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20933.Plus d’information
Introduction au 9e numéro de la revue Cygne noir, sous le thème « drogues et sens altéré(s) ». Le thème y est précisé, de même que la démarche du comité éditorial par rapport à celui-ci. Des pistes exploratoires sont ouvertes. La question des divers usages de la drogue est abordée au regard de l'histoire récente. Une revue de presse sommaire pour l'année 2021-2022 est proposée afin de témoigner de l'engouement médiatique actuel pour la recherche contemporaine sur les psychédéliques. Dans le contexte occidental et nord-américain en particulier, la décriminalisation des psychédéliques (dont le processus historique est en cours) est examinée à la lumière des écueils et des revers possibles dus à l'économie capitaliste en place. Enfin, les deux dernières sections de l'article forment une réflexion originale sur le potentiel des psychédéliques : en partant de l'idée de « trouble dans les affordances », la normativité sémiotique est interrogée. Puis, un glissement, depuis la psychodélie vers l'écodélie, est suggéré de manière à recadrer le potentiel émancipateur des drogues dans le contexte politique actuel.
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20934.Plus d’information
L'autonomie des femmes a été reconnue comme une condition essentielle au développement lors de la Conférence internationale sur la population et le développement de Caire en 1994. Cette étude examine les facteurs contextuels (notamment des normes de genre légitimant la violence envers les femmes) et les facteurs individuels (dont le niveau d'instruction et le type d'emploi) sur l'autonomie décisionnelle des femmes en milieu rural au Ghana, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Elle utilise les données issues des enquêtes démographiques et de santé (EDS) de ces pays. La mesure des normes de genre à partir de la perception qu'ont les femmes de la violence domestique (d'un homme sur son épouse) dans leur communauté en recourant à l'analyse factorielle confirmatoire a donné de bons indices d'ajustement qui renforcent la validité de cette méthode. Une augmentation d'un écart-type de cette variable contextuelle est associée à un accroissement des risques pour une femme d'avoir une faible autonomie décisionnelle de 54 % au Ghana, de 45 % au Kenya, de 48 % en Ouganda et de 25 % en Tanzanie. L'instruction et le statut socioéconomique des femmes ne présentent pas la même stabilité sur l'autonomie décisionnelle des femmes. Nos résultats témoignent de la nécessité d'une politique plus globale pour renforcer l'autonomie des femmes en Afrique subsaharienne.
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20935.Plus d’information
Cet article analyse les changements intervenus dans l'occupation du sol et le couvert végétal au cours des dernières décennies dans un ensemble de villages échelonnés le long du gradient bioclimatique dans le sud-ouest du Niger, depuis la ligne Tillabéry-Filingué au nord jusqu'à Gaya, à la frontière nigéro-béninoise au sud. Des analyses diachroniques d'images ont été réalisées à l'aide d'images satellitaires (CORONA mars et octobre 1965) ou de photographies aériennes (mission IGN mars 1975) comparées à des images actuelles Google Earth. Ces analyses sont confrontées aux entretiens réalisés dans les différents villages ainsi qu'aux relevés sur l'état de la végétation. Si les chercheurs soulignent la reprise des précipitations depuis le milieu des années 1990, ils montrent aussi que le sud-ouest du Niger présente, de façon apparemment paradoxale, une vulnérabilité socio-environnementale accrue. Ce constat semble pouvoir être généralisé à l'échelle de l'ensemble des deux départements. Pourtant, la démarche entreprise amène à nuancer le tableau : lorsque l'on désagrège les données, à l'échelle des villages, la situation apparaît très diversifiée, révélant, indépendamment du gradient bioclimatique nord-sud et, dans une moindre mesure, de la différenciation méridienne imposée par les vallées fossiles (dallols), des situations où la vulnérabilité des populations et des écosystèmes apparaît plus ou moins forte.
