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  1. 711.

    Article publié dans Santé mentale au Québec (savante, fonds Érudit)

    Volume 44, Numéro 2, 2019

    Année de diffusion : 2020

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    Le discours psychiatrique contemporain dominant repose principalement sur un paradigme médico-technologique où la souffrance mentale est conceptualisée comme un « mécanisme défectueux » qui nécessite une « réparation » grâce à l'arsenal médical. Dans ce contexte, l'evidence-based medicine (EBM) a donc été largement adopté par la psychiatrie à la fin des années 90. L'EBM est une proposition qui vise à influencer et même légiférer la prise de décisions cliniques en mettant de l'avant l'idée d'une hiérarchie des évidences, où le savoir tiré d'essais contrôlés randomisés (ECR) et de méta-analyses a préséance sur les informations tirées d'autres sources. Ainsi, comme l'EBM favorise ces outils de création de savoir (ECRs et méta-analyses) il en découle que le savoir qui compte véritablement dans le paradigme EBM est celui qui est mesurable et spécifique ; deux conditions préalables nécessaires pour l'utilisation même de ces outils. En conséquence, l'EBM diminue la valeur et va même jusqu'à ignorer d'autres formes d'évidences, de savoir et de justifications pour la prise de décisions cliniques. Du point de vue éthique, le concept EBM soutient que la « bonne chose à faire » est d'appliquer le savoir produit par l'EBM dans le contexte clinique. Les autres formes de savoir pouvant être impliquées dans la prise de décisions cliniques, mais qui ne peuvent pas être étudiées via l'EBM, sont dévalorisées d'un point de vue éthique. La littérature révisée et explorée ici considère donc que l'EBM est mal adapté à la réalité de la pratique psychiatrique. L'EBM ne peut pas, par définition, prendre en compte les spécificités de la discipline, notamment pour ce qui est des diagnostics psychiatriques ; leur complexité rend les évidences produites par l'EBM d'une validité questionnable. Le concept ne peut pas non plus tenir compte des spécificités des thérapeutiques psychiatriques. Les facteurs thérapeutiques non spécifiques, ceux discrédités par l'EBM, sont cruciaux pour les soins de santé mentale. Également, les observations portant sur des aspects de l'esprit, sur des expériences subjectives, ne sont que bien incorrectement traduites en résultats statistiques, mesurables et spécifiques. Ces observations amènent le présent essai à considérer qu'il serait peut-être préférable pour la psychiatrie, de rejeter la « hiérarchie des évidences » de l'EBM, et de développer son propre « système des savoirs ». Celui-ci devrait prendre en compte la position épistémologique unique de la psychiatrie, où subjectivité, contextes, et valeurs pourraient occuper de façon légitime la place qui leur revient dans la prise de décisions cliniques en psychiatrie. Bien qu'une alternative à l'EBM en psychiatrie n'ait pas encore été établie, la littérature, et ce papier pointent vers l'idée d'un « système des savoirs » plus flexible que ce qu'offre l'EBM en termes épistémologiques, où les aspects éthiques reliés à la discipline, incluant l'éthique du savoir, l'éthique de « ce qui compte comme évidence », revêtent une importance cruciale.

    Mots-clés : psychiatrie basée sur les évidences, épistémologie, éthique, données probantes, evidence-based psychiatry, epistemology, ethics

  2. 712.

    Article publié dans Frontières (savante, fonds Érudit)

    Volume 14, Numéro 2, 2002

    Année de diffusion : 2020

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    Cet article présente certains résultats d'une recherche doctorale portant sur l'expérience de mères ayant perdu un enfant dans un contexte où la mort ne s'annonce pas… celui de la mort subite du nourrisson. La spécificité de cette perte de même que les caractéristiques de ce deuil seront tout d'abord abordées. L'objectif de l'étude de même que la méthodologie utilisée seront par la suite précisées. Enfin, comme résultat, les significations que les mères ont accordées aux pratiques ayant trait au constat du décès et à ses causes seront décrites et analysées.

    Mots-clés : mort subite du nourisson, constat de décès, causes, deuil, mère, sudden infant death, death report, causes of death, grief, mother

  3. 713.

