Documents repérés
-
162.
-
163.
De la Mégère apprivoisée au Roman de Julie Papineau. Origines d'un rituel du mariage franco-ontarien
Plus d’informationJean-Pierre Pichette ajoute un deuxième chapitre à son étude d'une sanction rituelle du mariage franco-ontarien et il se met en quête de l'origine de la « danse sur les bas ». Comme cette tradition est attestée dans les recoins de la francophonie d'Amérique et inconnue des populations anglophones, il se tourne naturellement vers la France. Bien que, là aussi, des expressions métaphoriques et de nombreuses pratiques stigmatisent l'aîné devancé dans le mariage par son cadet, rien de comparable aux rituels canadiens-français. Explorant alors la filière britannique, il débusque, depuis la danse pieds nus de La Mégère apprivoisée de Shakespeare jusqu'à la danse dans l'auge décrite par des folkloristes et des curieux au xixe siècle, des parallèles de la plupart des variantes qui ont cours en Amérique française. Cette constatation l'amène à s'interroger sur le cheminement probable de cette coutume, dans laquelle les Bretons, les Celtes français, auraient pu jouer un rôle déterminant de diffuseurs au temps de l'émigration française au Canada. Sans découvrir chez eux les formes qui manifesteraient ce rôle, l'auteur relève néanmoins dans le personnage du baz-valan, ou entremetteur de mariage, de nombreux indices qui appuient son hypothèse : son statut de célibataire, le port de bas colorés et dépareillés dans l'accomplissement de sa charge, et la danse avec la mariée comme récompense. Si l'influence celtique est certaine, son lieu, en France ou au Canada, reste à déterminer.
-
164.Plus d’information
L'objectif de cet article est de rendre compte du lent dévoilement du travail des agricultrices. Il s'agit plus précisément de comprendre pourquoi leur travail peut demeurer encore invisible, voir dénié et dans quelles situations il peut acquérir une visibilité. L'hypothèse que nous soutiendrons est que c'est surtout dans leurs manières d'accéder à leur métier et dans les manières de travailler qui découlent de son organisation dans leurs exploitations, que réside l'invisibilisation de leur travail comme sa mise en visibilité. Nous nous appuyons pour cela sur l'analyse du travail d'une trentaine d'agricultrices de Bretagne et d'Aquitaine. Nous examinons d'abord ce qui distingue les parcours professionnels de ces agricultrices. Nous analysons ensuite comment ces parcours se traduisent dans l'organisation de leur travail. Dès lors, nous nous interrogeons sur les implications identitaires de leurs manières de travailler.
Mots-clés : travail, métier, identité, genre, agriculture, work, labour, professional identity, gender, agriculture
-
165.Plus d’information
En France, l'augmentation de l'effectif des goélands argentés et leucophées au XXe siècle sur le littoral atlantique et le littoral méditerranéen (Larus argentatus ; Larus michahellis) s'accompagne de leur expansion hors de leur site d'origine et d'une nidification dans les milieux urbains. Elle entraîne des conflits entre l'être humain et l'oiseau, d'abord avec les gestionnaires des espaces naturels et les conchyliculteurs puis avec les citadins qui se plaignent des nids sur leurs toits. Dans les années 1990, les municipalités mettent en place des dispositifs de gestion afin de contrôler le nombre de goélands en ville. L'article s'intéresse à la manière dont s'est construit ce « problème goéland » en France. Il étudie comment le goéland protégé par la loi et apprécié des habitants est devenu un oiseau contrôlé et régulé, considéré gênant et envahissant par les scientifiques et les citadins. Il s'agit de comprendre l'évolution des représentations du goéland et d'analyser comment les scientifiques, les gestionnaires et les municipalités se sont saisis de cette dynamique de populations de l'oiseau et de ces conflits entre humains et animaux. L'article permet de souligner l'importance de développer des recherches sur les communautés hybrides, constituées d'humains et de non-humains, afin que puissent coexister durablement sur un même territoire les Hommes et les goélands (Gramaglia, 2010).
