Documents repérés
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193.Plus d’information
RésuméDe tous les témoignages rassemblés par Carmen Roy, alors ethnologue au Musée national de l'homme (maintenant Musée canadien des civilisations), au cours de l'été 1970 en Saskatchewan, il y en a un qui est particulièrement remarquable par sa richesse, celui de François-Marie Rohel, alors âgé de 82 ans, de Saint-Brieux (Saskatchewan) et originaire du canton de Landerneau en Bretagne. Transcrits sur 404 feuillets de format légal, les témoignages de M. Rohel présentent un grand intérêt non seulement en raison des informations communiquées sur la survivance et la disparition de pratiques culturelles bretonnes en Saskatchewan, mais surtout en raison du décalage entre le discours institutionnel de Carmen Roy, les questions qu'elle persiste à poser qui ont évidemment pour objectif de reconstruire une « bretonitude », et le discours de François-Marie Rohel qui s'efforce de se dégager des limites imposées par les questions de l'ethnologue. Le discours mnésique devient donc un enjeu de pouvoir entre le témoin, qui cherche à affirmer par la parole une identité qui ne serait pas liée à certaines pratiques culturelles « typiques », et l'ethnologue à la recherche de renseignements spécifiques, qui cherche par ses questions à associer identité et pratiques culturelles selon des normes scientifiques établies. Sur quoi le discours de la mémoire met-il l'accent et sur quoi refuse-t-il de s'attarder en dépit de l'insistance des questions posées par Carmen Roy? Au-delà des informations ethnographiques qu'il fournit, le discours mnésique de François-Marie Rohel est un discours de la souffrance et du regret, du sacrifice et de la justification, enfin de la fierté, et c'est dans le cadre de ce parcours que se forme et se modifie une identité qui se dégage de pratiques culturelles particulières.
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194.Plus d’information
Présenté lors d'un colloque interdisciplinaire soulignant l'intégration en 2017 de l'Institut d'études religieuses à la Faculté des arts et des sciences de l'université de Montréal, ce texte aimerait rappeler à très grands traits quelques-uns des liens étroits qui ont uni la philosophie à la religion et la théologie. Il souligne d'abord la dette infinie, immémoriale et en un sens douloureuse de la philosophie envers la religion, qui a pensé et célébré avant elle l'idée d'un ordre et d'une beauté du monde, puis la dette de la théologie et de la religion elle-même envers la philosophie quand elles ont voulu exprimer leur message de salut dans le langage de la raison.
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195.Plus d’information
Bien que depuis le mouvement #MeToo le vocabulaire du consentement soit au centre des revendications pour l’égalité dans la sphère amoureuse et sexuelle, un survol de la littérature féministe sur le sujet révèle que la norme de consentement est pourtant loin de faire consensus. En effet, selon les différentes perspectives, le terme de consentement oscille entre le registre éthique de l’affirmation de soi et celui, critique, de la soumission et de la complaisance. Le consentement est-il un gage d’égalité et de liberté, ou un leurre idéologique reconduisant le statu quo des structures du pouvoir présentes dans nos sociétés ? Le présent mémoire a pour objectif de dénouer ces paradoxes, ce qu’il invite à faire en examinant spécifiquement les représentations du sujet qui sous-tendent les éloges …
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196.Plus d’information
Notre travail se divise en deux parties qui répondent à des objectifs différents. La voie longue de la compréhension est le titre que nous avons réservé aux études qui figurent en tête de ce mémoire. La seconde partie, qui aborde en fait l’œuvre de Ricœur indirectement, se veut une réception philosophique de sa pensée. En cela, ce mémoire se propose d’éclairer la philosophie de l’auteur tant du dedans que du dehors, tant par la reconstruction de son projet herméneutique propre que par la prise en considération des interprétations communes qu’il suscite. La première étude expose la critique du cogito, un trait par lequel la méditation de Ricœur demeure non seulement ancrée dans la tradition française, mais offre surtout une assise spécifique à son projet herméneutique. …
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197.Plus d’information
La problématique de la « narrativité », par laquelle Paul Ricoeur entendait souligner la spécificité épistémologique des sciences humaines, tout en les distinguant formellement et concrètement des autres types de récit, est posée ici à partir de la sociologie de Max Weber. Les structures narratives wébériennes, par-delà leurs marques textuelles ou discursives, ne sont pleinement intelligibles que lorsque nous les comprenons dans l'expérience du temps et la conscience historique profondément ambivalentes du sociologue. Cette ambivalence se révèle notamment dans les polémiques entourant le rôle des intellectuels et les processus de rationalisation, et face aux représentations narratives paradoxales du «sujet historique», sa « personnalité », son « identité ».
