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2591.Plus d’information
Dès lors qu'on appréhende l'appareil de prise de vues comme simple dispositif de filmage (au sens d'enregistrement), tout document filmé se voit doté d'une valeur d'archives. Il conviendrait cependant de distinguer le filmage (qui est un procédé) du tournage (qui est une procédure). Le filmage se soumet au principe d'une réalité à capter, alors que le tournage autoriserait un opérateur-sujet à initier un processus de sublimation de l'image enregistrée. Un détour par la présentation d'opéras filmés dans les salles de cinéma permet d'examiner les modalités de diffusion de ce type de prestation scénique pour laquelle des metteurs en images « virtuoses et agités » superposent au discours de la mise en scène spécifiquement opératique une nouvelle couche de sens. Un peu à l'image de la sublimation du filmage à laquelle la procédure du tournage cinématographique donne lieu, en transfigurant et en transcendant le matériel capté, par l'ajout d'une nouvelle couche d'« interprétation plastique » (Canudo). D'où la proposition de distinguer archivage de reproduction et archivage d'expression. Le premier est basé sur les seules capacités enregistreuses du film. Le second transcende ces capacités, de la part d'un média qui développe alors une expressivité qui lui est propre. Si l'effet-archives est en quelque sorte « embarqué » dans le dispositif de reproduction qu'est l'appareil de prise de vues, l'expression nécessite au contraire une volonté exogène de négocier avec les virtualités expressives d'un média.
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2592.Plus d’information
Les humanités numériques constituent un domaine en plein développement. On en donne ici un exemple en analysant le contenu d'une revue et l'évolution des idées qui s'y sont exprimées depuis son origine. Pour ce faire, on a retenu Philosophiques, l'organe de la Société de philosophie du Québec, une revue qui n'avait jamais encore fait l'objet d'une étude fouillée.L'examen détaillé de son contenu procède en trois étapes. Comme les études sur l'évolution récente des idées en philosophie québécoise ne sont pas légion, on rappelle d'abord les résultats d'une recherche en ce domaine réalisée avec les moyens traditionnels de la philosophie (Simard 1998). Puis on soumet les articles de la revue à un double traitement computationnel, l'un de style plutôt déductif, l'autre plus inductif. Enfin, les résultats de cette double analyse sont comparés avec ceux de 1998, dont l'étude était menée sur un corpus composé d'ouvrages. Le constat est clair : l'analyse assistée par ordinateur complète et précise le résultat de recherches plus classiques. On conclut avec quelques perspectives sur les humanités numériques.
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2593.Plus d’information
Le présent article porte sur la mise en scène de la mort dans certains jeux vidéo, et la façon dont elle est vécue par des joueurs assidus. Dans ces jeux, il s'agit de tuer des personnages, et de vivre de façon simulée la mort de son avatar. Un certain parallèle peut être établi entre la fin (de la partie) et la mort (comme fin de la vie). Un cadre psychanalytique permet d'éclairer ces enjeux. Le jeu vidéo est décrit structuralement, pour rendre compte de sa complexité (et de son succès) comme « jeu total », synthétisant plusieurs formes de médiations. Un corpus de jeux vidéo est ensuite analysé afin de comprendre la façon dont la mort est mise en scène.
Mots-clés : jeux vidéo, fin de partie, mort, avatar, video games, game over, dead, avatar, videojuegos, fin de la partida, muerte, avatar
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2594.Plus d’information
Chemin Saint-Paul (2015) de Lise Tremblay et De synthèse (2017) de Karoline Georges décrivent l’approche de la mort telle qu’éprouvée par les parents mourants, mais surtout par leur fille-narratrice. L’agonie sert d’abord de tremplin à un retour sur le passé familial. Cette trajectoire apparaît éprouvante, mais aussi marquée de découvertes. Les moments entourant la mort entraînent en outre une réévaluation de la relation envers le parent, au moment où la narratrice doit s’engager dans la responsabilité que le care exige. Chez Tremblay, la relation au père mourant s’effectue dans la douceur ; la tension marque, en revanche, le soin de la mère folle puis atteinte de la maladie d’Alzheimer. La situation se renverse chez Georges, où la narratrice rétablira peu à peu le contact avec sa mère, tout en restant distante envers son père qu’elle ne sait pas à l’agonie. Enfin, la mort des parents s’accompagne d’une réflexion sur le cheminement – voire la destinée – artistique.
