Documents repérés
-
351.Plus d’information
Si les androïdes rêvent de moutons électriques, les réplicants lisent-ils des romans analogiques ? Dans l'univers dystopique de science-fiction de Blade Runner 2049 (2017), la littérature joue un rôle complexe. En particulier, le film s'engage à plusieurs niveaux avec le roman Pale Fire (1962) de Vladimir Nabokov. Un exemplaire relié du livre apparaît dans une scène, et il est cité et référencé dans d'autres. Ces apparitions sont comme les clés métafictives d'un modèle de significations possibles, à travers lesquelles le film incarne et réfléchit à sa méthode de reproduction d'archives. En passant du codex à l'écran et aux supports holographiques, le film réanime ses sources, met en scène l'affinité entre les textes littéraires et la vie incarnée, et suggère que la littérature peut être un vecteur de résistance au contrôle techno-capitaliste des archives.
-
352.
-
354.Plus d’information
Cet article examine les exposés des faits exigés des demandeurs d’asile aux États-Unis. Fondé sur la participation d’universitaires des domaines de la narratologie et de la littérature, cet article soutient que la « narration d’une histoire » constitue une exigence implicite du processus de demande d’asile aux États- Unis, et que les histoires des demandeurs d’asile sont évaluées d’après leur véracité sur la base de critères conformes aux normes de véracité utilisées dans le domaine littéraire. Il examine les conséquences de l’application de normes littéraires de véracité à des histoires de demandeurs d’asile, et explore les différents cas de figure dans lesquels l’histoire « vraie » rapportée par un demandeur d’asile peut ne pas être reconnue comme telle.
Mots-clés : political asylum, United States political asylum
-
356.Plus d’information
Les émissions de téléréalité sont révélatrices d'une certaine conception de la femme, même si elles ne se réclament d'aucun féminisme. Les stéréotypes de la « féminité », c'est-à-dire un ensemble d'attentes concernant la façon dont les femmes doivent se comporter en public comme en privé, y sont sur-représentés, sur un mode quasi pornographique. Cette « quasi-pornographie » a pour fonction de favoriser l'acquisition de la norme d'internalité, c'est-à-dire celle par laquelle la fillette intériorise les critères de réussite et se les approprie, sur la base de la présentation de soi telle qu'elle est renforcée par la téléréalité – le modèle étant la vedette ou son avatar, la Lolita. Ces émissions participent ainsi de la surveillance sociale, surveillance-spectacle qui s'appuie sur l'intérêt des jeunes filles pour les mécanismes d'inclusion et d'exclusion sociale, qui influent sur la constitution de leur identité personnelle. Elles tendent à favoriser le discours féminin, perçu comme en phase avec le modèle télévisé commercial et la notoriété des marques et à évacuer le discours féministe, potentiellement critique à l'égard des pratiques, des déplacements et des dépendances véhiculées par le média. Il se dégage la nette impression d'une régression sur les acquis antérieurs des mouvements sociaux féministes et d'un grand désarroi des représentations collectives devant la précarité de l'émancipation. Cette difficulté à pérenniser les gains place les nouveaux enjeux du féminisme dans l'articulation entre libération des sexes et différence des générations.
-
357.Plus d’information
RésuméFéru de littérature russe, Paul Morand a été tout spécialement marqué par sa lecture de Dostoïevski. Si Gogol, Tourgueniev et Tolstoï l'ont ramené vers la tradition du réalisme balzacien, l'auteur du Journal d'un écrivain l'a influencé sur un plan qui dépasse la littérature. À preuve, un essai qui occupe une place discrète dans l'oeuvre de Morand, mais qui constitue un filon de premier ordre : L'Europe russe annoncée par Dostoïevski (1948). Cet article se propose d'examiner l'importance de Dostoïevski à travers le contexte moral dans lequel Morand a élaboré ses grands récits d'après-guerre, tels Le flagellant de Séville et « Le dernier jour de l'Inquisition ».
-
358.Plus d’information
Cet article étudie l'intérêt de l'autobiographie pour mettre en lumière la convergence conceptuelle du sujet, du lieu et du récit. L'auteur examine trois approches des rapports sujet-écrivain, lieu et écriture propres à la géographie littéraire, en montrant que ces trois éléments y sont rarement considérés sur un pied d'égalité conceptuelle. Il préconise une conception riche du sujet (qui ne nie pas les facteurs qui le traversent), active du lieu et médiatrice du récit. Le cas de Charles Bukowski (1920-1994), écrivain californien dont l'oeuvre est autobiographique à divers degrés, sert à illustrer les rapports mutuellement constitutifs de ces trois notions. L'autobiographie, littéraire ou non, permet de donner un contenu concret à cette convergence théorique et méthodologique.
Mots-clés : Bukowski, autobiographie, lieu, récit, sujet, Bukowski, autobiography, place, narrative, subject, Bukowski, autobiografía, lugar, relato, sujeto
-
359.Plus d’information
Le film Zift (Javor Gardev, 2008), qui met en scène l'époque du totalitarisme bulgare, refuse les postulats et les procédés d'un discours d'inspiration réaliste revendiquant ou imitant l'authenticité du document historique. Au langage impersonnel du reportage, Zift substitue la représentation outrancière d'un parcours initiatique. En plaçant sa narration dans la perspective faussement naïve d'une expérience individuelle, le film brouille les images d'un savoir banalisé, fondé sur les lieux communs et les certitudes apprises. Au mépris des conventions génériques, Zift subordonne la réalité communiste qu'il représente au code normatif du film noir. Sur l'arrière-fond de cette alliance inédite, le récit filmique déploie ses métaphores sous-jacentes : autant de symboles incarnant les rouages du système totalitaire, inséparable du scatologique, de l'absurde et du grotesque. Au coeur de cette insolite contextualisation de l'espace totalitaire, Zift semble chercher le principe générateur de l'histoire, pour l'émanciper d'un passé définitivement replié sur lui-même.
-
360.Plus d’information
RésuméCet article consiste en un examen des tenants et aboutissants des écritures hypertextuelles en mode narratif au XXe siècle. Y sont successivement analysées les limites de l'hypertextualité (par rapport aux notions d'intertextualité, de métatextualité, d'architextualité et de paratextualité) et ses conséquences pour le sujet-écrivant comme pour la société qui accueille et consomme ces productions particulières. L'enquête vise ainsi à ébaucher un panorama des implications poétiques, socio-psychologiques, socio-historiques et épistémologiques de l'activité de réécriture hypertextuelle — sans pour autant négliger sa dimension proprement esthétique.