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801.Plus d’information
Les inégalités d'accès à une alimentation de qualité sont un marqueur des sociétés contemporaines. En les confirmant, la crise de la COVID-19 a aussi donné plus de visibilité aux initiatives de solidarité alimentaire visant à réduire ces inégalités, en s'appuyant notamment sur les circuits courts et l'alimentation locale. Dans cet article, après avoir présenté les deux principales approches de ces initiatives dans la littérature, nous proposons un cadre d'analyse interdisciplinaire qui nous permet de les interroger en tant qu'économies concrètes, encastrées dans des relations sociales, ancrées dans les territoires et participatives, façonnées en partie à travers leurs relations avec les politiques publiques. Nous appliquons ce cadre à une large gamme d'initiatives recensées en France en 2020, et montrons ainsi une diversité de stratégies mises en oeuvre en vue de faciliter l'accès des personnes précaires à une alimentation de qualité, tout en soulignant les difficultés associées. Si combiner certaines stratégies peut aider à toucher plus de personnes précaires, les initiatives de solidarité alimentaire n'ont pas la capacité de permettre à tous d'accéder à une alimentation de qualité. Nous concluons alors sur la perspective universaliste ouverte par le projet de sécurité sociale de l'alimentation, en tant que récit politique fédérant une diversité d'acteurs et d'initiatives, mais suscitant aussi des débats, à l'échelle nationale et à travers des expérimentations locales.
Mots-clés : accès à l'alimentation, précarité, stratégies, circuits courts, politiques publiques, access to food, precariousness, strategies, short food supply chains, public policies
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803.Plus d’information
L'évaluation d'impact sur la santé (EIS) suscite aujourd'hui en France un réel intérêt et la pratique ne cesse de progresser, motivée par une préoccupation commune des villes et des institutions régionales de la santé, de contribuer ensemble à l'amélioration de la santé et à la réduction des inégalités sociales de santé. Cette démarche a pour but d'identifier les conséquences potentielles de politiques ou projets sur la santé des populations afin de proposer des mesures destinées à atténuer les impacts négatifs et renforcer les impacts positifs. L'objectif de cet article est d'apprécier dans quelle mesure et par quels mécanismes l'EIS facilite l'intégration de la dimension santé dans les politiques urbaines.
Mots-clés : démocratie, évaluation d'impact sur la santé, participation citoyenne, politiques urbaines, santé, urbanisme, Democracy, health impact assessment, civic participation, urban policies, urban planning
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804.Plus d’information
Cadre de la recherche : La publication du Plan du Nouveau-Brunswick pour les familles et celle du Plan d'action pour les services de garderies éducatifs ont suscité l'intérêt de comprendre comment les enjeux liés aux familles sont pris en compte dans les politiques publiques du Nouveau-Brunswick.Objectifs : Cet article examine les dispositifs et les enjeux de la politique familiale du Nouveau-Brunswick. Nous décrivons d'abord le Plan du Nouveau-Brunswick pour les familles pour mettre en évidence les dispositions liées à la politique familiale. Ensuite, nous examinons les principes et les implications de ces dispositions pour les familles.Méthodologie : L'étude est fondée sur une méthodologie mixte. D'une part, une analyse qualitative des documents permet de comprendre l'évolution et les modifications récentes de la politique familiale du Nouveau-Brunswick. D'autre part, une revue de littérature permet de la caractériser et de comprendre comment ses nouvelles dispositions pourront affecter les familles. Certains faits sont illustrés avec des données quantitatives.Résultats : La politique familiale du Nouveau-Brunswick cible très nettement les familles à bas revenu dans le but de compenser le coût économique des enfants, d'inciter au travail et de faciliter la conciliation emploi/famille. La désignation CPENB permet d'encadrer les frais de garde et aura sûrement un impact sur les familles, surtout celles à faible revenu et monoparentales. Le faible taux de couverture des garderies agréées limitera sans doute cet impact.Conclusions : L'accueil de la petite enfance domine l'orientation actuelle de la politique familiale du Nouveau-Brunswick. Le défi pour la province sera surtout d'accroître le taux de couverture des garderies agréées pour envisager la création d'un réseau de services de grande qualité universellement accessibles et abordables pour toutes les familles d'ici 2030.Contribution : La présentation d'un portrait analytique de la politique familiale du Nouveau-Brunswick permet de comprendre ses dispositifs actuels et ses implications pour les familles.
