Documents repérés
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341.Plus d’information
Un des points de départ de la sociologie herméneutique que propose Johann Michel est le fait que les êtres humains sont des « animaux auto-interprétants » et potentiellement réflexifs qui mettent en récit leur vécu individuel et collectif. Ce travail narratif est particulièrement décisif pour les sociétés démocratiques, qui reposent sur « l'auto-institution » de la vie sociale et la « dissolution des repères de la certitude ». L'hypothèse de cet article est que la crise sanitaire a enrayé notre capacité à déployer les repères narratifs nécessaires à l'institution d'une communauté citoyenne. Les « polémiques complotistes », encore amplifiées par la pandémie, ne nous offrent guère, pour comprendre ce qui nous arrive, que la confrontation polémique entre le « doute » et le « savoir », les « forts » et les « faibles ». La « mise en intrigue » de la vie sociale, pour reprendre ici les termes de Paul Ricoeur, se dégrade ainsi en une confrontation binaire qui supprime les prises axiologiques et les agrafes narratives susceptibles de soutenir l'agir et le jugement publics. Plus généralement, l'analyse de la confrontation (anti)complotiste et des pathologies de la narration qu'elle met en évidence témoigne de l'épuisement de nos espaces publics démocratiques.
Mots-clés : Espace public, démocratie, (anti)complotisme, récit, intrigue, Public sphere, democracy, (anti-)conspiracy, narrative, intrigue, Espacio público, democracia, auto-institución, (anti)conspiración, narrativa, trama
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342.Plus d’information
RésuméUne étude sur les conseils régionaux de développement permet d'analyser le capital social prévalant dans les régions du Québec. Défini comme la capacité et la volonté de coopérer inhérentes à un tissu social et englobant ainsi tout autant l'aspect institutionnel que l'aspect individuel, le capital social varie passablement d'intensité d'une région à l'autre. Cette intensité dépend bien sûr du parcours historique propre à chaque région, mais trois conditions peuvent faciliter l'éclosion du capital social ou lui nuire : une appartenance commune, la qualité de la participation des différentes couches sociales à la vie régionale et l'étendue et la force de la domination exercée sur la population.
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343.Plus d’information
Le roman montréalais actuel configure souvent un espace géographique beaucoup plus vaste que la ville elle-même, celle-ci se situant au croisement de trajectoires qui étendent ses frontières imaginaires aux dimensions du monde. Pensons à Nikolski de Nicolas Dickner, par exemple, ou au dernier roman de Monique LaRue, L'Œil de Marquise. Mais, tout aussi bien, certains écrivains choisissent, dans un mouvement inverse, de condenser l'espace urbain, saisissant Montréal à travers l'un de ses quartiers. Je me pencherai sur deux oeuvres fort différentes, le roman 20h17 rue Darling de Bernard Émond, et le recueil de poèmes L'Œil au calendrier de Gabriel Landry, afin de comprendre comment l'urbanité montréalaise s'y vit dans les limites d'un quartier, Hochelaga, qui devient ainsi l'incarnation intime de la ville. Je m'intéresserai à la forme qui se trouve donnée au temps, dans cet espace métonymique, et à la manière dont le temps et l'espace se trouvent croisés au fil des déambulations des sujets narrateurs qui font d'Hochelaga le lieu improbable du vivre-ensemble montréalais le plus contemporain.
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346.Plus d’information
L'exposition de l'art vidéo en contexte muséal donne souvent lieu à des problématiques liées entre autres à la question du sous-titrage dans un but de diffusion multilingue. L'utilisation d'un tel moyen technique occasionne dans bien des cas des pertes de sens importantes, voire l'effacement total de la dimension sonore, mais peut également produire un décloisonnement des médiums et une simultanéité des expériences. Certains artistes utilisent quant à eux le sous-titrage comme matériau artistique à part entière, comme la Canadienne d'origine slovaque Vera Frenkel et l'Albanais Anri Sala.
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348.Plus d’information
La philosophie ne peut comprendre la mort que par la Raison, mais la rumeur voudrait que les philosophes, par leur « esprit de système », s'encombreraient d'explications que seuls l'espace du sacré et les diverses croyances seraient autorisés à donner. Il est vrai que la philosophie n'offre aucune certitude et ce n'est pas sa tâche; la mort est un sommet d'angoisse qu'elle ne prétend pas éviter ou couvrir de ses questions; elle ne pourra jamais faire l'économie de la souffrance et de la mort. Ainsi, des auteurs, tels que Platon, Sénèque, Epictète, Jean-Luc Nancy, Vladimir Jankélévitch, Arthur Schopenhauer, Michel Serres et le poète tchèque Vladimir Holan développent, ici, quelques idées sur cette mort qui lacère nos consciences et nous oblige à constamment repenser cet univers provisoire qui est le nôtre.
Mots-clés : philosophie, mort, vérité, conscience, métaphysique, croyances, matérialisme, philosophy, death, truth, conscience, metaphysics, beliefs, materialism
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349.Plus d’information
Cet article vise à établir que la lecture est une activité fondamentalement multimodale en ce qu'elle mobilise des représentations imaginaires qui, par nature, revêtent une dimension à la fois conceptuelle et sensorielle. Aussi, contrairement à ce qu'ont pu avancer des théoriciens comme Iser, lire consiste à construire du sens en activant, indirectement, les sens. L'analyse d'une transmédiatisation sur support numérique du poème L'Horloge de Baudelaire est l'occasion d'examiner les nouvelles formes de lecture induites par le passage de la page à l'écran.
Mots-clés : lecture, multimodalité, numérique, imaginaire, représentations mentales, poésie
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350.Plus d’information
La question de la sédation dite terminale pour cause de souffrance existentielle soulève de nombreux débats dans les milieux palliatifs. Pour éclairer ce débat, j'ai cherché à dégager l'orientation de ces discussions et à discerner ce qu'ils nous apprennent sur le rapport de la médecine à la souffrance des personnes en fin de vie. Ainsi, je me suis d'abord intéressé au vocabulaire. Par la suite, j'ai analysé le concept de douleur totale qu'avait élaboré Cicely Saunders, la fondatrice des soins palliatifs. Puis je me suis penché sur les raisons pour lesquelles ce concept ne semble plus répondre aux besoins actuels. Enfin, je propose quelques orientations de travail pour faire de la souffrance existentielle le coeur des soins de fin de vie.