    Article publié dans Reflets (savante, fonds Érudit)

    Volume 25, Numéro 2, 2019

    Année de diffusion : 2020

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    En Ontario comme partout au Canada, un discours à caractère préventif visant particulièrement les jeunes s'est invité dans les champs des services sociaux et de santé. Il incite au recours aux pratiques fondées sur les données probantes, dont la psychothérapie, pour intervenir auprès des enfants et des adolescentes ou adolescents ayant des comportements perçus comme étant problématiques ou à risque. De telles approches sont souvent prescrites pour prévenir les problèmes de santé mentale chez les jeunes. Dans cette perspective, cet article analyse les processus menant les travailleuses et travailleurs sociaux qui oeuvrent dans des écoles secondaires francophones en Ontario à appliquer des approches d'intervention visant à gérer les comportements des élèves. Fondée sur une approche théorique et critique agençant la notion de biopouvoir aux théories de l'étiquetage, la recherche dont rend compte cet article s'intéresse dans une perspective microsociologique aux discours de travailleuses sociales participantes et aux rôles de divers actrices et acteurs dans la mise en oeuvre de la récente stratégie en santé mentale du gouvernement de l'Ontario.

    Mots-clés : santé mentale, école secondaire, biopouvoir, théorie de l'étiquetage, intervention, travail social en milieu scolaire, mental health, high school, biopower, labeling theory, intervention, school social work

  4. 714.

    Alaoui, Driss, Pelletier, Liliane et Lenoir, Yves

    L'intervention éducative : problématique, enjeux et perspectives

    Article publié dans Revue des sciences de l'éducation (savante, fonds Érudit)

    Volume 44, Numéro 3, 2018

    Année de diffusion : 2019

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    Ce texte fournit une introduction à l'intervention éducative, une notion aux origines « chargées », un terme qui n'est pas neutre et qui touche nécessairement à la définition du rôle et de la posture du chercheur en sciences humaines et sociales. L'intervention constitue à la fois une conception de la réalité, un rapport pluriel (à soi, à l'autre et au monde), une pratique complexe où le sujet et l'objet sont entremêlés, entrelacés et dialectisés tout au long de l'interaction qui les lie. Plusieurs auteurs (Lenoir, Larose, Deaudelin, Kalubi et Roy, 2002 ; Couturier, 2004 ; Larose, Couturier, Bédard, Larivée, Boulanger, Terrisse, 2013 ; Lenoir, 2009, 2011, 2014 ; Lenoir, Rey et Fazenda, 2001 ; etc.) ont souligné son caractère polysémique, sinon polyphonique, qui est présenté brièvement dans cette introduction. En éducation et en formation, la dialectique entre enseignement et apprentissage suppose interactions et médiations, introduit des régulations, éclaire le caractère dynamique du processus décisionnel des enseignants, produit du changement, autant de pistes qui permettent d'envisager la question de l'intervention en éducation selon trois perspectives : notionnel, épistémologique et empirique/praxique. Les problématiques qui sont développées dans les six articles du numéro thématique sont ici présentées avec pour ambition commune d'examiner des processus d'enseignement-apprentissage et de mettre en débat le concept d'intervention par le biais d'une démarche critique.

    Mots-clés : intervention éducative, enseignement-apprentissage, interactions, médiations, régulations, pensée critique, educational intervention, teaching-learning, interactions, mediations, regulations, critical thinking, intervención educativa, enseñanza-aprendizaje, interacciones, mediaciones, regulaciones, pensamiento crítico

  5. 715.

    Article publié dans Laval théologique et philosophique (savante, fonds Érudit)

    Volume 77, Numéro 2, 2021

    Année de diffusion : 2022

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    En prenant acte de l'analogie proposée par Chrysippe entre médecine et philosophie, je voudrais m'appuyer sur l'étude du chapitre 15 du livre 2 des Entretiens d'Épictète pour montrer comment celui-ci propose ce qui peut s'apparenter à un « cas clinique ». Cela revient à parier sur la polysémie floue d'un terme (« clinique ») qu'on ne trouve que rarement dans les écrits antiques (klinikos/klinikê) et dont pourtant les significations actuelles peuvent ouvrir de nouvelles pistes de lectures de textes qui ne sauraient se limiter à une fonction parénétique, visant à la « transformation » morale des disciples. En somme, je voudrais mettre en question l'usage prévalent d'un « modèle scolaire » de lecture, en proposant, pour comprendre certains textes stoïciens, un modèle attentif à une praxis qui renvoie au moins autant au soin qu'à la formation philosophique.

  6. 716.

    Compte rendu publié dans Revue de psychoéducation (savante, fonds Érudit)

    Volume 36, Numéro 2, 2007

    Année de diffusion : 2023

  7. 717.

