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3513.Plus d’information
Marquée par une intolérance structurelle, la société française du XVIe siècle n’était pas préparée à accueillir la divergence religieuse. Catholiques et réformés s’évertuèrent donc réciproquement à annihiler la « fausse religion ». Minoritaires, les huguenots aspiraient naturellement à obtenir une sécurité juridique que seule la puissance souveraine pouvait lui fournir. Il fallut cependant attendre le règne d’Henri IV pour qu’enfin apparaisse un statut juridique pérenne, l’édit de Nantes, fruit d’âpres pourparlers entre les représentants calvinistes et la monarchie. Si l’ensemble ainsi promulgué avait le mérite de mettre fin à une longue attente, ses incertitudes entraînèrent au sein des élites protestantes des divisions profondes et durables entre « Fermes » et « Prudents ». Cette présentation se proposera donc d’analyser les contours de ces négociations mais aussi leur impact sur les rapports de forces internes et sur l’organisation juridico-politique du corps réformé.
Mots-clés : Édit de Nantes, Corps réformé, Fermes, Prudents, Absolutisme
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3516.Plus d’information
Mots-clés : Medieval Astronomy, Astrology, Horoscopes, Thirteenth Century, John Of London, University Of Paris
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3517.Plus d’information
Nous analysons dans cet article l'autocensure et la censure présentes dans l'oeuvre d'Inazo Nitobe, Bushido : The Soul of Japan, ainsi que dans quatre de ses traductions. Dans ce qui est probablement sa publication la plus connue à l'échelle internationale, le célèbre essayiste et diplomate japonais Inazo Nitobe (1862-1933) joue le rôle de médiateur interculturel entre l'Orient et l'Occident en exportant les valeurs et les concepts du bushidō, la voie du samouraï. Nitobe appartenait à une grande famille de samouraïs, mais se convertit au christianisme, épousa une jeune femme quaker de Philadelphie et acquit la plus grande partie de sa formation universitaire aux États-Unis et en Europe. Dans Bushido, il tente courageusement de traduire pour l'Occident le code éthique des samouraïs, mais sa volonté d'établir des liens étroits avec les valeurs chrétiennes le conduit à idéaliser la caste des samouraïs et à christianiser, en quelque sorte, les valeurs et les enseignements de celle-ci. À travers son livre, Nitobe souhaitait faire connaître la valeur de la culture japonaise afin qu'elle soit acceptée par les Occidentaux, notamment les habitants de Philadelphie du début du XXe siècle.Le texte original est en langue anglaise, qui n'est pas la langue maternelle de l'auteur et peut donc être étudié en tant qu'autotraduction, ce qui implique une certaine autocensure. En effet, lorsqu'il écrit dans une langue étrangère, un auteur est en quelque sorte amené à filtrer ses émotions et son mode d'expression. Il est, certes, limité dans sa capacité d'expression, mais, en même temps, il peut faire preuve d'une plus grande empathie pour l'autre culture. En outre, il est plus conscient de ce qu'il veut dire et ne pas dire pour que son oeuvre soit bien reçue par ses lecteurs potentiels.Les quatre traductions que nous analysons sont, dans un ordre chronologique, celles de Gonzalo Jiménez de la Espada (1909, en espagnol), de Charles Jacob (1927, en français), de Yanaihara Tadao (1938, en japonais) et du général franquiste José Millán-Astray (1941, en espagnol). Une étude descriptive diachronique de la traduction des références culturelles montre que ces quatre versions illustrent d'une manière exemplaire comment la manière de traduire et le lien qui existe entre le contexte, l'avant-texte et le texte (Widowson, 2004) changent selon l'époque, de même que la visibilité et l'invisibilité du traducteur (Venuti, 1995). Nous utilisons pour notre travail la théorie du skopos, certains aspects de la théorie du polysystème, notamment ceux qui concernent l'idéologie et la censure, ainsi que l'étude de la traduction entre langues et cultures éloignées.Notre analyse des quatre traductions nous permet de montrer que la manipulation – ou l'autocensure – des références culturelles du texte original est particulièrement évidente dans les périodes de conflit, comme l'illustrent la traduction japonaise de 1938 et la traduction espagnole de 1941. Notre objectif est finalement de démontrer comment le contexte/l'avant-texte peuvent conduire le traducteur à manipuler et censurer le texte original, si bien que le skopos de Nitobe est complètement occulté dans les traductions.