Mots-clés : Sahel, Niger, gradient bioclimatique, changements, socio-environnementaux, dynamique, paysage, occupation, sol, couvert végétal, Sahel, Niger, bioclimatic gradient, socio-environmental, changes, landscape, dynamics, land cover, vegetation cover
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20936.Plus d’information
La problématique de la conservation de la forêt ivoirienne et de ses ressources est au centre des préoccupations des pouvoirs publics depuis les années 1960. Ainsi, la Côte d'Ivoire a-t-elle mis en place un réseau d'aires protégées, notamment plusieurs parcs nationaux, pour conserver ses massifs forestiers et leurs biodiversités. Situé à Abidjan, le Parc National du Banco (PNB) et sa périphérie connaissent de profondes mutations environnementales depuis quelques décennies. Ces mutations liées principalement aux activités humaines et à l'urbanisation rapide du district d'Abidjan provoquent une dégradation du massif forestier du PNB. Cette recherche vise à décrire et à analyser les différentes menaces liées à la pression urbaine, notamment les risques de déforestation et de pollution qui exposent certaines zones du PNB. Pour atteindre ces objectifs, l'analyse de l'évolution de la végétation, des types d'occupation du sol, des recompositions territoriales et des jeux des différents acteurs est mise à profit pour comprendre les dynamiques environnementales de la forêt du Banco et sa périphérie. L'inventaire et la cartographie des types de risque ainsi que leurs impacts sur le PNB permettent d'identifier les zones les plus vulnérables aux pressions anthropiques et à l'urbanisation. L'étude des types de pressions humaines sur la forêt du PNB est menée à travers des observations de terrain pour détecter les changements spatiaux des dernières années. L'étude s'appuie également sur une photographie aérienne de 1955 et une image satellite Spot prise en 1998. La photographie aérienne a été acquise auprès du Centre de Cartographie et Télédétection (CCT-Abidjan) et de l'Institut Géographique National (IGN-Paris). L'image satellite a été obtenue grâce au programme ISIS de Spot Image. Ces données ont permis de cartographier l'occupation du sol en 1955 et 1998 et de comparer l'évolution de la végétation à travers une analyse diachronique.Les résultats de l'étude montrent que dans les années 1955, le paysage du PNB et sa périphérie était dominé par la forêt malgré la présence de quelques tâches urbaines. La forêt couvrait une superficie de 5462 ha tandis que la forêt secondaire occupait une surface de 9220 ha. Ces deux formations forestières représentaient près de 90 % du paysage de la zone d'étude. En 1998, 3450 ha de forêt et 434 ha de plantations forestières constituent la végétation du PNB. Bordé de quatre communes, le Parc National du Banco subit les conséquences de l'urbanisation galopante. Cette croissance rapide du district d'Abidjan a engendré de nombreux problèmes environnementaux, notamment la multiplication des quartiers précaires qui bordent le parc au nord, à l'est et au sud, l'insuffisance des équipements et infrastructures de transport, d'assainissement et de logement. Ainsi, le PNB est-il devenu l'exutoire des déchets solides et liquides des ménages abidjanais. Les eaux pluviales communales, notamment à Abobo au nord, Adjamé à l'est et Yopougon au sud sont également évacuées dans le parc. De multiples unités industrielles, des activités informelles et de nouveaux quartiers résidentiels bordent le PNB qui fait déjà face depuis des décennies aux aménagements divers (création d'autoroutes, de voies express, d'infrastructures et d'équipements nécessaires à la satisfaction de la demande urbaine en eau, électricité, etc.). En outre, de nombreuses zones du PNB font l'objet de revendications foncières, notamment le nord-est et le sud du parc. Ces zones contestées se situent dans les villages d'Anonkoua Kouté et de Sagbé au nord, Agban-attié et Agban-village au sud-est, et Andokoi au sud-ouest. Pour répondre aux problèmes liés à l'action des populations dans le PNB et sa périphérie, les gestionnaires ont mis en place une série de mesures alternatives pour améliorer sa conservation. En effet, dans le but de le protéger davantage et de le faire participer au développement économique des populations, ses administrateurs ont mis en place une politique de gestion participative. Cette stratégie permet d'associer les populations locales à sa conservation. L'association de celles-ci à cette gestion communautaire des ressources forestières permet de les responsabiliser en les impliquant dans les missions de surveillance, de valorisation et d'aménagement. La mise en valeur du parc notamment à travers l'écotourisme, le développement d'activités alternatives à l'attention des braconniers et des exploitants illégaux font également partie des nombreuses stratégies mises en place pour sauver cet écosystème menacé. L'écotourisme est ainsi devenu le fer de lance de la politique de gestion participative des administrateurs publics du PNB.
