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711.Plus d’information
L'article de Francis Dupuis-Déri commenté ici et qui tente de réconcilier l'action directe avec la théorie délibérative pose un certain nombre de questions. En premier lieu, pourquoi concéder aux théories libérales un contenu démocratique alors que ces théories démontrent plutôt une mise à l'écart de l'agir collectif démocratique. En ce sens, les régimes libéraux ne sont pas tant élitistes que profondément oligarchiques. Une fois cette précision apportée au débat, il est possible de lire l'article de F. Dupuis-Déri comme opposant deux visions distinctes du monde, l'une émanant de l'extension du marché économique à toutes les sphères de la vie et l'autre exigeant un monde plus égalitaire. La question du populisme devient alors essentielle pour bien comprendre les raisons qui motivent à dépeindre un groupe comme étant violent et anti-démocratique. Il importe ainsi de bien nommer les phénomènes et, en particulier, de comprendre la nature oligarchique des régimes libéraux pour légitimer les actions directes.
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712.Plus d’information
RésuméDans cet article, nous examinons le cas de la Turquie qui présente un exemple original en termes des politiques populistes menées depuis l'instauration du régime multipartite en 1950. L'originalité du cas turc réside dans deux aspects bien caractéristiques. Le premier est qu'en Turquie, contrairement aux cas de certains pays de l'Amérique latine, les politiques populistes ont été conduites par les gouvernements conservateurs de centre-droit. Ceux-ci, à travers les réseaux de patronage qu'ils ont organisés, ont bénéficié des relations patron-client qui caractérisent la structure sociale. Les organisations de parti représentaient plus des « partis-machines » que des partis ayant un programme national et une idéologie cohérents. Ils ont ainsi distribué généreusement les ressources qu'ils ont pu facilement obtenir, notamment lors de la période de guerre froide, grâce à la position géostratégique du pays en tant que membre de l'OTAN. Le second concerne le cercle vicieux auquel ont abouti les politiques populistes. Ce cercle vicieux est constitué par le cycle populisme/crise/coup d'État/politiques d'austérité. Mais, avec la fin de la période de guerre froide et le début de l'ère de mondialisation, la Turquie a commencé à éprouver des difficultés à trouver des ressources extérieures, obtenues notamment sous forme d'aide intergouvernementale, pour mener les politiques populistes. Ces ressources ont été remplacées par l'entrée des capitaux à court terme à des taux d'intérêt élevés, ce qui a paradoxalement facilité l'application du populisme mais aggravé ses effets néfastes. Cela a entraîné la montée tant du mouvement islamiste que du mouvement ultranationaliste avec d'importantes tensions sociopolitiques.
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718.Plus d’information
Adoptant une approche constructiviste, cette recherche qualitative et à visée exploratoire, a pour but de comprendre l’apport de différents acteurs, notamment, bénévoles dans l’émergence, le développement et la mise en œuvre des politiques publiques de lutte contre la maltraitance des personnes âgées (PPLMPA) en France, à la lumière du Québec. S’appuyant sur une analyse documentaire de 317 documents et de 38 entretiens semi-dirigés, les résultats montrent que les bénévoles ALMA n’ont pas d‘influence sur la PPLMPA et que les luttes de pouvoir entre acteurs nuisent à son évolution. Cependant, un acteur non associatif la commission nationale de bientraitance et de lutte contre les maltraitances est apparu influant la PPLMPA. A été pointé le manque de recherche sur le sujet (Données probantes, outils pour les professionnels, …
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720.Plus d’information
En Tunisie, les récupérateurs informels de déchets, appelés « Berbechas », jouent un rôle central dans la chaîne de valorisation des déchets, tout en étant exclus des dispositifs institutionnels de gestion. Dans un contexte de modernisation du secteur porté par des injonctions internationales, cet article interroge la manière dont les politiques publiques contribuent à marginaliser ces acteurs et explore les enjeux d’une éventuelle formalisation de leur activité. La question de recherche principale posée est la suivante : dans quelle mesure la formalisation des Berbechas peut-elle constituer une réponse juste et efficace à leur reconnaissance socio-économique et à l’amélioration du système de gestion des déchets en Tunisie ? À partir d’une enquête qualitative menée dans le Grand Tunis (entretiens avec récupérateurs, collecteurs intermédiaires et institutions, ainsi que des temps d'observation participante), l’étude montre que si les Berbechas assurent une part importante du tri et du recyclage, leur intégration dans les politiques publiques reste inexistante. Les tentatives de formalisation observées, souvent portées par des ONG, se heurtent à des obstacles juridiques, institutionnels et sociaux, et peinent à répondre aux attentes des récupérateurs eux-mêmes. L’article conclut que la formalisation ne peut être envisagée comme une solution unique ni univoque. Elle doit être reconsidérée comme un processus politique, co-construit avec les acteurs concernés, et soutenu par une transformation plus large des cadres de gouvernance du secteur. À défaut, elle risque de renforcer les logiques d’exclusion qu’elle prétend résoudre.
Mots-clés : Berbechas, récupération informelle, formalisation, gouvernance des déchets, économie circulaire, Tunisie, Berbechas, informal recycling, formalization, waste governance, circular economy, Tunisia