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81.Plus d’information
Ce texte propose de situer ce nouveau domaine d'interface, la dite « neuropsychanalyse » dans la logique de l'histoire de la psychologie afin d'en articuler une épistémologie contre-intuitive et non-réductionniste. Le fil conducteur est l'idée que, de par l'histoire de la pensée, ce furent à chaque fois les progrès bouleversants de la biologie qui ont donné lieu au fondement, puis à l'institution du domaine de la psychologie. Or, nous nous trouvons à nouveau dans un moment de grand bouleversement par les progrès en neuro-imagerie. La visualisation cérébrale étant devenue totalisante, nous pensons qu'elle va acculer la psychologie à son heure de vérité. En effet, le mental, en cette époque du paradigme médical et neurobiologique, est soit mal pensé (sur un mode médical, induisant ainsi structurellement de la psychopathologie), soit n'est pas pensé du tout (réduit à un épiphénomène du biologique). Quand le dernier neurone sera finalement retourné, nous aurons enfin la certitude que l'âme ne s'y trouve pas ; il s'agira de fonder le psychique autrement, notamment à partir du sujet et non de la fonction. Le psychique pourra alors se révéler comme relatif à une perspective sur le corps, plutôt qu'à partir du corps. D'où la subversion du paradigme classique qui propose de « remonter du corps à l'âme », comme dans ledit « dual aspect monism », soit l'épistémologie majoritairement en vigueur dans le domaine de la neuropsychanalyse. Nous nous démarquons de cette approche et souscrivons à un dualisme épistémologique, qui suggère que ce qui du sujet aidera à penser la physiologie, donnera consistance à une véritable science autonome du psychique. Plus précisément, nous proposons que les concepts de signifiant et de jouissance acquièrent une consistance du fait qu'ils peuvent offrir une grille de lecture éclairante de la physiologie du corps, voire même fonder une architecture de l'appareil psychique.
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85.Plus d’information
Cet article retrace l'histoire des critiques féministes de la psychologie et expose les conditions, qui non seulement permettent la politisation de la psychologie par les féministes, mais la font apparaître comme nécessaire dans les États-Unis des années 1970. Il décrit ce qui permet de qualifier le projet de transformation de la psychologie des psychologues féministes de processus de politisation et ce que cela recouvre. Enfin, il propose une réflexion à partir de cette histoire et des propositions des psychologues féministes étudiées sur ce que démocratiser la thérapie veut dire.
Mots-clés : féminisme, psychothérapie, critiques politiques de la psychologie, pratiques démocratiques, égalité, feminism, psychotherapy, political criticisms of psychology, democratic practices, equality
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86.Plus d’information
RésuméLe présent article décrit les travaux de la Revue internationale de filmologie en matière de psychologie. En règle générale, cette revue voit cohabiter des tendances opposées, liées à la double ascendance, philosophique et expérimentale, de la psychologie, et très sensibles encore dans la France des années 1940 à 1960 : l'une mène à spéculer de manière introspective, l'autre à faire des tests et des mesures, dans la lignée du behaviorisme puis de la théorie de la communication. Une ambition interdisciplinaire — difficilement traduite en faits — y conduit aussi les psychologues à inscrire leur travail dans une vision d'ensemble anthropologique, sinon politique, qui les fait travailler avec des sociologues et des historiens de l'art. Quelques-unes de leurs conclusions sont encore valables de nos jours, notamment à propos de la perception du mouvement ou de la « dangerosité morale » des images. D'autres, trop normatives ou négligeant trop de variables expérimentales, sont devenues indéfendables. Ce qui peut éventuellement servir de modèle épistémologique à la recherche actuelle en matière de cinéma, c'est l'application que montrent certains psycho-filmologues à considérer le cinéma comme un « fait social total » (Mauss) au lieu de le réduire à un « texte » ou à un « stimulus ».
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87.Plus d’information
RésuméNous présentons le profil des changements qui, dans la tradition de la psychologie empirique nord-américaine, ont ouvert la voie à l'étude empirique de la famille homosexuelle. Dans un deuxième temps, nous évoquons quelques suggestions concernant les forces qui semblent avoir facilité ces changements au niveau de la recherche. Ensuite, nous discutons d'enjeux scientifiques de la recherche sur la famille des minorités sexuelles. Enfin, nous introduisons un champ d'étude clinique spécifique, celui des relations conjugales, afin d'illustrer comment a) des études comparant les couples gais, lesbiens et hétérosexuels débusquent, en amont, les modèles explicatifs courants de la détresse conjugale et b) elles ouvrent ainsi la voie à la formulation de théories générales de l'ajustement conjugal.
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88.Plus d’information
RésuméCe texte présente l'importance du groupe dans la formation universitaire des psychologues cliniciens. Il s'agit bien sûr de la formation « au » groupe, c'est-à-dire à la transmission de connaissances sur les grands courants théoriques psychanalytiques de groupe : école anglaise, école argentine, école française, en particulier. Il s'agit aussi de la formation « par » le groupe, car les étudiants participent à des expériences de groupe, qui leur sont proposées à l'Université Lumière-Lyon 2 et, enfin, de l'importance du groupe des pairs dans les séminaires de Recherche en Master première et deuxième année. Ces trois perspectives donnent au groupe une position centrale dans la formation des futurs praticiens à l'Université.