Documents repérés
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71.Plus d’information
Cette étude est une analyse de l'historiographie contemporaine de la Pologne. Elle se veut un apport à la connaissance épistémologique dans ce domaine. La thèse centrale que nous défendons est de dire que le millénaire polonais, qui devient après sa célébration officielle en 1963 un concept chronosophique clef dans l'historiographie de la Pologne, est un complexe discursif, constitué d'énoncés scientifiques et idéologiques. En nous fondant sur une analyse de trois synthèses historiques, nous entendons démontrer que, peu importe qu'il s'agisse d'une analyse idéaliste, marxiste ou anti-marxiste, le sens donné au millénaire de la Pologne est celui de la formation d'une nation. Ses acteurs historiques sont l'Église, la noblesse et le peuple. Cette unanimité discursive, malgré des divergences méthodologiques considérables, est la preuve de l'existence d'un …
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75.Plus d’information
L'histoire de la Silésie, zone de contact, a fait de l'ethnomusicologie locale une science militante, et ce dès le XIXe siècle. La démarche des ethnomusicologues visait d'abord à maintenir l'identité nationale polonaise en Silésie, puis, entre les deux guerres, à promouvoir l'unification régionale pronationaliste. À l'époque socialiste, le régime a fortement sollicité la discipline pour qu'elle crée une culture populaire unitaire. Cette politique, particulièrement contestée déjà avant la fin du régime, l'est totalement depuis 1990 aussi bien pour son contenu idéologique que pour sa méthodologie. La remise en cause de la notion de « peuple heureux » et de son « beau folklore » s'est accompagnée de la redécouverte des musiques traditionnelles des sociétés autochtones des plaines et des montagnes ainsi que de celles des minorités ethniques de la région. Le cas silésien, complexe aux plans culturel, religieux, historique, géographique et économique, peut donc servir de modèle pour l'analyse exploratrice et prospectrice d'autres régions européennes.
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76.Plus d’information
Cet article propose une réflexion critique sur le concept de « patrimoine commun », introduit par Tomaszewski au milieu des années 1990, et qui renvoie à l'héritage culturel de territoires bi- et multiculturels. Cette notion véhicule l'espoir de rompre avec le passé et tout particulièrement avec l'interprétation nationale du patrimoine, afin de concentrer les forces en faveur de sa préservation. L'analyse critique du contexte d'émergence de cette notion et de ses différentes interprétations met en lumière son opérabilité et ses limites à la fois sur le plan théorique et pratique. Une approche juste du patrimoine doit plutôt prendre en compte ses origines, les altérations qu'il a subies et le rapport que les communautés entretiennent avec lui. Ainsi, ceux qui fréquentent le patrimoine en question et qui s'y identifient entreprennent des projets à petite échelle en négociant des compromis. Une approche prometteuse et favorable à la renaissance du patrimoine repose ainsi sur des actions intercommunautaires qui lui attribuent une nouvelle charge symbolique, permettant ainsi de créer un patrimoine effectivement commun.
Mots-clés : patrimoine, expulsion, appropriation