Documents repérés
-
-
-
3544.Plus d’information
À la Renaissance, seule l’utilité biologique reconnue aux jeux de Vénus paraît conférer le droit de les pratiquer et d’en parler dans les traités médicaux en langue vulgaire. Mais le plaisir du texte, à l’instar du plaisir sexuel, peut se délier de l’utilité et conduire à savourer ces traités médicaux pour eux-mêmes ou à des fins immodestes, et non pour y puiser des connaissances. C’est ce que nous nous proposons d’examiner dans un corpus de textes médicaux en français du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle (Joubert, Cabrol, Ferrand, Duval) marquant une étape décisive dans l’histoire de l’émergence d’un savoir médical vernaculaire et traitant de sujets délicats comme la gynécologie et la génération. Cette littérature exhibe et exalte la complicité de la connaissance et du désir. Elle travestit l’observation médicale en possession sexuelle, en déclinant sur un mode plus rabelaisien l’image éthérée du Banquet de Platon, où l’amour guide l’âme vers la science.
-
3545.Plus d’information
En 1506, Érasme est le premier à traduire en latin des tragédies grecques entières, en l’occurrence deux tragédies d’Euripide, Hécube et Iphigénie à Aulis. S’il adopte pour l’Hécube une traduction vers à vers, il opte dans l’Iphigénie pour une traduction plus détaillée en veillant à produire dans la langue cible les effets de l’original. Dans son ouvrage sur L’Hécube d’Euripide en France, Bruno Garnier a montré comment la traduction latine d’Érasme a influencé la première traduction française de l’Hécube, attribuée à Guillaume Bochetel (1544). Cet article est consacré aux premières traductions de l’Iphigénie à Aulis et, en particulier, à celle de Thomas Sébillet qui se mesure à Érasme pour démontrer, contre Joachim Du Bellay, la capacité d’une traduction poétique à illustrer la langue française.
-
3548.Plus d’information
RÉSUMÉLa région étudiée s'étend entre les latitudes 56o00' et 57o00'N et va du littoral hudsonien jusqu'à la limite du territoire ennoyé par la mer de Tyrrell et un peu au-delà. Une seule direction générale d'écoulement glaciaire, de l'est vers l'ouest, est mise en évidence par une multitude de polis glaciaires, de drumlins, de roches moutonnées et de collines profilées. La vitesse de recul du front glaciaire est estimée à 108 m/année dans le secteur de la rivière Nastapoca d'après des mesures faites sur une courte et unique série de moraines de De Geer, tandis que des recherches antérieures ont permis de l'estimer à 150 m/année dans la région du lac Guillaume-Delisle, au sud de la région étudiée. Les vallées furent ennoyées par la mer de Tyrrell au fur et à mesure du retrait glaciaire et une grande partie du paysage de collines rocheuses resta émergée. La limite intérieure de l'invasion marine à la tête des vallées fut déterminée par l'emersion rapide simultanée au retrait glaciaire. Cette limite est marquée par une ceinture de sandurs-deltas et de deltas fluvio-glaciaires. L'altitude de la limite marine décroît d'ouest en est selon un gradient de 0,9 m/km pour la vallée de la rivière Nastapoca et selon un gradient de 0,64 m/km pour la vallée de la rivière à l'Eau Claire. Les différences d'altitude de la limite marine et les vitesses estimées de recul du front glaciaire permettent de calculer un taux d'émersion de 9.6-10 m/siècle pendant la déglaciation. Par ailleurs, l'altitude d'ensemble de la limite marine croît du nord au sud, passant de 185 m à 228 m d'un bout à l'autre de la région étudiée. L'âge de la déglaciation est estimé à 7300 BP dans les collines côtières de la rivière Nastapoca. Dans le bassin du lac à l'Eau Claire subsista un lac glaciaire retenu entre le seuil topographique actuel et le front glaciaire. Le rivage du lac avait déjà atteint son niveau actuel il y a 5050 BP, selon une datation sur une tourbe basale.
-
3549.Plus d’information
Cet article examine les allusions théâtrales et matrimoniales dans l'hagiographie de la « relique-tactile » du Christ au Xe siècle byzantin : le Mandylion. Selon la légende, le Mandylion aurait été créé au moment ou le Christ se serait lavé le visage et qu'une empreinte de son visage se serait ainsi déposée sur le tissu dont il s'était servi pour se sécher. Le Mandylion acquiert une grande popularité a Byzance et dans l'Orient chrétien. Il incarne la protection de Dieu envers son nouveau peuple élu, son immanence dans le monde matériel, et offre une ratification divine de l'art figuratif chrétien. Cet article avance l'hypothèse que l'arrivée du Mandylion a Edesse et son accueil dans la chambre du roi investissent le visage du Christ d'un potentiel puissant d'union avec Dieu. Cette potentialité se trouvait exprimée dans des termes que des Byzantins instruits auraient pu reconnaitre, avec des inversions viscérales du passe classique et du présent chrétien. Elle venait souligner également la légitimité du règne absolu de Constantin VII, par analogie avec le premier roi chrétien, Abgar d'Edesse.