    Article publié dans Filigrane (savante, fonds Érudit)

    Volume 30, Numéro 1, 2021

    Année de diffusion : 2021

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    Après avoir rappelé brièvement les principes théorico-cliniques de base associés à la notion de « cadre », l'auteur présente une illustration clinique originale qui montre, bouscule et rediscute avec acuité cette notion. Le clinicien est parfois confronté à des situations qui l'amènent à moduler les consignes et l'obligent à travailler dans un contexte « hors-cadre ». De nombreuses rencontres cliniques imposent la réalisation d'un bricolage continu au niveau du cadre. Nous sommes ainsi appelés à repenser constamment les conditions de ces rencontres cliniques uniques. Le cadre est appelé, de fait, à être réinventé dans un mouvement empreint de souplesse et de prudence. Il s'agit dès lors d'un véritable travail d'artisan, notamment en situation d'urgence ou de crise. La présente vignette clinique est un exemple de ces rencontres humaines qui nous poussent à dépasser la rigueur du dispositif clinique classique et à instaurer des dispositifs méta-contenants. Le méta-cadre doit alors assurer et garantir la présence d'une triple contenance : psychique, visuelle et sonore.

    Mots-clés : urgence, cadre, hors-cadre, méta-cadre, patient de passage, crisis, frame, out-of-frame, meta-frame, short-term patient

  8. 718.

    Article publié dans Filigrane (savante, fonds Érudit)

    Volume 27, Numéro 1, 2018

    Année de diffusion : 2019

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    Inspiré par le poète anglais John Keats, W. R. Bion considérait la capacité négative comme la qualité principale du psychanalyste, et il en faisait aussi pour le patient l'un des buts du traitement analytique. Cette capacité négative peut être mise en lien avec des concepts élaborés par différents auteurs, dont Freud (le masochisme érogène), Rosenberg (le masochisme gardien de la vie), De M'Uzan (l'inquiétude permanente), Press (la construction d'une position passive), Green (la passivité et la passivation), Ribas (la passivité de vie) et Phillips (être un embarras, être perdu, être impuissant). Quatre vignettes cliniques illustrent comment la capacité négative peut être défaillante chez certains sujets, notamment dans son articulation avec la temporalité, les rendant particulièrement intolérants à la souffrance ordinaire dont parlait Freud et entravés dans l'exploration de leur vie intérieure. Suivant Press, il est par ailleurs proposé que la sollicitation de la capacité négative puisse réactiver chez un individu la crainte de l'effondrement, et avoir pour effet, dans le travail thérapeutique, de mettre à mal la capacité négative du thérapeute. Ce dernier sera amené à devoir tolérer le fait d'occuper transférentiellement auprès de son patient la place de l'objet défaillant, pour permettre que s'actualise le négatif du non-advenu (Press). Il est enfin question de ce qui, dans la formation du psychothérapeute ainsi que dans la culture, peut favoriser ou compromettre le développement de sa capacité négative.

    Mots-clés : capacité négative, temporalité, crainte de l'effondrement, négatif, negative capability, temporality, fear of breakdown, negative

  9. 719.

    Article publié dans Filigrane (savante, fonds Érudit)

    Volume 27, Numéro 1, 2018

    Année de diffusion : 2019

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    La rencontre avec « l'autre étranger » suscite souvent des réactions qui, en clinique, peuvent se manifester au travers de ce qu'on appelle le contre-transfert culturel. Le présent article a pour objectif d'identifier quelques formes de contre-transfert culturel fréquemment représentées chez les participants de cette recherche (sept psychologues d'approche psychodynamique) et porte spécifiquement sur ses formes les plus conflictuelles, voire potentiellement problématiques. Les participants ont été rencontrés à deux reprises. Lors de la première entrevue, il leur a été demandé de commenter des dessins d'enfants de différentes origines. Lors de la suivante, ils ont été questionnés sur leur pratique en situation interculturelle. L'analyse qualitative des données a mené à l'identification de trois formes de contre-transfert culturel : la réticence à considérer l'origine des patients, le malaise autour des inégalités ethno-raciales et un ressenti de colère ou le sentiment d'être heurté par certaines attitudes de patients appartenant à une minorité culturelle. Des hypothèses explicatives de ces résultats et une réflexion sur les conditions permettant de dépasser certaines formes de contre-transfert culturel plus problématiques sont proposées dans la discussion.

    Mots-clés : contre-transfert culturel, psychothérapie interculturelle, approche psychodynamique, dessins d'enfants, racisme, cultural countertransference, intercultural psychotherapy, psychodynamic approach, children's drawings, racism

  10. 720.

    Lepage, Yvan G.

    Comptes rendus

    Compte rendu publié dans Études littéraires (savante, fonds Érudit)

    Volume 4, Numéro 3, 1971

    Année de diffusion : 2005