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102631.Plus d’information
RésuméDéjà, à deux reprises avant la Deuxième Guerre mondiale, la marine marchande du Canada s'était effondrée devant le conflit entre les conceptions de l'empire et celles des intérêts commerciaux. En effet, une fois passée l'ère de la voile, le pays qui avait abrité une marine marchande prospère avait connu un déclin comme nation maritime. La plus grande partie de la flotte marchande qui a survécu a navigué sous pavillon britannique, tout en employant équipages et officiers britanniques. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada a reconstruit sa marine marchande. Au terme de la guerre, État, travailleurs et entrepreneurs ont tous appuyé la formation d'une politique maritime qui préserverait la capacité de transport développée depuis 1939.Mais ces efforts pour maintenir la flotte n'ont pas fait le poids devant l'impact destructeur d'une politique contradictoire du commerce national, de l'absence d'un marché international d'expédition où régnerait le laissez-faire, de la montée des tensions relatives à la Guerre froide et du problème singulier des échanges avec le bloc sterling. La chronologie et la nature de cet écroulement furent typiques du Canada. Les barrières à la convertibilité de la monnaie d'échange, les restrictions de cargaison et les coûts élevés du travail et de la production se sont avérés des obstacles formidables. Vis-à-vis d'eux, les représentants de l'État canadien détenaient peu de pouvoir. La combinaison de ces éléments aide mieux que la thèse d'une main invisible à expliquer pourquoi les propriétaires de vaisseaux canadiens ont ouvert la voie de l'abandon du drapeau national et pourquoi l'État les y a aidés. Ainsi, la mort de la marine marchande ne devrait plus être attribuée uniquement au militantisme syndical et au coût de la main-d'oeuvre.
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102632.Plus d’information
À travers une analyse critique de la théorie économique des entreprises et de ses idiomes, cet essai appelle au développement d'une théorie plus riche et plus inclusive qui profite de l'expérience des trois dernières décennies et qui répond mieux aux besoins d'un monde post-Enron et post-AIG.L'auteur identifie plusieurs défauts de la théorie économique des entreprises. Premièrement, l'interprétation contractualiste néglige le rôle du droit et de la politique publique dans les entreprises. Deuxièmement, l'utilisation du prix des actions comme mesure de performance des entreprises ainsi que les pratiques telles que le rachat d'actions ont des conséquences importantes pour la compétitivité et la viabilité des entreprises. Troisièmement, il n'y a pas assez d'attention accordée aux distinctions caractéristiques et normatives entre la dette et les actions ainsi que l'encouragement indirect de la dette. Quatrièmement, le fait de traiter l'achat hostile comme étant essentiellement la seule solution à la question de l'enchâssement des cadres est problématique. Le problème du pouvoir des gestionnaires doit être revu à la lumière des faits sur le pouvoir des gestionnaires et sur l'efficacité des conseils. De plus, les politiques de rémunération des cadres doivent être mieux réfléchies, plus justes et plus équitables.
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102633.Plus d’information
Cet article a pour objectif de présenter une réflexion critique sur la notion de violence du point de vue de l'éthologie et de la psychologie évolutionniste. Les auteurs définissent la violence comme étant un jugement de valeur (un abus de pouvoir) fait sur une agression définie opérationnellement par tout comportement orienté (physique, gestuel, verbal, etc.) et non ludique qui peut porter atteinte à l'intégrité physique ou psychologique d'une autre personne. Ils ne sont donc pas d'accord avec les chercheurs qui considèrent la négligence parentale, les jeux de bataille et les jeux de guerre entre les enfants comme étant violents. Ils réagissent aussi défavorablement à la tendance de certains autres à considérer la punition corporelle parentale comme étant nécessairement violente. Les auteurs présentent ensuite les fonctions biologiques adaptatives de différents types d'agressions ainsi que plusieurs de leurs mécanismes naturels de régulation, puis ils abordent la question de la violence sous deux aspects : la violence est-elle typique de l'espèce humaine et l'homme est-il plus violent que la femme ? Les auteurs proposent un modèle sur les rapports de pouvoir (conjugal, parent-enfant, enfant-enfant) au sein de la famille qui pourrait permettre de mieux comprendre les conflits familiaux et leur influence possible sur le développement non seulement de l'agression chez l'enfant envers les pairs mais aussi de ses habiletés de compétition pour l'accès aux ressources de l'environnement. Ils concluent à l'aspect arbitraire de la morale et donc à l'importance de ne pas tenter de la justifier par la science.
