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1935.Plus d’information
Grecs et Romains ont développé, durant l'Antiquité classique, une vision patrimoniale de la nature et du vivant, arguant d'une supériorité ontologique des humains sur les autres espèces et d'une téléologie spéciste. Une frontière intangible semble, de fait, avoir été tôt dressée. Ce discours dominant tend à faire oublier la persistance dans l'esprit des Anciens d'une porosité entre les humains et les animaux : la conscience d'une parenté profonde avec les autres animaux a, en définitive, été difficile à effacer totalement. Perceptible à travers une conception de l'âme originale, elle a eu des conséquences jusque dans la définition de l'humanité et le regard posé sur les individus et certaines catégories d'humains, les enfants et les barbares, notamment. Cette porosité avait des racines anciennes dont la Grèce archaïque donne quelques indices. L'enquête suggère que la césure avec les autres espèces a relevé d'un choix, dont l'Occident demeure l'héritier, et que ce qui n'a longtemps relevé que d'une distance a abouti à l'élaboration d'une frontière.
Mots-clés : Antiquité, porosité, frontière, identité, similarité, animalité, humanité, âme, Antiquity, Porosity, Frontier, Identity, Similarity, Animality, Humanity, Soul
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1937.Plus d’information
Peut-on observer des topoï purement animaliers ou ne s’agit-il que de topoï préexistants qui incluent des animaux par anthropomorphisation ? Cette communication se propose de prolonger les réflexions satoriennes sur les chants des oiseaux des fables, à la fois observations zoologiques, toposèmes ou typèmes. L'analyse se concentrera sur le Roman de Renart, les Fables de La Fontaine et les Scènes de la vie privée et publique des animaux, trois ensembles de récits brefs où les animaux placés au centre sont parfois les narrateurs. Plusieurs raisons expliquent ce choix de textes : la variété des situations narratives et des espèces représentées, tant sauvages que domestiques, et une certaine homogénéité du contexte idéologique de chaque oeuvre.Après un repérage préliminaire dans la première Satorbase, j’analyserai le traitement narratif et topique des situations propres aux animaux (dévoration, bruits, migrations) dans ce corpus avant d'observer les topoï les plus fréquents (comme le trompeur trompé, la faim, une assemblée d’animaux choisit un roi ou un représentant), leurs configurations narratives et leurs variations éventuelles.Cet examen topique sera l’occasion de s’interroger sur le statut des animaux dans la société : les topoï reflètent-ils ces évolutions ? intègrent-ils les nouveaux animaux ? sont-ils influencés par l’apparition progressive des animaux de compagnie dans la bourgeoisie ?
Mots-clés : zoopoétique, zoopoetics, fable, fable, Roman de Renart, Roman de Renart, La Fontaine, La Fontaine, topos, topos
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1938.Plus d’information
Du fait de la continuité linguistique, bons nombres de jeunes Camerounais francophones ont toujours eu la France pour principale destination migratoire. Initiés par les pouvoirs publics coloniaux pour des fins de suppléance administrative, les flux de migrants pour études connaîtront au fil des temps des motivations différentes, tant de la part des différents « bailleurs » de fonds des études, que de celle des étudiants eux-mêmes. Ces mutations influeront par ailleurs sur le choix des études ainsi que sur celui des lieux et des établissements de formation sollicités particulièrement durant la double décennie 1982-2002.À la lumière des recherches menées dans le cadre des travaux du laboratoire du CRESC de l’Université de Paris 13 en Géographie visant à mettre en exergue la différenciation en matière d’intégration des migrants d’origine camerounaise en Ile-de-France, il nous a paru nécessaire d’apporter quelques éléments pour la compréhension des enjeux liés aux migrations pour études particulièrement actifs durant cette double décennie, et motivant par ailleurs les divers acteurs autant à titre de bailleurs de fonds des études, qu’à celui d’étudiants, ainsi que des institutions académiques qu’ils fréquentent. On se propose ainsi de répondre à trois questions fondamentales : dans quel cadre institutionnel, économique et social s’inscrit la migration pour études de Camerounais ? Quelles en sont les incidences sur le choix des études et des lieux de formation ? Quelles perspectives se dégagent-t-elles autant de la posture des étudiants eux-mêmes, que de celle des différents autres acteurs du secteur ?
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1939.Plus d’information
Le départ du premier contingent de zouaves a été l'occasion d'une fête d'une ampleur exceptionnelle, le 18 février 1868. Fastueusement décorée pour l'occasion, l'église Notre-Dame de Montréal y a accueilli environ 15 000 personnes, quatre évêques et des centaines de prêtres venus des quatre coins de la Province. La célébration comprenait les allocutions d'usage et une bénédiction du Très Saint-Sacrement, mais, surtout, un long programme musical présenté par un choeur et un orchestre formés de plus de 200 interprètes. Trois témoins de l'événement en ont soigneusement noté tous les détails, y compris le répertoire interprété, les paroles des chants, et même les noms de tous les choristes et instrumentistes. Grâce à eux, nous sommes en possession d'un gros plan saisissant d'un sommet de la musique religieuse pratiquée à Montréal dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Cet épisode de l'histoire des zouaves a déjà été étudié par les spécialistes de l'histoire religieuse, sociale et politique du Québec, mais ses aspects proprement musicaux ont échappé à l'attention des musicologues. En analysant en détail les témoignages des contemporains, cet article vise à combler cette lacune et à faire connaître un événement qui s'avère avoir été un moment marquant de la vie musicale québécoise à l'époque.
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