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3521.Plus d’information
Dans cet article, je m'interroge sur le retour des rois dans l'espace public au Bénin. En effet, depuis les premiers temps de la colonisation, les royautés précoloniales sont sous le regard attentif des gouvernants qui, en les patrimonialisant, s'arrogent leur puissance. Mettant en regard la théorie de Louis Marin de la re-présentation comme pouvoir à travers quelques portraits de rois ayant émergé depuis la Conférence nationale avec la théorie de Claude Lefort du lieu du pouvoir en démocratie comme place vide, j'émets l'hypothèse selon laquelle le roi comme représentation de l'autorité précoloniale se nourrit d'images de puissance qui alimentent la démocratisation et les processus de décentralisation dans le Bénin contemporain.
Mots-clés : Tall, royauté, patrimoine, démocratie, représentation, pouvoir, Bénin, Tall, Kingship, Heritage, Democracy, Representation, Power, Benin, Tall, realeza, patrimonio, democracia, representación, poder, Benín
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3522.Plus d’information
Cet article se penche sur les postulats et les idées fortes du loyalisme de sir Thomas Chapais (1858-1846) ainsi que sur ses fondements intellectuels et sociaux. Il vise globalement à mieux comprendre le loyalisme canadien-français, notamment durant sa phase de déclin, qui s'amorce dans les années 1890 et s'accélère considérablement durant la Première Guerre mondiale. Le loyalisme chapaisien exprime une série de valeurs traditionalistes imprégnées d'un catholicisme à tendance ultramontaine. Cette pensée émerge à une époque particulière (la fin du XIXe siècle), dans un contexte particulier (la lutte que livre l'Église au républicanisme) et dans un milieu social particulier (l'establishment de l'est du Québec).
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3523.Plus d’information
Cet article nous invite à suivre Foucault dans les archives. Foucault a passé une bonne partie de sa vie professionnelle en tant que lecteur et chercheur dans les bibliothèques et les archives; toutefois, dans la littérature archivistique, il apparaît le plus souvent comme le créateur du concept ésotérique de “l’archive”. En contrepartie, cet article explore le travail de Foucault dans les archives, l’emploi qu’il fait des archives dans son oeuvre, et la signification qu’il attribue à la recherche dans les archives. Finalement, je propose qu’il soit impossible de comprendre l’archive abstraite en tant que concept sans l’ancrer d’abord dans les dimensions expérientielle, épistémologique, méthodologique et politique de la rencontre avec Foucault dans les archives.
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3525.Plus d’information
Composée pendant les années les plus difficiles de sa relation avec la cour d’Este, les Satires de l’Arioste sont connues pour la représentation qu’elles donnent de leur auteur comme un homme simple aimant la tranquillité et ne disant jamais rien que la vérité. Toutefois, cette représentation de l’auteur comme un homme incapable de mentir contredit directement la représentation des écrivains (incluant implicitement l’Arioste lui-même comme menteurs, avancée par saint Jean dans le chant 35 de son Orlando Furioso.) Cet article examine donc les relations qu’entretiennent les différents autoportraits qu’offre l’Arioste et cherche à dépasser l’opposition traditionnelle entre la satire comme forme du discours honnête — qui comprend l’autoportrait honnête de l’auteur —, et le discours épique comme mode de flatterie de cour.
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3526.Plus d’information
Étude sur un tableau de Sir Lawrence Alma-Tadema, acquis récemment par le Musée des beaux-arts de Montréal et intitulé Un marchand de sculptures (Opus xlix, 1867). L'auteur étudie l'accueil réservé par les critiques à l'oeuvre d'Alma-Tadema, de son vivant et après sa mort, afin de remettre dans son contexte historique la réévaluation actuelle de ses peintures. Étant donné qu'il s'agit d'une des premières oeuvres où Alma-Tadema exploite le thème de la vie quotidienne chez les anciens dans un décor à reconstitution archéologique, le tableau est d'abord examiné du point de vue de son sujet, soit le collectionneur ou le marchand d'oeuvres d'art dans la Rome antique. Un marchand de sculptures est la première d'une longue série de peintures portant précisément sur ce sujet et qui devaient valoir le succès à leur auteur. L'examen, tant du contenu archéologique que du style de l'oeuvre (en particulier son traitement de la profondeur spatiale) fait ressortir l'influence des peintres français « néo-grecs » du milieu du siècle, notamment de Gustave Boulanger et d'Ingres vers la fin de sa carrière, de même que la tradition flamande des tableaux de « cabinet d'amateur », plutôt que des peintres victoriens à qui l'on devait associer Alma-Tadema. On y voit que l'apport de l'artiste à l'interprétation de ce thème est de placer des personnages actuels, connus de l'époque, dans des décors de nature strictement archéologique, recréés à partir de toute une panoplie de sources originales étudiées in situ. Ces sources sont énumérées en fin d'article.
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3530.Plus d’information
Le comté de Terrebonne, situé directement au nord-ouest de la ville de Montréal, enjambe la zone de contact entre les basses terres du Saint-Laurent et le plateau accidenté des Laurentides. Dans la zone des basses terres s'étendent de vastes superficies de sols argileux fertiles dont la plus grande partie fut colonisée pour des fins agricoles dès le début du XIXe siècle. La terre arable de qualité est beaucoup plus rare sur les hautes terres du plateau. Seules les grandes vallées fluviales, particulièrement celles des rivières du Nord et du Diable, en rassemblent des étendues de quelque importance. Ces sols fertiles de vallée furent défrichés et convertis à l'agriculture tout au début de l'occupation du territoire. Quant aux parties du plateau offrant le moins d'intérêt, parce que dotées d'un relief assez rude, de sols sablonneux et d'une courte saison de croissance, elles firent également l'objet, durant la deuxième moitié du XIXe siècle, d'une colonisation vigoureuse sous l'impulsion de l'Eglise et de l'Etat. Les terres défrichées, généralement tout au plus propres à la culture de foin de médiocre qualité et au pâturage des moutons, furent progressivement abandonnées : vers la fin des années 30, la plus grande partie de ces terres étaient en voie d'être réoccupées par la forêt. Durant le dernier demi-siècle, et surtout depuis les années de la seconde guerre mondiale, le comté de Terrebonne s'est considérablement urbanisé. Alors que le plateau s'équipe rapidement de facilités pour la pratique des sports d'été et d'hiver et transforme son habitat villageois en des centres de services pour le tourisme, dans la plaine ont surgi, le long de la rivière des Milles Isles, de nombreuses « villes-dortoirs » où s'écoule le trop-plein de la main-d'oeuvre montréalaise. Ces changements ont transformé l'agriculture du comté : les superficies de terres cultivées ont diminué de 60% depuis 1921 dans l'ensemble du comté tandis que l'exploitation agricole est presque complètement disparue des Laurentides depuis la même époque.