Documents repérés
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451.Plus d’information
RésuméLa suite narrative rétrospective que nous livre Dassoucy de ses Aventures (1677) se donne comme un récit de survivance. L'auteur, plusieurs fois emprisonné et réputé mort, transpose dans son autofiction burlesque une partie des tribulations qui ont failli lui coûter réellement la vie, le ruiner et détruire sa réputation. La recomposition du passé, ordonné comme suite de disgrâces et des triomphes, favorise la réappropriation d'une estime de soi, associée à une méditation sur les ressorts intimes qui ont permis au héros-narrateur de résister à des épreuves mortifères. Toutefois cette résilience est incomplète et ambiguë : l'ironie libertine parasite le récit de survivance, et le retour manifeste d'un refoulé traumatique témoigne de l'insuffisante réparation des blessures d'une victime qui ne renonce pas aux bénéfices de la persécution et fait prévaloir la logique apologétique et polémique.
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457.Plus d’information
À l'exception de Blanchard, de Deffontaines, de Derruau et de Hamelin, peu de géographes ont étudié le rang, en particulier son origine. Parmi les études plus récentes, signalons celles de Harris et de Bélanger qui soutiennent l'un, que le rang aurait pu être implanté indépendamment de la tenure en fief, l'autre, qu'il fut la conséquence de faits d'organisation régionale d'ordre naturel et social. Le présent article a pour but d'éclairer le contexte premier d'apparition du rang dans la vallée du Saint-Laurent. Il propose une interprétation selon laquelle seigneuries et censives définissent un système original de partage des terres destiné à servir les fins d'une occupation rapide et totale du couloir laurentien, axe principal de pénétration vers l'intérieur. Amorcée dans la première moitié du XVIIe siècle, l'implantation du rang sera suffisamment complétée en 1663 pour résister aux changements politiques ultérieurs.
Mots-clés : Géographie historique, rang, seigneurie, censive, village, vallée du Saint-Laurent, province de Québec, Historical geography, rang, seigneurie, roture, village, Saint Lawrence Valley, province of Québec
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458.Plus d’information
Dans cet article, nous nous penchons sur deux caricatures françaises du XVIIIe siècle et sur leurs différents tirages parus au courant des XVIIIe et XIXe siècles : Triomphe des Arts Modernes ou Carnaval de Jupiter, d'auteur inconnu, et L'Assemblée de Brocanteurs, attribuée au comte de Caylus. Empruntant aux méthodologies des études de la culture matérielle et visuelle, nous examinons la signification cachée du geste éditorial qui consiste à produire de nouveaux tirages de ces plaques de cuivre, geste riche de similarités avec la nature même de la satire et avec la matérialité de l'estampe. En déchiffrant l'iconographie dense de chaque image et en examinant les différences dans le fonctionnement de chaque estampe selon la date du tirage, nous traitons de la tendance de ces caricatures à citer de façon parasitique les cibles de leurs attaques. Par ailleurs, nous mobilisons l'interprétation de Miriam Hansen de l'essai de Walter Benjamin, « L'Oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique », afin d'analyser l'importance de la matérialité de l'estampe par rapport au statut de chaque nouveau tirage et de réfléchir aux notions d'« image » vs « chose », et d'éloignement vs proximité.
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459.Plus d’information
En raison de sa position stratégique, mais aussi de sa valeur symbolique (Québec métaphore du Québec), la Vieille Capitale figure comme LA ville en état de siège, de l'époque de Champlain à nos jours. C'est ce curieux destin de cible et de victime, mais aussi de forteresse inexpugnable ou d'héroïne nationale que l'on évoque ici. La réflexion est menée à partir d'un certain nombre de chroniques et poèmes relatant les principales attaques dirigées contre Québec aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s'agit des trois campagnes suivantes : 1628-1629 (par les frères Kirke), 1690 (par William Phips) et 1711 (par Honvenden Walker).