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242.Plus d’information
RésuméAvant d'aborder l'étude des livres blancs en matière de politique étrangère, deux questions se posent : comment les gouvernements traduisent-ils leurs intentions d'action internationale et comment engagent-ils le dialogue avec l'ensemble diversifié des acteurs interpellés par le processus de formulation de ces politiques ? Nous y répondons à partir de trois dimensions : la nature et la culture des livres blancs, les connaissances que nous avons du phénomène et l'importance du rôle dévolu aux acteurs engagés dans le processus de formulation de ces énoncés de politique. Nous pouvons en conclure que, si les livres blancs constituent une forme particulière d'énonciation de politique souvent utilisée par les gouvernements pour se démarquer, la pérennité des paramètres qui y sont évoqués est toutefois tributaire du contexte international et de la politique intérieure. Leur utilité est donc limitée dans le temps, quoique importante pour donner les grandes orientations de l'action gouvernementale internationale.
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248.Plus d’information
La politique industrielle verte s'est récemment imposée comme une stratégie centrale dans la lutte contre les changements climatiques. Ce type de politique climatique n'est pas entièrement nouveau. Il a été implicitement appliqué par le passé pour développer des technologies vertes. Mais aujourd'hui, les gouvernements ont recours à cette stratégie de façon plus explicite pour atteindre des objectifs à la fois économiques, environnementaux et géopolitiques. L'objectif de ce court article est de vulgariser certains enjeux relatifs à l'émergence de cette nouvelle génération de politiques industrielles vertes. Il présente la nouvelle raison d'être de ce type de politique climatique, explore certains des défis rencontrés par des expérience passées et esquisse quelques lignes directrices pour guider l'élaboration d'une politique industrielle verte robuste.
Mots-clés : Politique industrielle verte, politique climatique, décarbonation, géopolitique, Green industrial policy, climate policy, decarbonization, geopolitics
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249.Plus d’information
Le « Persan » de la communauté des chercheurs en sciences humaines, n'est-ce pas un peu le théoricien? Comment peut-on être théoricien? Rica écrit à Ibben : « Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance [...] Si quelqu'un, par hasard, apprenait à la compagnie que j'étais Persan, j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement : Ah! ah! Monsieur est Persan ? C'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ? » C'est un être bien étrange, en effet, que celui qui consacre autant d'années d'écriture pour préciser de long en large comment voir les choses sociales et politiques, comment en traiter avec intention de « science », mais qui, finalement, les dit souvent en dehors de l'appareil analytique si patiemment construit. Rica avait préalablement confié à son correspondant: «Je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare [...] Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable [...] Je me vis apprécié au plus juste [...] car j'entrai tout à coup dans un néant affreux.»2 Hors l'acte propre de théoriser, le théoricien est un chercheur comme un autre, soumis aux mêmes critères critiques que tous les autres praticiens. Il n'est plus « Persan ».
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250.Plus d’information
Cet article explore la question des implications de l'exclusion des animaux de la catégorie des sujets de justice dans le cadre du libéralisme politique de John Rawls. Plus spécifiquement, j'examine et critique les lectures de Ruth Abbey et de Robert Garner. Abbey suggère que le libéralisme politique est incompatible avec la thèse selon laquelle nous avons des devoirs moraux universels envers les animaux. Garner, pour sa part, avance que la théorie de Rawls n'autorise pas l'État libéral à adopter des mesures de protection des animaux. Dans cet article, je démontre que ces lectures sont erronées, car elles sont fondées sur des interprétations du libéralisme politique qui ne sont pas plausibles. Je soutiens, d'une part, que le libéralisme politique est neutre eu égard à la question de la nature de nos devoirs moraux envers les animaux et, d'autre part, qu'il permet de justifier une gamme considérable d'interventions étatiques visant la protection des animaux. Je suggère donc que la tension entre le libéralisme politique et l'éthique animale est moins forte que ne l'affirment ces auteurs. Enfin, j'identifie des stratégies possibles, cohérentes avec le cadre théorique rawlsien, pour élargir la sphère des sujets de justice de manière à y intégrer les animaux.