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1641.Plus d’information
RésuméDepuis une quinzaine d'années, la forte prévalence de la co-morbidité des « troubles liés à l'utilisation d'une substance et à l'état de stress post-traumatique » a amené un nombre croissant d'auteurs à s'intéresser aux conséquences de celle-ci sur le traitement. Les données empiriques issues de ces études mettent d'abord en relief que la clientèle qui consulte pour alcoolisme et toxicomanie présente un tableau clinique à l'entrée en traitement nettement plus détérioré lorsque le trouble lié à l'utilisation d'une substance s'accompagne de l'état de stress post-traumatique. En plus de se présenter avec un profil clinique plus complexe, les usagers avec ces troubles concomitants retirent généralement moins de bénéfices du traitement de la toxicomanie.Des programmes de traitement intégré s'avèrent prometteurs pour accroître les bénéfices lorsque les deux troubles sont présents simultanément, mais ne semblent pas contrer le problème de l'abandon prématuré du traitement. Bien qu'aucune étude n'ait été élaborée spécifiquement dans le but d'identifier les facteurs impliqués dans ce processus, la recension des écrits révèle plusieurs indices qui suggèrent trois hypothèses explicatives : l'hypothèse d'automédication, la faiblesse de l'alliance thérapeutique et le manque de soutien social sans compter la contribution potentielle d'obstacles pratiques tels que des difficultés de transport ou des contraintes financières. Ces hypothèses devraient orienter la recherche et ainsi fournir des éléments essentiels à la conception de traitements mieux adaptés à la réalité des survivants de trauma.
Mots-clés : troubles liés à l'utilisation d'une substance, état de stress post-traumatique, co-morbidité, persévérance en traitement, toxicomanie, addiction, substance use disorders, post-traumatic stress disorder, comorbidity, perseverance in treatment, addiction, problemas relacionados con el consumo de una sustancia, estado de estrés postraumático, comorbididad, perseverancia en el tratamiento, toxicomanía, adicción
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1642.Plus d’information
L'industrie des jeux de hasard et d'argent a connu un essor important au cours des dernières années. Parallèlement, les gouvernements ont beaucoup investi dans la recherche et le développement de programmes de traitement afin d'aider les joueurs aux prises avec un problème de jeu. Bien que l'offre de traitement soit diversifiée, on ne dispose pas actuellement de données probantes permettant de statuer sur les meilleures pratiques en matière de traitement du jeu pathologique. Les études évaluatives qui ont été menées auprès de joueurs pathologiques comportent des failles méthodologiques. Néanmoins, certaines approches chez les adultes semblent prometteuses. Par exemple, l'approche cognitivo-béhaviorale et les groupes de soutien de type Gamblers Anonymes (GA) se démarquent en termes de maintien de l'abstinence au jeu. D'autres travaux récents présentent des résultats encourageants obtenus avec l'approche pharmacologique. L'administration de Naltrexone aux joueurs pathologiques permettrait de diminuer l'envie obsessive de jouer. On commence aussi à reconnaître que le modèle transthéorique du changement et l'approche de thérapie conjugale contribuent certainement à améliorer la rétention des joueurs adultes en traitement. Pour les adolescents, l'offre de traitement est moins développée. Les initiatives de programmes d'intervention pour les jeunes présentant un problème de jeu sont encore embryonnaires et empruntent généralement les paradigmes de l'approche cognitivo-béhaviorale. Il sera nécessaire aussi de réfléchir aux critères retenus correspondant à la réussite d'un traitement, que ce soit pour les adultes ou pour les adolescents. L'abstinence complète de tous les jeux de hasard et d'argent n'est peut-être pas le seul indicateur de rétablissement.
