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2471.Plus d’information
Cette étude a pour but de comparer l'évolution du processus sociologique des bonnes sociétés néerlandaises et américaines depuis les années 1880, alors que les usages pour faire la cour étaient encore sous le contrôle strict des parents. Elle décrit de quelle manière le système de rendez-vous aux États-Unis, celui du verkering aux Pays-Bas (un « engagement » informel analogue à celui de « sortir ensemble »), ainsi que la propagation de nouvelles directives parentales pour « rester dans le coup », permirent aux jeunes de s'émanciper de la domination de leurs parents. Lorsqu'entre 1945 et 1965, le concept de « sortir ensemble » prit de l'importance aux États-Unis, les trajectoires de ces deux pays convergèrent. Il fut cependant à noter qu'après la révolution sexuelle, le traditionnel tabou du sexe avant le mariage redevint prédominant aux États-Unis alors qu'il diminua drastiquement aux Pays-Bas lorsque les parents néerlandais autorisèrent de plus en plus leurs adolescents à avoir des relations sexuelles, même sous leur toit. En s'appuyant sur les recherches en sexologie, mais aussi sur l'étude de livres de moeurs, l'auteur décrit les deux trajectoires de la réglementation du sexe avant le mariage. Il explique comment elles furent intimement liées aux différences nationales en matière de réglementation de la compétition sociale, de l'équilibre de pouvoir entre les classes, du sexe et des générations, et enfin du niveau d'intégration sociale de ces nations.
Mots-clés : processus sociologique, sexualité avant le mariage, comparaison entre les États-Unis (le rendez-vous) et les Pays-Bas (sortir ensemble) depuis les années 1880, sexualisation, processus informel, process sociology, premarital sexuality, comparing the USA (dating) and the Netherlands (engagements) since the 1880s, sexualization, informalization, proceso sociológico, sexualidad antes del matrimonio, comparación entre Estados Unidos (la cita) y los Países Bajos (salir juntos) desde los años 1880, sexualización, proceso informal
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2472.Plus d’information
Le Plan Nord fut dévoilé en mai 2011 puis fut largement discuté jusqu'à l'élection législative de l'automne 2012 où le gouvernement qui le proposait fut défait. Cette étude propose d'examiner les rapports de pouvoir en cause au cours de cette période dans ce projet de développement massif des ressources naturelles du Nord du Québec. Inspirée par l'approche théorique et la méthode d'analyse du pouvoir d'influence, elle décrit et analyse le rôle tenu par chacun des acteurs principaux en présence ainsi que leurs rapports : la grande entreprise, l'État et les collectivités locales. Elle repose sur l'analyse documentaire d'un corpus constitué de plusieurs sources : informations corporatives disponibles sur Internet, documentation officielle du Gouvernement du Québec, dépouillement systématique de la presse nationale et régionale. Elle diagnostique une convergence entre les intérêts de la grande entreprise et le discours étatique, et un déchirement des collectivités locales. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant de trouver au rang des contestataires les étudiants grévistes du printemps 2012. Les tensions que révèlent les débats au sujet du Plan Nord étaient révélatrices de tensions plus générales qui caractérisent les rapports de pouvoir au Québec, fondés sur l'approfondissement du néolibéralisme.
Mots-clés : amérindiens, autochtone, développement économique, influence, inuit, mythe du Nord, Nord, Plan Nord, rapports de pouvoir, sociologie politique, Aboriginals, Amerindians, economic development, influence, Inuit, myth of the North, North, Plan Nord, political sociology, power relations
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2473.
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2474.Plus d’information
Au début des années 1950, des centaines de villes au Canada et aux États-Unis ont fait l'expérience de fermer des artères commerciales du centre-ville à la circulation motorisée au profit des piétons. Les quelques chercheurs qui se sont penchés sur ces rues piétonnes ont souligné l'échec qu'elles ont représenté en tant que stratégie de revitalisation économique. L'espérance que la création de ces nouveaux espaces publics attirerait au centre-ville les consommateurs des banlieues a été déçue, et très peu de ces espaces existent encore. Cet article adopte une approche différente en analysant la vie de ces espaces en tant qu'espaces publics, à partir des riches archives de la zone piétonne de la rue Yonge à Toronto (1971-74). Cet angle favorise la compréhension du centre-ville d'Amérique du Nord à une époque de motorisation, de renouveau urbain, et de réforme municipale. Pendant quatre étés, une série d'intervenants ont insufflé dans le concept de la rue piétonne leurs espoirs et leurs craintes pour l'avenir des villes, et se sont approprié ces espaces à travers différentes pratiques. La rue Yonge s'est acquis en conséquence plusieurs identités : un site de sociabilité et de démonstration de fierté civique, un geste de protestation contre la pollution, une place de marché, un lieu de rassemblement pour les jeunes, et un lieu où la vie du centre-ville s'offre en spectacle. Cet article explore donc les conceptions et la vie de rue ayant contribué à ces identités de l'avenue piétonne, et fait valoir que l'expérience est mieux comprise à travers son caractère d'espace public contesté. Il replace également les différents acteurs et idées qui, à cette époque, ont convergé sur la rue Yonge dans le contexte plus large de la ville nord-américaine d'après-guerre.
