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361.Plus d’information
Au Québec, une personne sur cinq a des capacités limitées à traiter l'information écrite, freinant ainsi la réussite éducative. Le développement des différentes littératies (en lecture, écriture et calcul, informationnelle, médiatique, numérique) est donc crucial. La littératie communautaire implique la participation au développement des compétences et à la constitution d'un système éducatif local. Notre étude vise à approfondir les connaissances sur la littératie communautaire et son opérationnalisation, en analysant l'engagement des bibliothèques publiques et des bibliothèques scolaires, des acteurs et actrices communautaires, et les moyens d'agir sur les littératies des jeunes. Une des composantes du projet repose sur une approche qualitative d'étude de six cas. Les résultats révéleront les stratégies collaboratives instaurées pour améliorer l'accès aux ressources éducatives, développer les capacités des jeunes, renforcer les liens entre les acteurs et actrices communautaires, et serviront de base pour une enquête auprès des bibliothèques scolaires et les bibliothèques publiques sur la littératie communautaire.
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362.Plus d’information
Le 17 octobre 2018, le Canada est devenu le premier pays occidental à légaliser le cannabis à des fins récréatives. Ce processus s'est caractérisé par une logique décisionnelle de type top-down et souvent empreinte d'unilatéralisme de la part du gouvernement fédéral. Les provinces disposent néanmoins d'importantes prérogatives sur la question, qu'elles ont utilisées pour s'adapter, voire résister à la politique proposée par le fédéral. À l'aide du concept de stratégies de résistance, cet article analyse la manière dont certaines provinces, et particulièrement le Québec, ont tiré avantage du processus de légalisation pour offrir un contrepoids à la démarche du gouvernement fédéral. Le Québec a ainsi fait usage de stratégies tant offensives que défensives afin de résister à cette politique, de sa formulation à son implantation. Ces résultats mettent en évidence l'importance d'étudier l'étape de la mise en oeuvre de la légalisation, qui a conduit au Canada à une multiplication de politiques différenciées plutôt qu'à un encadrement uniforme.
Mots-clés : légalisation du cannabis, fédéralisme, relations intergouvernementales, stratégies de résistance, implementation gap, cannabis legalization, federalism, intergovernmental relations, resistance strategies, implementation gap
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364.Plus d’information
À partir d'un double regard, c'est-à-dire d'une part l'analyse des politiques publiques mises en oeuvre dans les zones de montagne, qui prônent un développement endogène, et d'autre part l'analyse des logiques sociales des mouvements qui se réclament d'une démarche alternative, l'objet de cet article est de s'interroger sur les raisons des dysfonctionnements et des distorsions entre politiques publiques et mouvements sociaux alternatifs. L'interrogation centrale porte sur les fondements des mouvements sociaux alternatifs qui sont nés ou ont repris vigueur depuis le milieu des années soixante-dix. L'hypothèse principale est la suivante : alors que la plupart des objectifs de développement visés par les politiques publiques s'appuient sur le paradigme du travail salarié, les propositions des mouvements sociaux alternatifs se fondent sur le paradigme du travail indépendant. Au delà du mode de développement imposé jusque-là, ces mouvements remettent en cause le mode de fonctionnement de la société salariale et défendent certaines valeurs attachées au modèle du travail indépendant. L'article s'appuie sur l'analyse de ces mouvements dans les zones de montagne en France, en Italie, en Suisse et en Autriche.
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365.Plus d’information
Les politiques sociales n'ont pas pour seule finalité la protection de la vie individuelle contre les risques de la vie sociale, mais aussi celle de cette vie sociale elle-même. D'où la nécessité de s'interroger sur le rôle des politiques sociales non seulement dans le maintien de l'unité des systèmes de gouvernement des sociétés, mais aussi dans la construction des frontières politiques au sein desquelles sont forgées les formes territorialisées de l'appartenance sociale et de la citoyenneté.
