Documents repérés
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192.Plus d’information
L'insécurité linguistique des Canadiens français est bien antérieure aux années 1940. Une étude des chroniques de langage parues dans la presse entre 1879 et 1970 permet de dégager trois périodes quant aux attitudes vis-à-vis la langue populaire des Canadiens français. Jusqu'au début du siècle, la perception est plutôt négative. À partir de 1910, on assiste à une entreprise systématique de revalorisation de la langue paysanne, moins contaminée par l'anglais que celle des villes. L'ouvrier remplaçant le paysan comme classe populaire, l'attitude négative refait surface à compter des années 1940. Après la querelle du jouai, on commence lentement à distinguer la langue humiliée des autres formes du français québécois.
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193.Plus d’information
Pierre Collas fait partie des nombreux migrants éphémères qui ont contribué au développement de la Nouvelle-France, mais dont la mobilité et l'absence d'ancrage dans la société coloniale expliquent la rareté des traces laissées dans les archives. Une enquête minutieuse menée dans les sources manuscrites conservées dans les dépôts français et québécois permet toutefois de retracer assez précisément le parcours mouvementé de cet homme méconnu. Entre 1698 et 1703, Pierre Collas est tour à tour soldat, séminariste et chirurgien de navire en Nouvelle-France. Il est ainsi le témoin des transformations de la vie civile, militaire et religieuse à une période-clé de l'évolution de la colonie. Son itinéraire, à première vue atypique, rejoint partiellement celui de nombreux migrants non permanents. Reconstituer son parcours permet ainsi, plus largement, de documenter toute une catégorie de population qui apparaît rarement dans les sources archivistiques. En outre, Pierre Collas a composé un manuscrit de cantiques à l'intention des élèves du Petit Séminaire de Québec, témoignage tout à fait original sur la perception de cette institution éducative par l'un de ses pensionnaires, et dont la réalisation même est remarquable dans le contexte d'une industrie du livre dépourvue d'imprimerie sous le Régime français.