collègues de même niveau hiérarchique. Est-ce que les dispositifs numériques se sont inscrits dans le prolongement des « espaces de discussions » nécessaires au soutien social entre pairs, à la transmission des règles du métier et à l’apprentissage collectif ? Nous répondons à ces questions à partir d’une enquête compréhensive auprès de 34 télétravailleurs et télétravailleuses. L’analyse des entretiens recueillis fait émerger un sentiment accru de solitude, de deshumanisation des relations professionnelles, ainsi que la banalisation de pratiques numériques problématiques. D’autres témoignages soulignent au contraire les effets positifs de la distance relationnelle (diminution des conflits, des perturbations, recentrage sur des relations affinitaires, etc.). Nous étudions les éléments de contexte qui peuvent expliquer ces perceptions contrastées.
Mots-clés : Pandémie, télétravail, communication interpersonnelle, dispositifs numériques, organisation, approche qualitative, Covid-19 pandemic, telework, interpersonal communication, digital devices, organization, qualitative approach