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366.Plus d’information
Que reproche-t-on aux experts? Selon la littérature scientifique, la crise de l'expertise semble généralisée. Parmi ses symptômes, on note l'abus de pouvoir des experts dans la prise de décision et leur perte de légitimité. Cette impasse s'insère dans le contexte de la remise en cause de la prise de décision rationnelle. Face à ce problème, plusieurs reconfigurations des relations entre les experts, le politique et les citoyens sont proposées. Ces modèles sont toutefois constitués selon des visions parfois aprioriques de ce que devrait être le rôle des experts. La question a donc été retournée afin de s'attarder au point de vue des participants dans le cadre de procédure de prise de décision. Cet article porte sur l'étude du cas de la controverse du prolongement de l'autoroute 25 présenté devant la population par le Ministère des Transports du Québec en 2005. Une analyse lexicométrique des mémoires déposés aux consultations tenues par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a été accomplie afin de cerner la perception des participants quant à l'expertise mandatée et quant aux impacts et enjeux du projet. Cette étude révèle une crise de la décision publique qu'elle met en lumière selon l'angle nouveau du point de vue des participants aux audiences publiques. La crise de l'expertise semble davantage un appel à l'ouverture à d'autres acteurs et à d'autres connaissances dans les processus de prise de décision. Selon ces constats, un regard plus approfondi s'impose sur les procédures qui encadrent le recours aux experts en vue de leur changement.
Mots-clés : experts, expertise, controverse, prise de décision, évaluation environnementale, infrastructure de transport, Montréal, autoroute 25, experts, expertise, controversy, decision-making, environmental assessment, transportation infrastructure, Montréal, highway 25
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367.Plus d’information
Le droit des usagers à disposer d'une possibilité de choix quant aux services publics auxquels ils ont recours est aujourd'hui un principe transversal aux politiques publiques dont l'objet est la personne humaine (social, éducation, santé). L'article propose d'étudier la prégnance exacte de cette philosophie politique du choix et les « formes pratiques » auxquelles elle donne lieu, dans différents domaines d'intervention de l'État : le champ de l'éducation familiale et de la protection de l'enfance ; l'insertion sociale et professionnelle des jeunes sans emploi ; la politique d'aide en faveur de la vieillesse dépendante ; les politiques de choix d'établissement scolaire par les familles. L'analyse procède en trois étapes. D'abord, l'étude des textes et discours officiels distingue deux formes typiques : le « choix-liberté » et le « choix-responsabilité ». Ensuite est étudiée la mise en oeuvre de cette double conception dans différents contextes institutionnels. Enfin, on établit la portée réelle de cette idéologie pour les usagers à partir de la notion de « choix-autonomie ».
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370.Plus d’information
À partir d'une observation participante accomplie en qualité de chargé de mission « sports de nature » au sein d'un département (2011-2013) et de conseiller technique et pédagogique du ministère de la Jeunesse et des Sports en services déconcentrés (2008-2010), cet article examine dans quelle mesure, en France, la mise en oeuvre opérationnelle d'une politique publique d'État sur le segment des sports de nature, introduite par le ministère des Sports dans le cadre de la loi modifiée sur le sport de 2000, semble faire l'objet d'une mutation paradigmatique depuis la promulgation du décret Natura 2000. Fondée sur une analyse cognitive de l'arsenal juridique ainsi que sur la capitalisation de matériaux issus d'une expérience professionnelle pensée dans une perspective ethnographique, cette recherche présente l'émiettement du rôle du ministère des Sports, pourtant à l'initiative de la définition du référentiel de politique publique qui préconise d'agir en faveur du « développement maitrisé » des sports de nature. Plus encore, l'émergence de ces dispositifs de préservation environnementale des sites de pratique sanctionne-t-elle une nouvelle doctrine dans les politiques publiques de développement des sports de nature ? Celle-ci se caractériserait, d'une part, par un retour de l'État sur les territoires et, d'autre part, par l'effritement de la reconnaissance d'une expertise profane forgée au cours des approches expérientielles des milieux naturels et revendiquée par le mouvement sportif et les pratiquants libres.
Mots-clés : sports de nature, environnement, politiques publiques sportives, ministère des Sports, développement territorial, outdoor activities, environment, sports public policies, ministry of sports, divisional development