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3071.Plus d’information
L’enjeu de cet article est de mettre en lumière les stratégies littéraires qui permettent à Genet de faire tenir ensemble abjection et célébration. Genet ne se contente pas de représenter criminels, prostitués homosexuels et traîtres : il célèbre les parias, chante le mal, l’intègre dans une entreprise encomiastique. L’une des stratégies étudiées dans l’article, par exemple, consiste en l’inversion de la logique attributive entre l’objet chanté – le voyou célébré – et ses qualités : l’abjection n’atteint pas le personnage, parce que ce ne sont pas les qualités du personnage qui le déterminent mais, à l’inverse, c’est le personnage qui détermine le contenu moral de ses qualités. C’est-à-dire que le mâle désirable, s’il est lâche, ne devient pas moins désirable d’être lâche, mais, tout au contraire, la lâcheté devient belle d’être la lâcheté d’un bel homme.
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3073.Plus d’information
L'article explore le problème social des dépendances et amorce la réflexion sur le deuil qui s'ensuit dans la perspective de son impact sur les dynamiques familiales. Devant l'ampleur des formes de décès possibles dans le champ des dépendances, le texte traite d'abord la question à partir d'une lecture des perspectives de contrôle social pénal et thérapeutique. La deuxième partie décrit la façon dont les toxicomanies et les dépendances sont en rapport avec la mort et le deuil. Il analyse en troisième lieu en quoi le deuil des familles est particulièrement affecté par les décès en contexte de dépendances pour ensuite traiter des modes d'intervention en fonction de l'association dépendances-mort-deuil.
Mots-clés : dépendances, deuil, familles, intervention, addictions, mourning, family, intervention
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3074.Plus d’information
L'exercice qui vise à définir les gangs de rue et à en identifier les membres est complexe. Plusieurs caractéristiques de ces groupes, notamment leur caractère élusif et clandestin, leur grande hétérogénéité ainsi que leur caractère changeant nous ont poussés à en modifier notre conceptualisation. Cet article propose une définition générale et simple qui décrit le gang de rue comme un groupe criminel organisé qui se distingue des autres groupes du crime organisé définis par la loi 467.1. L'accent est toutefois mis sur le caractère opérationnel des marqueurs d'appartenance et le rationnel qui sous-tend leur développement. Une nouvelle définition des gangs jumelée à une opérationnalisation basée sur des critères observables par les organisations policières offre plusieurs avantages par rapport à une définition développée dans un cadre académique. Les implications théoriques et les enjeux pratiques sont également abordés.
Mots-clés : Gangs de rue, définition, identification, crime organisé, police, Street gangs, definition, identification, organized crime, police, Pandillas callejeras, definición, identificación, delincuencia organizada, policía
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3075.Plus d’information
L'objectif de l'auteur est de réfléchir à la position politique paradoxale et problématique qu'occupe l'homme proféministe dans son rapport aux femmes en général et aux féministes en particulier. Après avoir rappelé très brièvement quelques problèmes associés à l'engagement malheureux d'hommes proféministes à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, l'auteur montrera, dans une perspective féministe radicale matérialiste (Christine Delphy), que les hommes, même les mieux intentionnés, sont toujours privilégiés en tant que mâle. Il proposera conséquemment que les hommes proféministes s'engagent dans un processus de disempowerment. En reprenant la distinction entre le « pouvoir sur » (pouvoir de domination) et le « pouvoir de » (pouvoir d'agir), l'auteur clarifiera ce qu'il entend par disempowerment, soit un processus par lequel des hommes devraient travailler individuellement et collectivement à limiter le pouvoir qu'ils exercent sur les femmes et les féministes. Il rappellera enfin que, malgré leurs bonnes intentions, l'engagement des hommes proféministes recèle toujours un potentiel problématique pour des féministes et que c'est le rapport de force créé et entretenu par des féministes qui pousse des hommes à se dire proféministes et qui limite les effets négatifs de leur engagement.
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3077.Plus d’information
En 2013, Giancarlo De Cataldo et Carlo Bonini font paraître le roman Suburra. Entre 2017 et 2020, la plateforme de streaming Netflix diffuse sa première série originale italienne, Suburra. La serie, libre adaptation du livre éponyme. Dirigées par Michele Placido, Andrea Molaioli et Giuseppe Capotondi, les trois saisons se caractérisent par un scénario dense qui fait s’entremêler des intrigues complexes autour d’une triple polarisation criminelle : les intérêts de trafiquants romains, de figures politiques locales et de hauts dignitaires du Vatican s’y trouvent ainsi inextricablement mêlés autour de l’acquisition de terrains à Ostia, symboles géographiques d’un pouvoir hégémonique. Cet article montre comment, à travers les choix narratifs opérés par ses auteurs, l’adaptation sérielle de Suburra constitue une version plus riche et aboutie, du point de vue éthique, que l’œuvre littéraire originelle. En effet, la série remet en cause la cristallisation des représentations qui caractérisait le roman et enfermait les personnages dans une dichotomie bien / mal, autour de laquelle s’articulait chacune de leurs actions. Bouleversant l’agencement systémique de la diégèse originelle, la série travaille avec subtilité les rapports interpersonnels et institutionnels, pour ouvrir sur une narration plus humaine et éthique de la criminalité et du monde contemporain.
Mots-clés : Subarra, Subarra, Rome, Rome, mafia, mafia, criminality, criminalité, De Cataldo, De Cataldo
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