Documents repérés
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391.Plus d’information
Les romans Vengeance du traducteur et Les Nègres du traducteur, de Brice Matthieussent et de Claude Bleton respectivement, se jouent des hiérarchies traditionnelles entre auteur et traducteur, original et traduction, illustrant chacun par leur intrigue et leur trame un visage parfois méconnu de la traduction, celui de la traduction déviante, subversive et transgressive, néanmoins propice à un questionnement sur son statut générique et son rapport à l'écriture princeps.
Mots-clés : traducteur, auteur, subversion, transgression, métalepse, translator, author, subversion, transgression, metalepse
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392.Plus d’information
Puisant dans divers fonds d'archives, cet article examine les récits discordants et conflictuels que font entendre les brouillons de la traduction italienne de Blooms of Dublin, adaptation scénique et musicale de l'Ulysse de James Joyce par Anthony Burgess (1986), dont plusieurs fonds conservés aux Archives de la Fondation Anthony Burgess, au Harry Ransom Center et aux Archives du Teatro Verdi de Trieste permettent de retracer la genèse. En examinant les traces archivistiques de ce travail collaboratif, projet inachevé et inaccessible en dehors des archives, nous souhaitons reconstituer les méthodes de travail adoptées ici par Burgess, mais aussi jeter les bases de recherches à venir sur sa conception et sa pratique de la traduction. Notre analyse des versions contradictoires qui se dégagent des archives, et de l'échec final de cet ambitieux projet collectif, vise d'une part à apporter un éclairage nouveau sur la dynamique qui sous-tend la traduction (ou l'auto-traduction) collaborative (Hersant, 2017, 2020; Manterola Agirrezabalaga, 2017; Huss, 2019; Rulyova, 2020; Verhulst et al., 2021), et d'autre part à faire ressortir les difficultés que présente, pour la génétique des traductions, l'étude de documents conservés dans des collections dispersées.
Mots-clés : diasporic archives, collaborative (self)translation, translation drafts, Anthony Burgess, archives dispersées, (auto)traduction collaborative, brouillons de traductions, Anthony Burgess
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394.Plus d’information
Afin d'analyser le projet littéraire de Sami Tchak, cet article se propose de voir dans le genre de l'art d'aimer un modèle heuristique qui prend la forme de discours et de récits relatifs à la sexualité, fondés sur une orientation didactique. Dans Place des fêtes, Hermina, Le Paradis des chiots et Filles de Mexico, ce dispositif se structure à partir de figures féminines résolument affranchies qui, pour certaines d'entre elles, se constituent en maîtresses d'amour. Dans leur confrontation avec des logiques aliénantes, les paroles et les trajectoires de ces personnages configurent une somme de réflexions quant aux fonctions et aux usages de la littérature.
Mots-clés : Sami Tchak, art d'aimer, didactique, magistère érotique féminin, fiction, apologue, fonctions et usages de la littérature
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395.Plus d’information
Cet article relate le voyage à Tulsa qu'a fait l'auteur dans le cadre d'un congrès sur Bob Dylan, et qui l'a mené jusqu'aux archives Naipaul de l'Université de Tulsa où il a vécu une rencontre fulgurante avec la figure fantomatique de Patricia Hale. Cette dernière devient le point de départ d'une réflexion personnelle sur l'accompagnement littéraire et ses vicissitudes quand il est question de voix narratives minorées. En s'appuyant sur les photographies et les journaux de la première épouse de V.S. Naipaul, l'auteur tente ainsi de retracer sa voix dans son absence et sa réticence même, soit dans l'écriture de son mari et jusque dans la sienne qui prenait une forme autobiographique. Ce faisant, l'auteur poursuit sa réflexion sur la notion du dédicataire et la fonction de l'Idéal dans sa relation au soin, sujets déjà explorés dans ses écrits passés, et s'interroge, dès lors, sur sa propre pratique essayistique ainsi que sur l'idée d'une parole ventriloquée.
Mots-clés : Voix, soin, accompagnement, maladie, ventriloquie, absence, dédicataire, voyage, Patricia Hale, V.S. Naipaul, Bob Dylan, Voice, care, accompaniment, illness, ventriloquism, absence, dedicatee, travel, Patricia Hale, V.S. Naipaul, Bob Dylan, Voz, cuidado, acompañamiento, enfermedad, ventriloquia, ausencia, dedicatario, viaje, Patricia Hale, V.S. Naipaul, Bob Dylan, 声音, 关心, 陪伴, 疾病, 腹语, 缺席, 受赠者, 旅行, 帕特里夏·黑尔, V.S. 奈保尔, 鲍勃·迪伦
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396.Plus d’information
L'intrigue de Menaud, maître-draveur repose sur un acte de lecture, celui de la fille de Menaud, Marie, qui lit à son père Maria Chapdelaine. L'effet de ce texte est si grand que Menaud, comme Emma Bovary ou Don Quichotte, comprend ce récit comme s'il était la vérité historique. Il s'y identifie de telle sorte qu'il ne reconnaît plus les signes et leurs référents. Il prend alors la figure de ce « mauvais lecteur » telle qu'élucidée par Maxime Decout. Dans cette scène de lecture complexe, Menaud en vient à « perdre le nord » et à perdre tous ses moyens, laissant voir l'impensé de l'Histoire et de son histoire.
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399.Plus d’information
L'antiphonaire d'Hubert Aquin donne corps, d'une manière paradoxale, à une poétique du silence, et ce par le truchement du personnage essentiellement muet de Jean-William Forestier. Ce faisant, le romancier surmonte la principale aporie rencontrée par sa réflexion théorique du début des années 1960 : le silence, envisagé de longue date par celui-ci comme posture politique dictée par la situation québécoise, pourrait ainsi déboucher sur autre chose qu'un retrait de la littérature. Mais la figure de Jean-William sert aussi à thématiser dans la diégèse une possession que Christine Forestier, principale narratrice, désigne comme principe organisateur de son écriture « désordonnée ». Cette figure sera mise en rapport avec les zâr de Gondar étudiés par Michel Leiris ainsi qu'avec le personnage d'Hamlet. On en conclura que L'antiphonaire est une Apocalypse au sens de Derrida, et qu'il explicite, pour Aquin, une manière de réconciliation avec la possibilité de la littérature.