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673.Plus d’information
L'article examine le discours religieux sur le roman tel qu'il se manifeste dans un roman édifiant de la fin du xviiie siècle, Le Comte de Valmont, ou les égarements de la raison (1774), de l'écrivain antiphilosophique Philippe-Louis Gérard (1737-1813). Ce roman épistolaire est une des rares oeuvres de l'époque à critiquer aussi violemment le genre romanesque. Loin de se cantonner aux traditionnelles attaques sur la moralité du roman, la critique de Gérard insiste particulièrement sur les effets pernicieux de l'imagination telle que l'exploite le roman, laquelle opère une distorsion dans l'esprit du lecteur qui en vient à confondre le réel et l'imaginaire. Pour Gérard, l'imagination est ainsi non seulement la source des passions, mais également l'ennemie de la raison qui seule peut atteindre la vérité, c'est-à-dire les dogmes fondamentaux du christianisme. En mettant de l'avant une conception de l'imagination réduite à une puissance qui égare la raison, Gérard s'oppose à une longue tradition de penseurs qui, d'Aristote à Pascal en passant par Montaigne et François de Sales, ont réservé à l'imagination une place légitime dans les processus cognitifs. Son roman Le Comte de Valmont manifeste ce rejet complet de l'imagination par l'exploitation d'une poétique de la raison : l'oeuvre est structurée en fonction des thèmes abordés et des discussions philosophiques et théologiques qui sont les véritables moteurs de l'action dans le roman. Le cas de Gérard permet ainsi de constater que le débat sur le roman doit être envisagé comme une partie intégrante de débats plus larges, qui mettent en cause le potentiel cognitif de la fiction narrative et, plus généralement, le rapport de l'homme à la vérité.
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674.Plus d’information
À l'heure où les artistes visuels autochtones (Premières Nations, Inuits et Métis) se détachent de la « politique de l'identité », les artistes allochtones (d'ascendance européenne) font de plus en plus souvent référence dans leurs oeuvres à des questions en lien avec l'autochtonie. Cet article examine certaines de ces questions en établissant trois dialogues entre le travail d'un artiste autochtone et d'un artiste allochtone vivant au Québec : l'exploitation industrielle des territoires autochtones dans le Nord du Québec, par l'Algonquine Nadia Myre et l'artiste d'origine suisse Thomas Kneubühler ; les nouvelles attitudes et comportements générés par la société d'hyperconsommation, par l'artiste laich-kwil-tach Sonny Assu et le collectif BGL ; les relations entre Autochtones et colons durant le régime colonial français, chez l'artiste innue Sonia Robertson et l'artiste montréalaise Cynthia Girard. Bien que l'autochtonie, à travers ces trois dialogues, apparaisse comme une question partagée par les artistes actuels autochtones et allochtones, à aucun moment il n'est possible d'établir une équivalence entre les uns et les autres. Alors que chez les artistes allochtones l'autochtonie est traitée comme un motif secondaire, passant parfois inaperçue aux yeux des critiques d'art, elle constitue toujours le thème central des artistes autochtones chez qui elle s'ancre dans le destin, souvent tragique, de leur communauté.
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675.Plus d’information
Parmi les nombreux écrits polémiques publiés au cours de la première moitié du xviie siècle, quelques-uns font appel à une persona féminine fictive, qui assume la responsabilité du discours politique que le pamphlet cherche à diffuser. Ainsi la Responce de Dame Friquette Bohëmienne (1615) et les Admirables sentiments d'une fille Villageoise (1649) reposent-ils sur l'ethos d'une femme de condition modeste, attentive aux événements de son époque et investie d'une mission tout à fait étrangère à sa condition sociale : convaincre un personnage en vue de l'amener à modifier son action politique au nom du bien de l'État. En dépit de leurs différences de tonalité et de visée délibérative, ces deux textes font entendre la voix d'une simple femme dotée d'une forme de « clairvoyance » politique, même si sa compétence en matière d'affaires publiques est censément fort douteuse. À travers le caractère paradoxal d'une telle prise de parole se révèlent certaines des postures énonciatives qui sont attribuables aux femmes en cette époque de modernité naissante.
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676.Plus d’information
Depuis sa fondation en 1622, la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide fut l'organisme du Saint-Siège qui avait sous sa responsabilité l'Amérique du Nord. Ses archives, récemment inventoriées d'une façon systématique pour la première fois, montrent que l'histoire des relations entre l'Amérique du Nord et le Saint-Siège présente deux coupures importantes : la première se situe dans les années 1650-1660 et correspond à la fin de la Huronie; la seconde apparaît dans les années 1770-1780 et coincide avec l'époque des révolutions nord-américaines.
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677.Plus d’information
L'article montre qu'une norme de gouvernance est une convention du jeu de la gouvernance ; que cette convention est efficace au sens de Pareto; et, enfin, que la norme de gouvernance est une norme de légitimité au sens de l'éthique utilitariste. Ainsi, il montre en principe que les exigences de légitimité au sein d'une entreprise ou d'une organisation peuvent être justifiées, non seulement auprès des lecteurs disposés à admettre des principes éthiques a priori, mais encore auprès de ceux pour qui la recherche du profit est le seul objectif auquel une entreprise doit être astreinte.
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680.