Documents repérés
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832.Plus d’information
Cette note décrit le fonctionnement du service de médecine interne d'un hôpital de référence du Grand Nord du Cameroun. Nous nous intéressons spécifiquement aux rondes, ce rituel qu'on retrouve dans la plupart des hôpitaux et qui n'a cependant pas vraiment bénéficié de l'attention des anthropologues. Le but de cette note est de montrer comment la maladie (disease) y est faite (enact) à travers une façon particulière de « voir », d'« écrire », de « parler ». Ce faisant, nous rapportons des éléments d'observations qui rendent pertinente l'étude de la médecine en tant que pratique nécessairement « située ».
Mots-clés : Tantchou, ronde, malades, « voir », Cameroun, Tantchou, Ward Rounds, Patients, « Seeing », Cameroon, Tanchou, « ronda », enfermos, « ver », Camerún
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833.Plus d’information
Cet article propose une réponse à la critique adressée par G. Agamben, dans Le Règne et la Gloire (2008), à la généalogie foucaldienne de la gouvernementalité. En cherchant dans la pensée chrétienne des premiers siècles la matrice d'une conception nouvelle du pouvoir comme gouvernement des hommes — « économie » ou conduite des âmes —, Foucault aurait méconnu la signification proprement théologique, au sein du dispositif trinitaire, du mot oikonomia. Nous voudrions montrer, à partir d'une relecture du 2e Discours (362) de Grégoire de Nazianze (329-390), dont Foucault tire le concept d'une « économie des âmes », que cette idée ne présuppose nullement la référence au schéma trinitaire et renvoie bien davantage au modèle du « patronage » romain, couplé à la figure sacerdotale du bon berger. Cette analyse conduira, en outre, à rappeler le lien de la « direction des âmes » avec le paradigme médical.
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835.Plus d’information
RésuméParsons a mené deux analyses parallèles du système d'action qu'est le rapport médecin/patient. La plus connue, celle qui a donné lieu à des études psychosociales empiriques, enumere les orientations normatives des rôles de patient et de médecin. La moins connue étudie le rapport clinique lui-même, plutôt que les orientations normatives des acteurs, qui le constituent selon le schéma ÁGIL. Parsons n'a pas abandonné l'une de ces analyses au profit de l'autre au cours de sa longue carrière. Lorsque sa définition des rôles de patient et de médecin est attaquée, il ne renvoie pas le critique à ses travaux les plus récents, comme dans plusieurs de ses réponses à ses nombreux détracteurs, il préfère défendre ses propositions premières. Dans ce texte, nous cherchons à unir dans un seul ensemble conceptuel les analyses parsoniennes des rôles de médecin et de patient et du rapport clinique. Puisque les orientations normatives de ces rôles sont définies par les variables structurelles, tandis que le rapport clinique est analysé selon le schéma ÁGIL, deux grandes périodes du développement de la pensée de Parsons sont invoquées. Leur unité passe cependant par une conception unique de l'action sociale comme une dynamique que l'on retrouve à l'origine des travaux théoriques de Parsons.
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837.Plus d’information
RésuméRÉSUMÉEntre politiques du vivant et politiques de la vie. Pour une anthropologie de la santéDu point de vue de l'anthropologie, la santé est tout à la fois autre chose et bien plus que l'envers de la maladie. Elle est un rapport entre l'être physique et psychique, d'un côté, le monde social et politique, de l'autre; rapport qui n'est pas un donné physiologique ou sensible, mais l'expression d'une construction historique. L'objet de l'anthropologie de la santé réside donc dans les biologiques, c'est-à-dire les logiques sociales qui mettent les corps à l'épreuve du politique. Après avoir esquissé un tableau de l'anthropologie médicale dans sa diversité, mais aussi ses permanences, on se propose de caractériser l'anthropologie de la santé. Deux orientations sont explorées : la première relie les processus d'objectivation et de subjectivation à l'œuvre, dégageant plus particulièrement la centralité du concept de bio-légitimité; la seconde analyse les modalités de la globalisation de l'ordre sanitaire, en s'interrogeant sur sa signification, notamment autour de l'émergence d'une raison humanitaire. La conclusion propose une synthèse entre politiques du vivant et politiques de la vie.Mots clés : Fassin, anthropologie de la santé, anthropologie médicale, biopolitique, subjectivation, globalisation, raison humanitaire
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838.Plus d’information
RésuméRÉSUMÉL'inhumanité de la bioéthique dans l'espace public françaisLa bioéthique est née en France au tournant des années quatre-vingt. Les Avis du Comité Consultatif National d'Éthique publiés à partir de 1984 et les lois dites de bioéthique promulguées en 1994 en constituent le noyau théorique. Un anthropologue s'efforce dans cet article de repérer les différentes orientations intellectuelles qui se croisent dans ce corpus de textes normatifs, d'en caractériser le style et d'en contextualiser la lecture en travaillant sur deux registres : la généalogie des concepts dans la tradition philosophique et les faits significatifs dans l'histoire récente des institutions médicales et de la sensibilité collective. Cette lecture critique fait ressortir l'influence du positivisme dans la bioéthique à la française, la primauté des questions de téléologie - le respect de la vie, l'avenir de l'espèce humaine et la désaffection, jusqu'à une date très récente, pour toute approche mettant en jeu la subjectivité et la sensibilité des personnes.Mots clés : Zimmermann, bioéthique, corps humain, droit naturel, positivisme, France
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840.Plus d’information
RésuméSi le recours à l'éponyme est un procédé de formation de termes très productif dans certains domaines, il reste néanmoins un phénomène très peu étudié par les linguistes et, plus particulièrement, les terminologues qui semblent renvoyer la balle à la logique. D'autre part, à en juger par les invectives fréquentes contre les éponymes, ils n'ont, dans l'ensemble, pas bonne presse chez les utilisateurs de la langue. Cependant, envisagée par rapport à des domaines particuliers, la situation paraît beaucoup plus nuancée. En médecine, par exemple, ils rencontrent beaucoup d'hostilité parce qu'ils sont perçus comme des facteurs perturbateurs de la terminologie du domaine, pour l'essentiel transparente puisque largement fondée sur la composition savante. En histoire naturelle, ils sont plutôt bien intégrés et forment même l'ossature du système binominal de Linné, alors qu'en physique (et en mathématiques), ils ne semblent pas susciter de sentiment particulier. Mais si le procédé se maintient dans ce climat a priori défavorable, c'est d'abord parce qu'il étend considérablement la capacité de dénomination des langues naturelles en mettant à leur disposition tout le répertoire des patronymes en nombre quasi illimité. Son maintien s'explique aussi par le fait qu'il participe au processus de régulation interne de la science en permettant à celle-ci de reconnaître les mérites des siens.