Mots-clés : urbanisation, parc, gestion communautaire, conservation, biodiversité, abidjan, Côte d'Ivoire, écotourisme, urbanization, park, community management, conservation, biodiversity, abidjan, Ivory Coast, ecotourism
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20937.Plus d’information
Au cours des dernières années, les syndicats britanniques ont dû faire face à un feu de plus en plus nourri. Leur répugnance à accepter les réformes envisagées par l'Industrial Relations Act de 1971 est citée comme un exemple significatif de leur intransigeance et du fait qu'ils se considèrent au-dessus de la loi. Ainsi, la façon dont ils ont combattu cette loi aurait été, dit-on, contraire à la règle de droit et au système parlementaire. Mais tel n'est pas le cas.L'Industrial Relations Act était l'aboutissement de l'opinion conservatrice qui croyait à la nécessité d'imposer d'une façon radicale un nouvel aménagement des rapports de force dans les relations professionnelles. La loi visait à placer les syndicats sous la surveillance du gouvernement, principalement en les amenant à s'enregistrer de telle manière que ceux qui ne le feraient pas se trouveraient placés dans une situation désavantageuse notable, comme, par exemple, le retrait de la protection contre la responsabilité à ceux qui inciteraient à la rupture de contrat en vue de faire progresser le règlement d'un différend. La loi confinait la grève aux différends relatifs aux conditions de travail; elle interdisait les grèves politiques, les grèves de sympathie et les grèves intersyndicales; elle protégeait les travailleurs pris individuellement contre les pressions et l'intimidation des syndicats. Outre la protection clairement assurée par les statuts syndicaux en matière de conditions d'admissibilité et d'expulsion, etc., la loi établissait le droit d'appartenir ou non à un syndicat; elle interdisait la clause d'atelier fermé avant l'embauchage.Les syndicats sentirent leur existence même mise en danger par la loi. Ce n'était pas, déclara un dirigeant syndical, « une loi qui traitait des relations de travail, mais une loi qui portait sur les rapports de force ».Les syndicats tentèrent d'abord d'influencer la décision du gouvernement par des représentations. Mais le gouvernement refusa de s'engager dans un débat valable sur le principe du projet. Ce refus de discuter quoique ce soit, si ce n'est de questions de détail, constituait une dérogation à la pratique de la consultation qui était devenue courante depuis la deuxième guerre mondiale, et tous les dirigeants syndicaux le ressentirent comme un grave affront. Et ce à quoi ils trouvaient le plus à redire, ce n'était pas seulement au principe de la loi, mais à la façon de la décréter.Ils essayèrent ensuite sans succès d'influencer la décision du gouvernement par des campagnes d'opinion: démonstrations, assemblées publiques, requêtes, etc. Ils s'en tenaient ainsi aux usages des groupes de pression en Grande-Bretagne (et dans les autres démocraties occidentales). Des coalitions d'employeurs s'étaient permis de pareilles campagnes dans le passé. Cependant, ce qui apparemment dépassait les convenances, c'était leur refus de coopérer à l'application de la loi.Compte tenu du système des institutions existantes qui ne consacre que la représentation des partis, un groupe de pression qui ne trouve pas audience auprès du gouvernement n'a guère d'autres ressources que de faire agir l'opinion publique, de protester et, en dernier ressort, de refuser de coopérer. La théorie démocratique traditionnelle nous empêche de considérer avec réalisme les formes d'opposition à l'oeuvre dans les démocraties occidentales, si ce n'est celle de l'opposition institutionnelle du Parlement. On peut soutenir que le refus sans violence de se soumettre à une loi spécifique est une extension du principe à la base de l'« objection de conscience ». Toutefois, l'opposition syndicale n'allait pas jusqu'au défi de la loi. Puisque