Mots-clés : Bildungsbürgertum, civilisation, histoire, identité, littérateurs, narrativité, personnalité, rationalisation, Paul Ricoeur, Max Weber, Bildungsbürgertum, civilization, history, identity, narrativity, personality, rationalization, Paul Ricoeur, Max Weber, Bildungsbürgertum, civilización, historia, identidad, literati, narratividad, personalidad, racionalización, Paul Ricoeur, Max Weber
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198.Plus d’information
RésuméEn dialogue avec l'article d'Alexis Nouss dans ce numéro, l'auteur réfléchit sur les balises herméneutiques et théologiques qui peuvent guider la traduction du Nouveau Testament, en christianisme, balises qu'il retrouve à l'oeuvre, rétrospectivement, dans la dynamique qui a présidé à La Bible, nouvelle traduction (à laquelle il a participé). D'une part, lire c'est traduire, — c'est-à-dire comprendre le texte tel quel en vue de se comprendre — et traduire, c'est interpréter. La théorie herméneutique pose donc l'aporie de toute traduction, à la fois opaque et transparente. D'autre part, le texte du Nouveau Testament lui-même n'est pas Parole de Dieu, mais témoignage qui porte les traces de la rencontre du Christ ressuscité, Parole de Dieu qui s'articule dans une existence humaine corporelle. La théologie assigne donc à la traduction la tâche de ne pas nuire à la réitération de cette rencontre, pour le lecteur. Ainsi, le critère d'évaluation d'une traduction devient sa capacité à provoquer chez le lecteur une expérience de lecture, susceptible de faire émerger une Parole. Une « traductologie théologique chrétienne » n'occulte pas le texte source ni ne privilégie le texte cible. L'expérience de rencontre du Ressuscité dont le texte source porte la trace doit pouvoir se manifester dans l'expérience de lecture dont le texte cible devient le support.
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199.Plus d’information
Le roman de Céline Minard, Le dernier monde, se distingue par bien des aspects des oeuvres qui présentent un questionnement explicite sur la mémoire par la voie de l'enquête ethnologique ou historique, des traumatismes mémoriels, d'un imaginaire de l'archive, etc., et qui ont permis de montrer comment la littérature française contemporaine problématise la mise en forme et la médiation du passé, qu'il soit personnel ou collectif. Dans cette fiction post-apocalyptique qui met en scène Jaume Roiq Stevens, seul survivant d'une catastrophe inexpliquée qui a décimé l'humanité mais pas les autres formes de vie, l'enjeu mémoriel réside dans l'oubli qui menace le souvenir même de l'histoire et de l'espèce humaine. À travers les différentes étapes de la quête de Stevens, il s'agit de voir comment le dernier humain parvient à se libérer du poids d'une mémoire pathologique et à survivre à la disparition de son espèce.
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200.Plus d’information
Cette étude examine les arguments de Paul Ricœur concernant les universaux moraux dans Soi-même comme un autre et met son travail en conversation avec Les sources du moi de Charles Taylor. Dans ma discussion de ces deux textes, je me concentre sur deux concepts centraux qui façonnent l'approche de Ricœur et de Taylor par rapport à la question des universels en morale: (1) la notion de Ricœur d' « universels inchoatifs » qu'il développe à travers sa médiation entre la déontologie kantienne et la téléologie aristotélicienne discutée dans les septième, huitième et neuvième études de Soi-même comme un autre et (2) la notion d' « évaluations fortes » de Taylor qui constitue une caractéristique centrale de la conception de Taylor de l’action morale humaine explorée …