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2475.Plus d’information
La compétence fédérale en droit criminel a été traditionnellement confinée, en matière de protection de l'environnement, à la prohibition d'activités mettant en danger la santé du public. L'auteur tente de démontrer que l'interprétation évolutive qu'a reçue cette compétence permet aujourd'hui d'affirmer que les émissions de substances dangereuses qui ne portent pas atteinte à la santé des êtres humains, mais qui sont susceptibles de détériorer l'environnement, constituent un « mal public » justifiant une intervention fédérale fondée sur l'article 91(27) de la Constitution. Il soutient également que cette disposition autorise autre chose que la simple interdiction. Elle permet ainsi la réglementation, par le Parlement fédéral, des émissions de substances dangereuses générées par les activités industrielles et commerciales d'entreprises locales qui relèvent au premier chef de la compétence des provinces.
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2476.Plus d’information
Depuis plus de dix ans qu'elle est connue des services sociaux, la famille Grouillant est considérée par les institutions comme « un milieu criminogène ». En fait, il y a eu au cours de ces dix dernières années, de nombreuses interventions auprès des Grouillant. Toutes ont plus ou moins échoué.Le dossier Grouillant se présente sous forme d'une volumineuse liasse de huit pouces de documents, d'évaluations, de lettres, de notes, etc.Cette écriture brute reflète la quotidienneté de l'exercice du contrôle social par les institutions. Or dans toute leur authenticité, ces documents plaident plutôt pour la famille Grouillant que pour la pratique du travail social. C'est un travail social judiciarisé qui fonctionne sur le mode du secret, à travers des documents confidentiels, à travers le huis clos de réunions entre intervenants d'où sont totalement exclus les principaux concernés : les Grouillant.Dans la mesure où le contrôle social qui caractérise ce type de travail social plus que tout autre s'exerce en permanence sur la quotidienneté, il est essentiel de le prendre sur le vif, de le laisser discourir dans toute sa vérité nue.C'est ce que propose cet article qui, dans un deuxième acte, nous permet de rencontrer les Grouillant dans leur vie de tous les jours.
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2477.Plus d’information
Créée pour résoudre des litiges nés de l'application et de l'interprétation des textes de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), la Cour de justice de la CEDEAO (CJCEDEAO) est habilitée, depuis 2005, à connaître des cas de violation des droits fondamentaux de la personne consacrés par la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. C'est ainsi que, saisie d'une affaire d'esclavage, opposant la République du Niger à Mme Hadijatou Mani Koraou, elle a donné gain de cause à celle-ci sur fond quasi-exclusivement de la jurisprudence du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qui, pourtant, avait émis de réserves quant à la généralisation de sa conception de l'esclavage. Par ailleurs, la jurisprudence et la doctrine des droits fondamentaux de la personne semblent aller à contre courant de ladite conception. Le présent article donne une vue d'ensemble de la CJCDEAO et de la définition de l'esclavage dans diverses disciplines du droit international. Il suggère qu'en dépit d'incontestables mérites de l'arrêt Hadijatou, l'on peut affirmer qu'en omettant d'examiner la jurisprudence et la doctrine pertinentes des droits fondamentaux de la personne, la CJCEDEAO a adopté une vue tronquée de l'esclavage et que, partant, il convient de relativiser sa contribution à la compréhension de la définition de l'esclavage en droit international. Enfin, l'article propose quelques pistes d'amélioration générale de la qualité du travail de la CJCDEAO en matière des droits fondamentaux de la personne.
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2478.Plus d’information
Cet article retrace le passage, au Québec, de 1763 à 1968, d'un modèle communautariste de police, au sein duquel cette fonction s'exerce de l'intérieur des communautés par leurs membres, à un modèle libéral de police, qui implique l'attribution de la responsabilité du maintien de l'ordre public à des structures exogènes placées sous le contrôle du gouvernement. Ce passage s'effectue dans deux mouvements successifs dont le but est le même, celui de persuader du rattachement exclusif de la force publique de contrainte à l'intérêt général. Lors du premier mouvement, la fonction de police est détachée du pouvoir économique dans la première moitié du XIXe siècle. Lors du deuxième mouvement, elle est formellement séparée du pouvoir politique à l'aide de la reconnaissance, au cours du XXe siècle, de la notion d'expertise en matière de maintien de l'ordre public.