Documents repérés
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344.Plus d’information
RésuméLe Charlatan ou le Docteur Sacroton (1780) de Louis-Sébastien Mercier est propice à l'analyse d'une sorte de « première société du spectacle ». La comédie-parade interroge, par cette figure éminemment théâtrale, la civilisation du simulacre qui éclot au coeur du Siècle des Lumières. Le personnage du bonimenteur surjoue le rapport à l'illusion théâtrale, multiplie les effets d'ostentation spectaculaire et suggère l'existence d'une relation désintermédiée entre orateur et auditeur. En tant que figure de comédien, mais également du tribun, susceptible de haranguer les foules et d'anticiper sur les effets de réception, il apparaît comme un procédé commode d'« artification », susceptible de porter le doute sur l'espace public structuré par la représentation. Mercier met ainsi en place une véritable politique de la merveille : au-delà de la satire du charlatan et des croyances populaires, la plaisante évocation de cette parole susceptible de donner vie, à la manière du mystère de l'Eucharistie, lui permet non seulement de sublimer l'efficacité symbolique du dispositif théâtralisé, mais encore d'entacher l'autodétermination et la conscience critique du public dont il vient pourtant de glorifier la capacité de jugement. Il s'agit de proposer une analyse dramaturgique précise de l'économie des affects et de l'anthropologie de l'attention qui s'y jouent.
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346.Plus d’information
Bien que l’accès à l’eau potable soit un droit humain fondamental, les populations les plus défavorisées sont contraintes de s’adapter à de multiples pressions socio-économiques et environnementales : arbitrages dans l’allocation de la ressource, équipements disparates, monétarisation du service, dégradation des milieux aquatiques, impacts du changement climatique global. Fondé sur une enquête empirique au Sénégal et problématisé autour des relations entre justice spatiale et inégalités environnementales, l’article met en relation les conditions sociales des populations avec la qualité de leur cadre de vie, leur niveau et types d’accès aux services d’eau avec les modalités d’allocation de la ressource dans l’espace et dans le temps. Ces dernières dépendent de la gouvernance des ressources combinée à un traitement différencié des espaces et des populations. La région de Saint-Louis du Sénégal est particulièrement illustrative de ces problématiques d’inégalités environnementales - pénurie, pollution des eaux - au détriment des populations autochtones pendant la période coloniale et des populations rurales aujourd’hui. L’accès aux ressources hydriques est ainsi limité par une desserte partielle, par le coût dissuasif de l’eau du réseau et par des dysfonctionnements organisationnels que la réforme des modes de gestion, communautaires puis récemment délégués aux entreprises privées, ne résout pas.
Mots-clés : injustices spatiales, inégalités environnementales, accès à l’eau potable, époque coloniale, défi politique, Saint-Louis du Sénégal, spatial injustices, environmental inequalities, access to drinking water, colonial era, political challenge, Saint-Louis of Senegal
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347.Plus d’information
Malgré l'étude de Louis Rousseau sur les Sulpiciens de Montréal, l'histoire de la prédication au Canada français est peu connue et encore moins étudiée. Les textes épiscopaux officiels en parlent de temps en temps, dans des lettres personnelles des évêques sentent le besoin de rabrouer des curés pour leur négligence à prêcher, la plupart des communautés religieuses d'hommes y préparent leurs membres et leur transmettent des règles et un style éprouvés. Mais ces documents disparates ont été peu exploités jusqu'à maintenant ; et encore moins à propos de ce qu'on peut appeler la prédication populaire, c'est-à-dire celle qui «cherche ce qui convient communément à tous les hommes ». Mon propos ne veut éclairer qu'une tranche minime de ce territoireinexploré de l'histoire religieuse. Il se borne simplement à livrer quelques réflexions sur la prédication populaire au XIXe siècle, vue à partir des jubilés, de l'exemple de Mgr de Forbin-Janson et des missions paroissiales.
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348.Plus d’information
M. Lucien Otis naquit à la Baie St-Paul en 1824 et fit ses études àSte-Anne-de-la-Pocatière. Associé de près au développement du Saguenay, il a laissé son nom à un lac, à un village et à un canton. D'abord curé de St-Alphonse de Bagotville puis de l'Anse-St-Jean, la maladie l'obligea àlaisser sa terre d'adoption après y avoir consacré onze ans de sa vie. Il mourut à Québec le 12 juin 1868. Il tomba alors dans un profond oubli qui devait durer plus d'un siècle. Jusqu'à tout récemment, seuls les documentsd'archives et les cartes géographiques conservaient sa mémoire. Ce prêtre modèle qui représente le type du curé d'autrefois méritait un meilleur sort et une publication récente vient rendre justice à cet humble pionnier de la région du Saguenay. Le présent article donne un aperçu de cet ouvrage intitulé : LE CAHIER DE MONSIEUR OTIS.
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350.Plus d’information
Les Anecdotes de notre temps depuis 1715 à 1736, est un ensemble de 52 volumes manuscrits acquis par la Bibliothèque Royale en 1789 au cours de la vente après décès du Duc de Richelieu. La plupart des volumes a été cassée par les archivistes au début du XIXe siècle. Les documents qu'ils contenaient ont été dispersés dans différents fonds thématiques de la Bibliothèque nationale de France. Ces documents associant généralement un texte et une image, qualifiés d'anecdotes, peuvent être identifiés grâce à une estampille assurant leur traçabilité. Un recueil anonyme provenant de ce fonds conserve une quarantaine d'anecdotes, riche de 67 dessins et gravures, de faune et de flore, concernant l'espace colonial français. Une démarche structuraliste intra-inter-trans a permis de reconstituer les micro-histoires liées à chaque anecdote, de confirmer les datations de la plupart des documents iconographiques (1715-1736), de statuer sur le caractère factice du recueil constitué seulement au début du XIXe siècle, et d'identifier des invariants concluant à l'implication d'Antoine-Denis Raudot, intendant des Classes au Secrétariat de la Marine. Celui-ci aurait constitué un corpus « pré-anecdotes » jusqu'à son décès en 1737, dans lequel a puisé le Comte de Maurepas pour élaborer une partie des 52 volumes des Anecdotes de notre temps lors de son exil (1749-1774). Fort de ce constat et du fait que la carrière de Raudot l'a conduit à la co-intendance de la Nouvelle-France (1705-1710), un second corpus de huit anecdotes canadiennes a été identifié puis étudié. Plusieurs images et évènements révèlent d'autres types d'activités du Secrétariat de la Marine, en lien avec les Premières Nations (ambassades, guerre, etc.), une mission sulpicienne, les autorités de Québec et la Royauté. La circulation du corpus « pré-anecdotes » de Raudot vers Maurepas s'explique en partie par divers événements intervenus lors du décès de Raudot en 1737 (héritage, captation).
Mots-clés : Secrétariat de la Marine, Jardin du Roi, Académie des Sciences, Compagnie des Indes, Cabinet de Curiosités, Circulation des savoirs, Cultures coloniales, Colonies françaises, Iconographie, Premières Nations, Comte de Maurepas, Antoine-Denis Raudot, Duc de Richelieu, Le Masson du Parc, Pierre Le Chevalier, Jussieu, XVIII siècle