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2595.Plus d’information
Le récit de fiction a suscité l’intérêt de nombreux penseurs, parmi lesquels se démarque Paul Ricœur, qui a consacré une œuvre complexe et étendue à la définition de cette narrativité, reconnue de manière pertinente comme l’expérience de la subjectivité. Approfondir l’étude de cette dimension classique inclut l’examen de sa version numérique, désormais considérée comme une forme émergente de création, parallèle à un récit de fiction, enrichie par de nouvelles configurations. Cette analyse aborde la subjectivité numérique, en examinant sa création par le Je numérique liminal, soulignant l’influence des algorithmes, et mettant en avant une subjectivité accentuée par la technicisation croissante des langages.
Mots-clés : Digital subjectivity, Subjectivité numérique, Je numérique, Digital I, Fiction, Fiction, Liminality, Liminalité, Algorithms, Algorithmes, Body, Corps
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2598.Plus d’information
Mots-clés : diaspora, immigration, family, object, Italian-Canadian, nostalgia, poetry, translation
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2599.Plus d’information
RésuméAu mode subjonctifLa construction narrative des crises d'épilepsie en TurquieCet article présente une analyse culturelle des crises en Turquie, à l'aide d'entrevues individuelles et familiales auprès d'un échantillon constitué de personnes diagnostiquées comme souffrant d'épilepsie ou de crises psychogènes. L'article brosse une brève critique des stratégies d'analyse qui juxtaposent « croyances » culturelles et « connaissance » médicale à propos d'une condition biologique et développe une façon spécifique de comprendre la construction narrative de la maladie et de son expérience. L'article s'inspire plus particulièrement des theories de la narrativité et de la réponse du lecteur (Iser, Ricoeur, Bruner) pour analyser les « tactiques de subjonctivisation » présentes dans les récits de maladie.
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2600.Plus d’information
Nous qualifions d'orthodoxe tout type de logique qui repose entièrement sur l'axiomatique aristotélicienne, dite identitaire, et sur le principe de bivalence. Les logiques orthodoxes donnent lieu à un mode de raisonner analytique qui refuse la contradiction et dans lequel tout concept se distingue strictement et discrètement de tout autre concept.Une manière de raisonner qui se veut une alternative à l'analytique est la dialectique. Celle-ci admet la contradiction comme principe fondamental. Dans le sillage de la dialectique, on trouve des systèmes logiques qui intègrent la contradiction, mais ont la particularité d'adopter le principe d'identité. Ce sont les logiques néo-orthodoxes formées de l'ensemble des logiques dites affaiblies, non triviales et paraconsistantes.Eu égard aux phénomènes perçus complexes évoluant dans le temps et dans l'espace, nous remettons en question le caractère strictement absolu de l'identité et acceptons la contradiction comme forme particulière de la différenciation. Nous proposons trois principes de base pour établir une logique de la complexité : les principes d'idemité, de différentialité et de relationnalité. Ils n'excluent pas l'axiomatique aristotélicienne, mais reconnaissent sa pertinence seulement à un certain niveau d'abstraction. De plus, nous esquissons un modèle de différenciation des propositions ou énoncés en fonction de leurs valeurs de vérité.
Mots-clés : Analytique, complexité, contradiction, dialectique, identité, logique, non-trivialité, Analytics, Complexity, Contradiction, Dialectics, Identity, Logic, Non-Triviality