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81.Plus d’information
RésuméLes organisations américaines et françaises de retraités poursuivent des stratégies cognitives variées pour orienter leurs activités militantes dans le domaine des politiques publiques. Malgré d'indéniables points communs, des différences significatives existent entre les organisations des deux pays. Ainsi, l'expertise mobilisée par les organisations américaines se construit généralement autour d'une logique de professionnalisation. En France, au contraire, les organisations de retraités fondent leur action sur un certain « amateurisme cognitif », et ce bien qu'une tendance à la professionnalisation de l'expertise semble se faire jour. À cette recherche de professionnalisation s'ajoute une logique d'expertise partisane (advocacy) qui s'étend dans les deux pays. Mais, dans l'immédiat, l'élaboration de « contre-pouvoirs sociaux » dans le domaine de l'analyse et de l'élaboration des politiques publiques semble beaucoup plus développée aux États-Unis qu'en France.
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83.Plus d’information
RésuméCet article est consacré à l'étude du Projet de cluster maritime du Québec. Ce projet, qui trouve ses origines dans des politiques publiques formulées à partir de 1998, représente une tentative délibérée de faire émerger au sein de l'industrie maritime des régions du Québec maritime un cluster dynamique. Cet article a un double objectif. Tout d'abord, il vise à décrire et à analyser les politiques et les actions publiques au coeur de ce projet de cluster, ensuite il discute des retombées économiques liées à ce projet au niveau régional. À partir de cette étude de cas, nous cherchons à mieux comprendre les pièges qui doivent être évités dans la formulation de politiques de cluster ainsi que la pertinence de l'approche des clusters pour favoriser le développement économique des régions périphériques.
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85.Plus d’information
En cette période de mutations sociales, les politiques publiques en direction des jeunes en difficulté sont au centre de nombreux débats, qu'il s'agisse des politiques qui s'adressent aux jeunes repérés nominativement sous mandat (certaines politiques sociales, les politiques judiciaires, éducatives sous contrôle judiciaire, pénitentiaires) ou de celles qui visent un public plus large (les politiques de l'aide sociale à l'enfance, d'animation sociale et culturelle, de formation professionnelle, d'insertion sociale et professionnelle, de lutte contre la toxicomanie, de santé, de rénovation de l'habitat...), les secondes ayant pour objectif affiché d'éviter la prise en charge de certains jeunes par les premières. En centrant l'analyse sur les jeunes en difficulté aussi bien que sur les politiques visant à limiter les effets du rétrécissement du marché de l'emploi salarié pour les jeunes, l'article cherche à préciser les conditions dans lesquelles ces politiques se sont mises en place et à en mesurer les effets pour ces populations fragilisées.
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86.Plus d’information
Une scène musicale peut être définie comme unespace culturel délimité sur un territoire par unensemble d'activités, de lieux et d'institutionsautour d'une culture musicale commune. Les musiques populairess'inscrivent non seulement dans un espace de pratiques et dereprésentations sociales, mais également dans des espacespolitique et économique dans lesquels une multitude depolitiques publiques interviennent. Une scène culturelle donneplus largement à voir la diversité desréglementations en oeuvre qui participent à lafaçonner – alors que celles-ci ne sont pas toujoursdéfinies comme des instruments de gouvernance culturelle. Lesindustries culturelles, qui jouent un rôle central dans lesdynamiques culturelles locales et translocales, sont pourtant lesgrandes absentes des différentes études sur lespolitiques culturelles. En nous appuyant sur trois enquêtes deterrain (Paris, Sydney, Québec), nous montrons que lesinterventions dans le domaine des musiques populaires reposentuniquement sur deux registres d'action – le social etl'économique - ce qui interroge finalement lesvisées de l'interventionnisme culturel.
Mots-clés : musiques populaires, scène locale, scène culturelle, politiques publiques, réglementation, popular music, local scene, cultural scene, public policies, regulation, música popular, escena local, escena cultural, políticas públicas, regulación
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88.Plus d’information
Les programmes d'infrastructures municipales du gouvernement fédéral illustrent l'évolution de la gouvernance multiniveau dans le contexte canadien car ils sollicitent un partage de responsabilités entre les trois ordres de gouvernement : fédéral, provincial et municipal. Dans le cadre de cette étude, nous nous intéressons à la portée de ces programmes sur la dynamique intergouvernementale dans une perspective tripartite. Notre analyse se veut un bilan historique des instruments de politiques publiques et des arrangements institutionnels en matière de dépenses en infrastructures. La première question de recherche porte sur la résilience de la gouvernance multiniveau : ces programmes ont-ils un caractère permanent ou pourraient-ils facilement être abolis selon la conjoncture politique ? La seconde a trait aux instruments de politiques publiques : quels sont les arrangements institutionnels et la forme des pactes intergouvernementaux mis en place pour permettre au gouvernement fédéral d'intervenir dans le secteur des infrastructures municipales ? Pour analyser les instruments, une typologie comprenant trois modèles de financement est développée.
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89.Plus d’information
À l'aide des notions de référentiel, d'acteur-médiateur et de ressource, ce texte montre que la redéfinition de la gouvernance municipale et territoriale québécoise au cours de la période 2000-2016 découle de trois facteurs principaux : l'accentuation du référentiel de redressement des finances publiques; les efforts de mise en cohérence du secteur municipal avec les normes socioéconomiques qui caractérisent ce référentiel; l'impact des changements ainsi apportés sur la structuration du secteur et le positionnement des acteurs sociaux. Si l'étude montre que l'analyse par les référentiels s'avère pertinente pour comprendre la transformation des politiques publiques, il ressort aussi que les changements de gouvernement, le temps et les stratégies des acteurs jouent un rôle.
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90.Plus d’information
L'article de Johann Michel cherche à étudier les relations entre les acteurs impliqués dans la fabrique des politiques publiques de la mémoire en France depuis le début de la troisième République. Sur un premier niveau d'analyse (la configuration des acteurs institutionnels), l'auteur montre que le pouvoir législatif dispose de l'essentiel des compétences mémorielles jusqu'en 1958. Le rapport entre les pouvoirs s'inverse à partir de 1959 au bénéfice de l'exécutif. Il faut attendre le début des années 1990 (adoption de la loi Gayssot) pour assister à un rééquilibrage institutionnel entre les deux pouvoirs. Sur un second niveau d'analyse (rapport entre l'État et les acteurs non-étatiques), Johann Michel montre que jusqu'à la fin de la première Guerre mondiale, l'État reste le grand ordonnateur des politiques de la mémoire (phase du centralisme mémoriel), même s'il n'agit pas seul. Depuis lors, l'État a perdu une part importante de son pouvoir d'offre, d'initiative et d'orientation des politiques mémorielles au profit de nouveaux acteurs (entrepreneurs de mémoire, collectivités locales, institutions internationales). Les pressions toujours plus grandes de la société civile et la montée en puissance de nouveaux acteurs publics, l'interdépendance croissante des acteurs entre eux obligent les représentants de l'État à davantage de négociations et de concertation dans la fabrique des politiques de la mémoire (phase de la gouvernance mémorielle).
Mots-clés : politiques de la mémoire, entrepreneurs de mémoire, gouvernance, centralisme