Mots-clés : goéland, gestion, conflits, représentation, France, seagulls, management, conflicts, representation, city dwellers, France
-
166.Plus d’information
L'article pose la question de la gestion par le collectif des pressions engendrées par la dynamique de développement local sur les ressources des territoires insulaires de la mer d'Iroise, l'île d'Ouessant, l'archipel de Molène et l'île de Sein. Une enquête de terrain a permis de réaliser 55 entretiens semi-directifs auprès de trois publics : porteurs d'activités, élus, gestionnaires; 254 questionnaires, dont 116 auprès des habitants et 138 auprès de touristes, ont apporté des informations quantitatives sur la mobilisation des ressources territoriales. Pour l'essentiel, celles-ci viennent de la mer. Elles sont halieutiques certes, mais aussi paysagères, voire plus globalement géographiques, au sens où la vie insulaire constitue, en tant que cadre de vie, un facteur d'attractivité, pour le moins le moteur de la fabrique identitaire et de fait, sociétale. Les ressources sollicitées aujourd'hui dans le cadre du développement local sont à la fois des ressources naturelles, sociales, spatiales et financières. Les pressions qui s'exercent sur le territoire s'expriment sous deux formes principales : la secondarisation de l'habitat et la disponibilité foncière en général, d'une part; la concurrence sur les ressources halieutiques, d'autre part. L'élément clé identifié sur le territoire concernant la gestion de ces ressources, est une difficulté de communalisation c'est-à-dire d'organisation des acteurs dans le but de gérer les ressources collectivement. Les organismes de conservation du milieu marin ne semblent pas actuellement parvenir à infléchir significativement la gestion des ressources, mais ils représentent un outil, éventuellement une ressource territoriale sous-exploitée, en faveur de ce processus de communalisation.
Mots-clés : insularité, ressources communes, aire marine protégée, cadre de vie, insularity, common resources, marine protected area, living environment
-
167.Plus d’information
Débattre des reconfigurations des liens sociaux et territoriaux dans l'agriculture urbaine constitue un champ classique d'analyse autour des questions suscitées à l'échelle mondiale en ce début de XXIe siècle comme la détérioration de l'environnement et de la biodiversité animale et végétale, le dérèglement climatique, l'épuisement des ressources et la précarisation économique des populations. Mais cette question ne s'est jamais posée avec une telle acuité que depuis le début de la pandémie liée au coronavirus. À la faveur du confinement et d'une ethnographie inédite recueillie dans l'ouest de la Sarthe, cet article mobilise la notion de désordre empruntée à Gregory Bateson qui entre directement en résonance avec une photographie du rayon oeufs prise dans une GMS (Super U) le 27 mars 2020. Avec cet arrêt sur image, je souhaite renverser la focale en partant non pas des acteurs mais des objets, et déjouer certaines illusions où le végétal issu du travail de la terre serait l'unique prisme pour penser et « ordonner » notre conception de l'agriculture urbaine. Loin de la ville prise comme un invariant normé du fait de sa population, de son urbanisation et du type d'activité, l'oeuf et la poule de réforme dévoilent de façon subtile, à travers les catégories vernaculaires, d'autres temporalités, d'autres vécus et investissements affectifs aux objets et aux espaces qui réarticulent nos repères et nos règles communes et qui rendent compte de considérations d'ordre écologique, économique, social et politique jusqu'alors inconnues.
Mots-clés : Écologie des catégories, confinement, ordre/désordre, SARS-CoV-2, dysbiose, Ecology of Categories, Egg/Cull Hen, Confinement, Order/Disorder, SARS-CoV-2, Dysbiosis
-
168.
-
169.Plus d’information
RÉSUMÉCe texte présente une revue des études de démographie génétique réalisées au Québec dans un contexte médical — c'est-à-dire consacrées à des populations d'individus atteints de pathologies transmises héréditairement — et spécialement des travaux comportant une analyse des généalogies ascendantes de ces individus. L'objectif général de ces études est de comprendre et d'expliquer la dynamique démographique qui sous-tend l'origine et la diffusion des gènes responsables des maladies héréditaires dans la population canadienne-française du Québec. Leurs conclusions concernent principalement la présence ou l'absence d'un effet fondateur, l'existence d'une consanguinité de type rapproché ou éloigné et l'origine possible des gènes délétères chez les fondateurs de la population. Ces facteurs sont mis en relation avec les caractéristiques du peuplement du Québec et de certaines de ses régions.
-
170.