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553.Plus d’information
À la suite de différentes recherches sur les jeunes de la rue et les jeunes en difficulté, l'auteure propose une conception originale de la posture marginale adoptée par certains chercheurs qualitatifs en psychologie, de par une double allégeance où s'entrecroisent les critères de scientificité et le cadre de la clinique psychanalytique. Cette position d'entre-deux autorise le chercheur à soutenir, au sein du questionnement sur une problématique sociale, un regard ciblant d'abord la singularité de l'expérience et du psychisme individuel. De cette posture, un savoir novateur sera construit, en réponse à une demande multiple où les enjeux propres à la société, aux rapports sociaux et à l'individu se rejoignent dans une même problématique. Les exemples d'une recherche actuelle sur la parentalité chez les jeunes de la rue, et en particulier, différents aspects de l'analyse des entretiens menés auprès de l'un des jeunes pères rencontrés, illustreront la spécificité et les vertus heuristiques de cette approche clinique, et sociopsychique, de la recherche qualitative.
Mots-clés : POSTURE DU CHERCHEUR, JEUNES DE LA RUE, JEUNES EN DIFFICULTÉ, RECHERCHE CLINIQUE, PSYCHOLOGIE CLINIQUE, PARENTALITÉ
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555.
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556.Plus d’information
L'universitarisation des formations au travail social est souvent pensée comme le remède à la reproduction tendancielle des savoirs et des pratiques dues à un système où domine fortement la formation par les pairs. Face à des transformations et des processus de réingénierie pédagogique s'étant développés dans le champ des formations au travail social, en France depuis les années 2010, comprenant notamment leur entrée dans le système européen des formations supérieures, et l'adjonction de matières académiques dans les parcours de formation, il convient de s'interroger sur les enjeux et la portée d'une universitarisation qui en découlerait. Faute d'un cadrage théorique clair et de concepts permettant de penser l'action sociale d'accompagnement individuel et de transformation collective, les futurs travailleurs sociaux s'exposent aux dissonances cognitives. La sociologie d'intervention, entre autres disciplines, peut fournir les matériaux théoriques, conceptuels et méthodologiques de nature à éviter ces dissonances.
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557.Plus d’information
Les personnes trans interpellent et les débats théoriques et politiques les concernant s'enferment trop souvent dans un chiasme entre une apologie de l'identité et de la libération et une mise en garde sur la perte des repères immémoriaux. Mais comment en sortir si ce n'est en tentant de comprendre l'expérience vécue des personnes dont on parle ? Ce texte propose d'intégrer données empiriques, expériences cliniques, phénoménologie et théories contemporaines sur le genre pour comprendre l'expérience de soi des personnes trans et non binaires. De par leur existence, les personnes trans mettent en lumière la présence de ce qui est en fait déjà là : la subversion du système de genre binaire, mais aussi la question des liens entre modifications corporelles et construction du Sujet. Les subjectivités trans ne sont pas que la réplique d'une idée du féminin et du masculin, elles expriment autre chose, de l'ordre de la multiplicité, du devenir, des relations, de l'importance du ressenti corporel. Les corps y sont envisagés comme des matérialités signifiantes, origines et lieux du devenir trans. Découlant de la phénoménologie, le nouveau matérialisme est proposé comme outil conceptuel permettant d'appréhender ces matérialités affectées, signifiantes et transformatives.
Mots-clés : trans, genre, non binaire, subjectivité, corps, nouveau matérialisme, trans, gender, non-binary, subjectivity, body, new materialism