Mots-clés : bushidō, author/translator, ideology, Orientalism, Nihonjinron, bushidō, auteur/traducteur, idéologie, Orientalisme, Nihonjinron
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3518.Plus d’information
En 1926, la population du Manitoba atteint le tiers de celle du Minnesota; cependant, les actifs accumulés dans les banques manitobaines cette année-là représentent seulement le dizième des actifs bancaires du Minnesota. Comment expliquer la forte production de ressources bancaires au Minnesota et à Minneapolis, par rapport à la faible production au Manitoba et à Winnipeg ? Une analyse du nombre des succursales au Manitoba et du niveau des compensations à Winnipeg révèle que ces succursales sont tout aussi actives que celles du Minnesota. Cependant, en comparant la croissance des industries à Minneapolis à celle de Winnipeg, il appert que les habitants de Winnipeg n'ont pas, à l'instar des entrepreneurs de Minneapolis, développé un secteur manufacturier destiné à l'exportation, ni par conséquent les sièges sociaux, ni les services de transport nécessaires pour susciter une accumulation endogène de capitaux. Les succursales de Winnipeg sont le produit d'un système bancaire importé de Montréal et Toronto qui, en même temps qu'il procure des fonds aux Manitobains, sert également les intérêts des directeurs et des actionnaires du Canada central et par conséquent continue d'intégrer les ressources commerciales de Winnipeg à l'intérieur du réseau urbain central. Par contraste, les entrepreneurs de Minneapolis établissent des banques qui produisent leurs propres capitaux et leurs propres pratiques bancaires. Cela signifie que les propriétaires des banques de Minneapolis sont déterminés à façonner les investissements et la croissance de leur région métropolitaine. Tandis qu'à Winnipeg, les succursales sont au service des propriétaires montréalais et torontois qui sont déterminés à encastrer fermement les entreprises de Winnipeg à l'intérieur du système central canadien.
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3519.Plus d’information
RésuméLes nations européennes qui tentèrent d'établir un empire dans le nouveau monde partagèrent la même attitude fondamentale même si leurs façons de traiter les Amérindiens ont différé. Toutes et chacune croyaient qu'en tant que nation chrétienne elles avaient un droit d'hégémonie sur les terres et les peuples non-chrétiens, voire même, dans le cas des Amériques, elles considéraient qu'elles n'avaient pas à tenir compte des désirs des autochtones.Le fait d'établir une suzeraineté supposait, cependant, qu'une entente quelconque s'établisse entre les Européens et les Amérindiens, qu'il s'agisse d'une « conquête » ou d'un « accord » obtenu plus ou moins volontairement. Assez curieusement, on appela ces ententes des « traités ». Certains furent écrits à l'européenne, d'autres furent conclus à l'amérindienne et certains empruntèrent aux deux façons. Règle générale, l'Espagne n'eut recours au traité écrit que vers la fin du 18e siècle et le Portugal, lui, ne l'utilisa que très rarement. La France préféra presque toujours la manière amérindienne sauf dans les cas où la contrepartie était alliée à d'autres nations européennes. L'Angleterre, de son côté, opta très tôt pour le contrat écrit de même que la Hollande qui fut la première à acheter les terres qu'elle occupait, établissant ainsi un genre de titre de propriété.Malgré ces diverses façons de faire, les nations européennes restèrent constantes dans leur attitude première et, en aucun temps, n'acceptèrent-elles les Amérindiens en tant que peuples souverains dans la famille des nations ; de même, elles ne les considérèrent jamais comme ayant un statut social correspondant aux leurs. C'est cette attitude, bien plus que la bonté ou la cruauté, qui a profondément affecté la situation de l'Amérindien à mesure que l'Européen s'emparait des Amériques.