Mots-clés : agression, compétition, éthologie, punition physique, psychologie évolutionniste, rapport de pouvoir, relation d'activation, violence conjugale, activation relationship, aggression, competition, ethology, evolutionary psychology, physical punishment, power relationship, conjugal violence
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102634.Plus d’information
L'article 3136 C.c.Q. énonce une exception aux règles de compétence généralement applicables aux autorités québécoises. Fondé sur le principe de nécessité et en l'absence de for, il autorise une autorité à se saisir d'une affaire qui ne relève pas directement de sa compétence lorsqu'il est impossible ou « déraisonnable » pour les parties d'avoir accès à une autorité étrangère et que le litige présente néanmoins un lien suffisant avec le Québec. De ce fait, l'article 3136 confère une compétence discrétionnaire à une autorité québécoise. Cette discrétion, déjà limitée par les critères de l'article 3136, a en outre fait l'objet d'une interprétation encore plus réductrice par la Cour d'appel dans l'affaire Lamborghini. L'élément crucial est que la juridiction de nécessité implique que le litige soit assujetti à un remède efficace dans le for du Québec. Par ailleurs, alors que la condition relative à la disponibilité d'un remède efficace rend l'exercice de la juridiction de nécessité raisonnable, celui-ci devient déraisonnable en raison de la condition exigeant que des démarches étrangères soient instituées. Le critère de remède est soit ignoré, soit jugé sans valeur tant par la doctrine que par la jurisprudence. S'appuyant sur une approche comparative entre le droit civil et la common law, l'auteur propose en première partie une analyse générale de cette règle exceptionnelle et insiste particulièrement sur la législation suisse dont les rédacteurs de l'article 3136 C.c.Q. se sont sans doute inspirés. Dans une seconde partie, l'article 3136 est mis en perspective avec les dispositions générales du Code et son historique législatif est souligné. La troisième partie est consacrée à l'analyse des divers éléments de l'article, tandis que dans la dernière partie, l'auteur aborde l'étude des décisions judiciaires relatives à l'application du principe de nécessité et l'absence de for.
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102635.Plus d’information
À l’aube de la parution de la Maîtrise indienne de l’éducation indienne (1972), la poursuite d’études postsecondaires chez les Autochtones du Québec demeurait un phénomène encore récent et méconnu. Dans le contexte de prise en charge par les communautés autochtones de leurs propres services, la demande en diplômés autochtones postsecondaires s’est nettement accrue et a donné lieu à des programmes et services destinés spécifiquement aux Autochtones. On pense notamment au projet d’« amérindianisation » de l’éducation à l’UQAC en 1971, et à la création du Collège Manitou, en 1973, commetournants. La spécificité linguistique québécoise s’est d’ailleurs tôt fait sentir, ajoutant à la dimension bilingue initiale (avec le passage d’une langue autochtone à une langue allochtone) celle propre à la dualité linguistique francophone et anglophone d’un système d’enseignement issu de l’histoire coloniale. Cet article s’appuie sur une recension des écrits concernant l’éducation postsecondaire autochtone au Québec de 1972 à 2021. Nous articulons notre analyse autour des changements qui se sont opérés au fil des dernières décennies concernant les programmes destinés aux Autochtones, les services offerts par les établissements, ainsi que les enjeux impliquant les parcours des étudiants autour de l’identité autochtone, du racisme systémique et de la discrimination. Nous constatons qu’en dépit des efforts soutenus d’un nombre croissant d’établissements, les Autochtones connaissent des entraves à la poursuite d’études postsecondaires encore bien présentes. Nous concluons avec une réflexion sur l’université et le cégep comme institutions, leur modèle de développement et leur rôle dans la décolonisation de l’éducation et la démocratisation scolaire.
Mots-clés : autochtone, enseignement supérieur, services aux étudiants, programmes d'études, Québec, Indigenous, higher education, student services, study programs, Quebec
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102640.Plus d’information
Introduction: La formation des futurs médecins sur les patients issus des minorités sexuelles et de genre (MSG) et sur leurs besoins en matière de soins de santé est un moyen important d'atténuer la discrimination et les disparités en matière de santé auxquelles est confrontée cette communauté. Le Canada, avec ses 17 écoles de médecine, ne dispose pas d'une norme nationale pour l'enseignement de ce sujet essentiel dans l'ensemble de ses 17 écoles de médecine. Cet article vise à passer en revue les meilleures pratiques pour l'enseignement d'un programme SGM dans la formation médicale de premier cycle et à synthétiser ces informations sous forme de propositions concrètes pour le développement d'un programme d'études.Méthodes: Un examen de la portée de la littérature a été mené pour identifier les meilleures pratiques en matière d'enseignement en SCMSG. L'étude a permis d'obtenir de la documentation évaluée par des pairs et de la documentation grise, des documents de politique et des articles d'opinion provenant des autorités en matière d'éducation médicale et des groupes de défense de la SCMSG. Un ensemble de lignes directrices a été élaboré dans le cadre d'un processus itératif auquel ont participé tous les auteurs, l'Association des étudiant·es 2ELGBTQ+ en médecine (ACÉQM) et l'Association des facultés de médecine du Canada (AFMC).Résultats : La recherche a trouvé 1 347 articles, dont 89 ont été retenus pour l'extraction des données. Les principaux résultats des articles ont été classés selon cinq thèmes récurrents, qui ont servi de base à six recommandations ; deux autres recommandations ont ensuite été ajoutées après discussion entre les auteurs.Conclusion : Nous présentons huit propositions pour le développement d'une norme nationale pour l'enseignement de la SCMSG au sein des programmes de premier cycle de médecine. Il s'agit notamment de normaliser les objectifs d'apprentissage dans toutes les facultés, d'utiliser des modèles établis pour guider l'élaboration des programmes, d'imbriquer les concepts à tous les niveaux de la formation, de diversifier les modalités d'enseignement, d'assurer la formation du corps enseignant, de garantir un espace sûr pour les étudiants et le corps enseignant, d'utiliser les ECOS comme outil d'enseignement et d'impliquer la communauté 2ELGBTQ+ locale dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes d'enseignement.