l'enregistrement était volontaire, le refus de s'enregistrer ne constituait pas un défi à l'autorité légale des cours ou du gouvernement.Les syndicats étaient profondément divisés au sujet de la décision de ne pas coopérer à l'application de la loi mais ils prirent leur décision d'une façon démocratique. Elle ne fut imposée ni par une oligarchie de grands syndicats ni par une minorité déterminée d'activités de la base. Les dissidents, une minorité de vingt syndicats, eurent tous la possibilité de soumettre leur point de vue et les règlements et les actes de procédure furent méticuleusement suivis lors de leur suspension et de leur expulsion. Et une fois la controverse terminée, ils purent réintégrer les rangs.C'est par des moyens pacifiques que les syndicats n'ont pas collaboré à l'application de la loi et des mécanismes qu'elle instituait. Il n'y eut pas de violence. On n'utilisa pas non plus systématiquement l'arme de la grève pour faire obstacle à la législation. Il y eut quelques grèves occasionnelles surtout en vue d'exprimer le ressentiment des syndiqués contre la loi et le gouvernement conservateur. Ils ne poussèrent pas non plus leur refus de coopérer jusqu'au boycottage du gouvernement; ils continuèrent à négocier avec lui sur d'autres questions. Ils tentèrent de s'assurer l'aide des employeurs et de laConfédération of British Industries pour contourner la loi dont ils obtinrent le rappel d'un gouvernement travailliste dûment constitué.
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20939.Plus d’information
Le présent article propose l'analyse de la mise en place en 2005 d'un espace discursif dans La Liberté, hebdomadaire francophone du Manitoba, à propos des modalités d'appartenance et les conditions d'inclusion et d'exclusion dans la communauté franco-manitobaine. À l'aune de la prise de parole publique de Daniel Lavoie, auteur-compositeur-interprète d'origine franco- manitobaine qui a déménagé au Québec dans les années 1970, autour de la construction imminente d'un immeuble de résidences privées (le « 500 Taché ») sur une artère principale à Saint-Boniface (Manitoba) – un projet qui a causé des divisions profondes dans la communauté franco-manitobaine à l'époque – l'auteure du présent article observera non seulement le rôle de la langue dans la construction de la frontière sociale au Manitoba français, mais aussi la place que peut légitimement occuper un groupe de personnes ayant quitté le Manitoba durant la période 1960-1980 dans les prises de décisions ayant trait à la gouvernance communautaire et à la gestion du patrimoine. Cet article s'insère dans des recherches en cours sur le sentiment d'appartenance de « ceux qui sont partis » du Manitoba vers l'Est entre 1960 et 1980 ainsi que les frontières d'inclusion et d'exclusion au Manitoba français.
Mots-clés : discours médiatique, légitimité, Manitoba français, Québec, La Liberté, patrimoine, appartenance, identité, mobilité, media discourse, legitimacy, French Manitoba, Québec, La Liberté, cultural heritage, belonging, identity, mobility
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20940.Plus d’information
Nous cherchons au niveau de cette étude à vérifier l'hypothèse selon laquellela dette publique interne affecte la croissance à travers son impact sur l'activité du systèmebancaire des pays Africains. A cet effet, nous estimons un modèle à équations simultanéesen panel dynamique basé sur un échantillon de 20 pays de l'Afrique Subsahariennecouvrant la période 2000-2010. Le principal résultat dégagé est que la détention des titrespublics a incité les banques à prendre plus de risque et à accroitre leurs crédits au secteurprivé surtout en présence de défaillances institutionnelles. Néanmoins, cet impact bénéfiquede la dette publique interne n'a pas influencé significativement le rythme de l'activitééconomique car le système financier africain n'a joué qu'un rôle limité dans la stimulationde l'investissement privé et de la croissance.