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2472.Plus d’information
La sociologie, depuis son origine, s'est constituée sur quelques postulats qui furent des sources de querelles interminables et constituent aujourd'hui des limites à son développement. Le premier était que l'étude d'une société devait se faire, soit en étudiant le social comme source des situations individuelles (holisme méthodologique), soit en étudiant, au contraire, les individus, leurs caractéristiques, leurs choix et actions, pour rendre compte des caractéristiques observables de la société (individualisme méthodologique). Un autre postulat était que l'analyse scientifique supposait que soit banni tout hasard, toute imprévisibilité dans les mouvements de la société, le contraire impliquant que l'on ne puisse ni comprendre, ni se projeter dans le futur sociétal. Les développements contemporains de la sociologie rompent au moins partiellement avec ces positions. Les chercheurs en sciences humaines et sociales essaient de conjoindre les deux approches initiales (holisme et individualisme). Certains essaient aussi d'introduire la (ou les) temporalité(s) dans l'analyse afin de rendre compte de l'incontournable historicité des hommes et de leurs sociétés. Ce texte vise à proposer une approche « relationnelle » de la sociologie, permettant de conjoindre holisme et individualisme dans des modèles historicisés des systèmes complexes que sont les systèmes sociaux. Il insiste sur l'intérêt, voire la nécessité d'une modélisation relationnelle trialectique pour étudier les systèmes complexes.
Mots-clés : Événement, individus, relation, systèmes complexes, modèle trialectique, Events, Individuals, Relation, Complex Systems, Trialectical Model
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2473.Plus d’information
Ce texte explore les propositions épistémologiques de Castoriadis, d'abord à partir de sa critique des sciences sociales, qui montre l'occultation systématique dont le social-historique a fait l'objet. Contre cet héritage des sciences sociales seront examinées ses propositions faisant de l'imaginaire social le lieu de l'institution de toute société. Si Castoriadis ne récuse en rien l'apport des méthodes explicatives et compréhensives en sciences sociales, il spécifie toutefois la région de l'être du social-historique qu'elles sont à même d'éclairer : ses éléments ensidiques, dans le cas des premières ; ses significations imaginaires sociales, dans le cas des secondes. Toutefois, son originalité pour les sciences sociales apparaît dans la nécessité d'une élucidation du noyau même des significations sociales, laquelle ne saurait être pensée en dehors de ses liens, politiques, au projet d'autonomie, ni en dehors de son ontologie de la création/destruction radicale.
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2474.Plus d’information
Cet article présente les principales avancées issues d'une recherche menée conjointement sur deux sites cliniques, en Suisse et en France, et consacrée à l'évaluation des processus de changement des adolescents auteurs de violences sexuelles. L'objectif est de dégager les principaux indicateurs cliniques de ces changements, à partir d'une étude longitudinale portant sur un petit nombre d'adolescents (N = 9), engagés dans une démarche psychothérapeutique sous mandat judiciaire en groupe. L'étude s'appuie sur une démarche qualitative, qui associe principalement deux types de recueil de données cliniques : épreuves projectives en test-retest d'une part et enregistrement des verbatims de séances de groupe d'autre part. À partir de l'analyse croisée de ces données, un certain nombre d'indicateurs cliniques peuvent être mis en évidence, qui permettent d'esquisser une modélisation des processus de changement chez les adolescents. Au-delà, les éléments de compréhension qui émergent de la recherche permettent de tracer des perspectives pour le soin psychothérapeutique des adolescents.
Mots-clés : Adolescent, violences sexuelles, psychothérapie, indicateurs cliniques, évaluation, Teenagers, sexual violence, psychotherapy, clinical indicators, evaluation, Adolescente, violencias sexuales, psicoterapia, indicadores clínicos, evaluación
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2475.Plus d’information
Mots-clés : Open-mindedness, Intellectual virtue, Integrity, Continuity, Disavowal, Group as a whole
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2477.Plus d’information
Théologiquement, on ne peut réfléchir à la réconciliation sans revenir à Paul. 2 Co 5,11–6,2 et Rm 5,1-11 sont donc l'objet d'une lecture attentive (close reading) afin d'expliquer le fonctionnement de la métaphore de la réconciliation selon deux axes. 1/ Comment le contexte socio-politique du Ier siècle éclaire-t-il le quasi néologisme théologique paulinien ? 2/ Comment la manière de mettre en discours la réconciliation a-t-elle une portée théologique ? La réconciliation relève du vocabulaire politique, mais Paul la met en discours de sorte que l'énonciataire se sente concerné par l'histoire d'un Dieu qui, par la médiation du Christ, se réconcilie l'humanité, ou plutôt, « nous réconcilie avec lui ». Le vous auquel s'adresse le discours est comme aspiré par un récit qui se décline sous le mode d'un nous inclusif.
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2479.Plus d’information
Ce texte propose un commentaire critique sur le plus récent livre de François OST : « À quoi sert le droit? Usages, fonctions, finalités ». La réflexion philosophique de François Ost l'a mené à la conclusion que l'importance sociale du droit réside essentiellement dans sa contribution à la poursuite de l'idéal humaniste. La tradition juridique occidentale a fait du droit une institution de second degré dont la fonction primordiale est de constituer symboliquement chaque être humain en sujet de droit et citoyen. Dans les rapports entre justiciables comme dans le fonctionnement des institutions politiques, le droit impose des exigences réflexives et procédurales qui traduisent l'aspiration de l'être humain à la liberté, à la rationalité et à l'engagement responsable au sein d'une communauté politique. L'autorité et la centralité du droit paraissent aujourd'hui décliner au profit de nouvelles normativités et techniques de régulation qui influencent les comportements sans faire appel à la conscience individuelle ni à la délibération démocratique. Dans ce contexte, la valeur morale et politique de l'humanisme juridique est indéniable. Il convient toutefois d'ajouter à la réflexion philosophique de François Ost une analyse foncièrement sociologique pour appréhender avec plus de réalisme la contribution du droit au fonctionnement des sociétés occidentales. Loin d'être incompatible avec les calculs pragmatiques, la mobilisation du droit contribue aujourd'hui à l'essor d'une régulation plus instrumentale que symbolique dans la plupart des sphères sociales, y compris dans les activités de l'État. Dans le contexte de la modernité avancée ou de la postmodernité, le droit se conçoit davantage comme une ressource pour l'action rationnelle en finalité qu'à titre de référence idéale pour l'action rationnelle en valeur. Certes, l'humanisme classique s'exprime encore en théorie du droit et dans certaines grandes décisions judiciaires fortement médiatisées. Mais, il ne faut pas se méprendre sur la portée sociologique de ces manifestations symboliques. Elles n'ont pas pour effet de soumettre l'action sociale ou politique au contrôle souverain du droit. Elles offrent plutôt aux élites et aux citoyens ordinaires un refuge psychosocial contre les vertiges moraux et existentiels qui vont de pair avec les avancées de la société technologique.