Mots-clés : Jeu pathologique, prévalence, traitement, adultes, adolescents, Pathological gambling, prevalence, treatment, adults, youths, Juego patológico, prevalencia, tratamiento, adultos, adolescentes
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1643.Plus d’information
Cet article fait le bilan de six recherches évaluatives menées par une équipe de chercheurs du RISQ (Recherche et intervention sur les substances psychoactives – Québec) sur les traitements offerts au Québec, principalement dans les centres de réadaptation publics, entre 1991 et 2005. Objectifs. Ces études avaient pour but d'évaluer : 1) si les participants provenant de centres de traitement en toxicomanie du Québec améliorent leur situation pendant et après leur traitement ; 2) quelles sont les sphères de vie où se produisent ces améliorations ; et 3) y a-t-il un lien entre les changements observés et l'exposition des participants au traitement. Méthode. Il s'agit d'une méthode dite « naturaliste » : les participants ont été exposés au traitement régulier offert dans les centres où ils étaient suivis. À l'aide de l'IGT-ASI, leur situation en matière de consommation de substances psychoactives et leur situation biopsychosociale ont été évaluées lors de trois temps de mesure, soit à leur arrivée en traitement, puis à des intervalles d'environ six et 12 mois. On a également mesuré la quantité (heures d'exposition au traitement) et la durée de l'intervention qu'ils ont reçue. Résultats. On observe de façon constante, dans les six groupes à l'étude, une amélioration des participants aux échelles « alcool » et « drogues » de l'IGT-ASI de même qu'à la plupart des dimensions évaluées par cet instrument entre le temps 1 et le temps 2, de même que le maintien de cette amélioration au temps 3. Par ailleurs, il n'y a pas de différence significative entre les participants qui ont eu peu ou pas de traitement et ceux qui en ont eu beaucoup. Interprétation. Le sens et la portée de ces résultats sont discutés par les auteurs, notamment en lien avec les limites de ces études. Sont présentées également les stratégies de recherches développées ultérieurement pour répondre aux questions soulevées par ces études.
Mots-clés : toxicomanie, recherches évaluatives, traitement, réadaptation, Québec, drug addiction, evaluative research, treatment, rehabilitation, Quebec, toxicomanía, investigaciones evaluativas, tratamiento, readaptación, Quebec
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1644.
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1648.Plus d’information
Le modèle des ancres de carrière proposé par Schein en 1978 est considéré comme une contribution majeure pour comprendre les cheminements de carrière des individus. En fait, cette théorie repose sur le postulat implicite selon lequel un individu ne posséderait qu'une seule ancre dominante. Ce phénomène de dominance est encore appelé « différenciation ». Aussi, de nombreux chercheurs en déduisent-ils qu'il faut ne retenir que l'ancre de carrière ayant le score le plus élevé pour opérationnaliser ce concept de dominance ou de différenciation. Pourtant certains individus pourraient posséder plusieurs ancres élevées, ce qui pose la question de la multiplicité des ancres, ici appelée « indifférenciation ». S'appuyant sur un échantillon de 900 ingénieurs québécois, cette étude montre que « l'indifférenciation » est plus fréquente qu'on ne le pense, qu'elle n'est pas un phénomène pathologique et qu'elle permet de mieux cerner un cheminement de carrière mal connu, soit le cheminement hybride.
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1649.Plus d’information
L'analyse du «travail réflexif», celui où le praticien offre un service direct à la personne, ne peut faire l'impasse sur la logique professionnelle mise en œuvre en réponse à celle des appareils de gestion du social. C'est ainsi que nous avons dégagé une typologie des référents professionnels des praticiens d'un établissement de services sociaux. Ces référents sont à la fois des pôles intégrateurs des pratiques et des sources d'interventions novatrices. La possibilité pour plusieurs intervenants de s'inscrire comme sujets autonomes dans leurs pratiques interpelle la thèse de la crise de l'identité professionnelle des intervenants sociaux.
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1650.Plus d’information
Cet article met en lumière la rupture historique qu'a représentée, dans le champ de la prise en charge de la délinquance juvénile, le centre de rééducation de Boscoville, fondé au début des années 1940 en région montréalaise. Appuyée sur les écrits des principaux fondateurs de l'approche psychoéducative, l'analyse met en relief les innovations théoriques et cliniques développées au sein de cet internat pour délinquants de réputation internationale au cours de ses premières décennies d'existence. L'expérience de Boscoville consacre l'effritement d'un modèle de disciplinarisation et de reconditionnement des mineurs délinquants axé sur la contrainte des corps, la mise au travail et la pratique religieuse. Elle contribue ainsi à une mutation des modes de régulation sociale en favorisant le déploiement d'une nouvelle façon d'envisager le travail sur l'humain par l'investissement de sa dimension psychique.