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3951.Plus d’information
Les Roms forment la plus grande minorité ethnique en Europe, mais peu d'études se sont focalisées sur la délinquance et la victimisation au sein de cette communauté. Cet article présente une recherche exploratoire portant sur la victimisation et la délinquance des jeunes Roms roumains en Suisse romande. L'étude suit une démarche mixte qui combine 130 heures d'observation participante avec un sondage de délinquance et victimisation autoreportée (N = 27). Les résultats montrent que les victimisations les plus courantes sont les agressions verbales liées à la mendicité, la violence domestique et les vols, tandis que les délits les plus avoués sont les rixes et les violences conjugales, fréquemment bidirectionnelles. La délinquance et la victimisation sont souvent associées, même si la gamme de victimisations subies est davantage diversifiée que celle des délits commis. Les victimes ont une perception relativement positive de la police suisse, mais ne dénoncent que rarement les délits subis. Malgré la taille réduite de l'échantillon et les biais liés à une recherche de ce genre, l'étude apporte des éléments nouveaux en ce qui concerne le rôle des médias sociaux dans la délinquance, la bidirectionnalité de la violence conjugale et le faible taux de reportabilité des victimisations, tout en proposant des sujets d'étude pour des recherches futures.
Mots-clés : Roms, victimisation, délinquance, prévalence vie, reportabilité, Suisse, Roma, victimization, delinquency, life prevalence, reportability, Switzerland, Gitanos rumanos, victimización, delincuencia, prevalencia vida, reportabilidad, Suiza
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3952.Plus d’information
Les événements historiques qualifiés de « Cygnes Noirs » ont généralement cristallisé dans leur sillage des ensembles de signes très lourdement connotés. C'est le cas des signes nazis, aujourd'hui chargés de l'horreur indicible du génocide des Juifs européens qui a dû être constatée par le monde entier à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dans Maus d'Art Spiegelman, l'auteur raconte l'histoire de son père, survivant de l'Holocauste, et incorpore pour ce faire ces signes dans la matière visuelle de son oeuvre. La présente étude cherche à porter un regard sur les modalités et les fonctions de la récupération et de la réinscription polysémique des symboles et des icônes du Troisième Reich dans la version complète en deux volumes de l'oeuvre (Maus : A Survivor's Tale, 1992). Cette analyse se veut ainsi une contribution aux travaux existants sur Maus qui s'intéressent non seulement à l'histoire qui y est relatée, mais aux spécificités du médium par lequel elle est racontée, en prenant pour objet la présence dans l'oeuvre de Spiegelman de signes qui ont été utilisés par le régime nazi et la façon dont ils sont modulés par le médium de la bande dessinée. L'analyse proposée ici de l'éclatement et de la dissémination de ces signes dans l'espace textuel et paratextuel (notamment les éléments du drapeau nazi) s'appuie par ailleurs sur certaines propositions d'études récentes qui portent sur la transmission de la mémoire d'un traumatisme collectif.
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3953.Plus d’information
RésuméÀ partir du constat selon lequel la définition de ce qu'il faut entendre par mouvements sociaux ne fait pas l'objet d'un consensus dans la littérature, l'auteur pose la question du périmètre de la sociologie des mobilisations et, partant, la question de l'objet pour cette sous-discipline. Le but visé n'est pas de proposer une nouvelle définition des mouvements sociaux, mais plutôt de proposer un petit exercice de vigilance épistémologique consistant à montrer comment les définitions utilisées peuvent générer tout un ensemble d'angles morts. Après un rappel succinct de l'état du champ sur cette question de la définition des mouvements sociaux, cet essai s'organise autour de trois interrogations. D'une part, les mouvements sociaux peuvent-ils se définir par leur orientation vers le changement et, si oui, de quel changement s'agit-il ? D'autre part, peut-on définir les mouvements sociaux par les acteurs qui les portent et, si oui, quels types d'acteurs faut-il retenir ? Enfin, peut-on définir les mouvements sociaux par leur modus operandi et, si oui, quels modes d'action doit on retenir ?
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3954.Plus d’information
En 2019, Bibliothèque et Archives Canada célébrait ses quinze ans d'activités depuis l'adoption de sa loi constitutive. À cette occasion, il est opportun de revenir sur les deux processus concomitants qui ont rendu possible l'intégration dans une seule institution des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale du Canada. Il s'agit, dans un premier temps, de revoir les enjeux et défis à relever qui ont mené à cette approche nouvelle. En effet, l'expansion rapide des besoins en accès et en préservation, la contraction des ressources et l'irruption des technologies de l'information sollicitaient fortement les deux institutions, qui devaient trouver de nouvelles voies de développement. L'intégration allait progressivement apparaîtrecomme une solution. Si l'unification au sein d'une même entité administrative est devenue possible, c'est également le fait d'une évolution conceptuelle majeure. La loi de 2004 fonde clairement le mandat de Bibliothèque et Archives Canada sur la préservation et la mise en valeur du patrimoine documentaire. Ce concept, apparu dans les années 1960 dans le monde hispanophone, il importe d'en revoir l'évolution – tant canadienne qu'internationale –, mais aussi d'en saisir l'importance, car il insère clairement archives et publications dans le rapport collectif à la mémoire.
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3955.Plus d’information
L’article analyse le concept anarcha-féministe polonais de la protestation contre la violence sexospécifique à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Examinant des entrevues sur l’histoire orale avec des activistes et des productions culturelles communautaires datant de la période de transformation politique, comme des fanzines, des brochures et des représentations graphiques, l’article se penche sur divers concepts et stratégies d’une grève féministe. Ces différentes sources historiques mettent en relief de multiples inspirations pour les stratégies de protestation employées par les collectifs analysés, notamment la tradition des grèves de femmes durant l’époque socialiste, les manifestations de jeunes durant les années 1960 ainsi que le féminisme anglo-américain. Elles permettent également de réexaminer les dynamiques émotionnelles et les significations de la violence qui ont émergé de documents d’archives anarcha-féministes et de souvenirs d’activistes sur une base individuelle.
Mots-clés : anarcha-féminisme, anarcho-feminism, Pologne, Poland, transformation politique, political transformation, protestation, protest, violence, violence, zine
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3958.Plus d’information
Le topos de l’auberge dans l’histoire comique crée autant un effet de ressassement que de contraste : elle suscite des situations reconnaissables, conditionne des épisodes stéréotypés, programme des scénarios qu’on retrouve, avec variance et nuance, dans beaucoup de textes du même genre. Partout visible, à la fois comme figure métaphorique modélisant une sociabilité libertine de substitution ou point de contact diégétique où se concentrent en un même endroit intrigues et personnages, l’auberge correspond bien à ce que les satoriens définissent comme une « configuration narrative récurrente ». Les enjeux pluriels convoqués par le topos de l’auberge peuvent ainsi se diviser en trois grandes catégories : il s’agit d’abord d’un lieu public encourageant les rencontres; ensuite d’un lieu qui, précisément en raison de ces voisinages forcés, engendre chaos et violence; enfin d’un lieu qui non seulement héberge des récits, mais constitue en lui-même une image kaléidoscopique de la narrativité. Plus précisément encore, nous retiendrons du topos de l’auberge sa fonction métanarrative, l’une de ses propriétés constitutives permettant son repérage.
Mots-clés : Topos, Auberge, Histoire comique, Narrativité, Espace
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