Mots-clés : éducation, famille, garde des enfants, Nouveau-Brunswick, petite enfance, soutien à la famille, travail, education, family, child care, New Brunswick, early childhood, family support, work
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807.Plus d’information
RésuméEntre nation et ethnie, les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) au Canada sont souvent indécises face à leurs revendications identitaires. L'article propose le modèle d'autonomie culturelle pour situer les aspirations identitaires des CLOSM et les paramètres de leur vitalité. Nous faisons une analyse de deux des éléments de ce modèle – la mobilisation politique et les structures de gouvernance – en les appliquant à l'une des CLOSM : les communautés francophones et acadiennes (CFA). Il ressort de cette analyse que les modalités de gouvernance fondées sur un partenariat avec l'État ne semblent pas mobiliser les communautés et pourraient même freiner leur engagement dans une dynamique d'autonomie culturelle nécessaire à leur vitalité.
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808.Plus d’information
En 2007 est créé le premier Diplôme Universitaire (DU) de « formation civile et civique », ouvert à tous, mais conçu particulièrement à destination des cadres religieux musulmans. Ces cadres peuvent être appelés à exercer des fonctions d'aumôniers dans les armées, les prisons et les hôpitaux. C'est en 2017 qu'il est rendu obligatoire pour les futurs aumôniers voulant être rémunérés. Dans quelle situation se trouvait cette politique publique d'éducation en 2017, quelles étaient ses difficultés ? Le volume horaire minimal est de 125 heures et l'enseignement porte sur trois grands domaines : institutions de la République et laïcité, grands principes du droit des cultes, sciences humaines et sociales des religions. En 2017, 34 % des effectifs totaux sont des cadres religieux musulmans et 20% d'entre eux sont détachés depuis l'Algérie. Intégration et prévention de la radicalisation sont les objectifs affichés par le ministère de l'Intérieur. Les difficultés rencontrées sont d'ordre technique pour trouver des horaires adaptés, d'ordre pédagogique en raison des disparités de niveau des étudiants et d'ordre politique vis-à-vis des autres cultes qui ne se sentent pas concernés. Après un temps de réticence des universités publiques, le développement de ces DU est toutefois un succès sans lequel des personnes de convictions et de conditions différentes n'auraient pas eu l'occasion de se rencontrer.
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809.Plus d’information
L’objectif du présent mémoire est double. D’une part, il cherche à identifier les facteurs qui permettent au gouvernement canadien et aux peuples autochtones de s’entendre sur des politiques publiques, malgré la persistance d’une logique coloniale. Nous verrons que l’atteinte d’une entente est conditionnelle à la légitimité du processus d’élaboration de la politique publique d’un point de vue autochtone. D’autre part, ce travail invite à penser le processus d’élaboration des politiques publiques comme espace potentiel d’autodétermination. Étant donné la malléabilité des règles qui encadrent l’élaboration des politiques publiques en contexte canadien, le gouvernement – s’il en a la volonté - peut modeler le processus d’élaboration de façon à le rendre plus égalitaire et donc plus légitime d’un point de vue autochtone. Il sera démontré que, dans …
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810.Plus d’information
Face aux changements climatiques et à l'aggravation des risques d'inondation, le discours sur la résilience territoriale s'intensifie. Il montre pourtant de nombreuses limites opérationnelles. Les projets urbains tendent au final à gommer les différences des aménagements urbains exposés à l'inondation. Lors de la mise en oeuvre de la résilience, les contraintes sont négociées et rabaissées pour construire une opération au plus proche des conditions classiques. La production urbaine en zone inondable tient compte a minima de l'inondation. Basé sur le cadre d'analyse des ressources de politiques publiques, l'article parlera de « faux-semblants » pour souligner l'incompréhension de départ qui affiche l'inondation comme une contrainte insurmontable, constituée de règles paralysantes et de surcoûts assurés, alors que les opérations en zone inondable disposent d'atouts. Peu de recherches interrogent les intérêts dits « privés » dans le rapport de force, alors que la logique de marché de la production urbaine tend in fine à atténuer les particularités en zone inondable.
Mots-clés : Production urbaine, prévention des inondations, politiques publiques, ressources, logiques de marché, Urban Production, Flood Prevention, Public Policy, Resources, market rationale