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2051.Plus d’information
À la fin de la Première Guerre mondiale, l'Autriche-Hongrie cesse d'exister. La France développe deux politiques possibles face à l'Autriche-Hongrie: celle de sa disparition ou celle de son maintien sous une forme rénovée. À la lecture des deux mémorandums du Quai d'Orsay de novembre 1917 et de mars 1918, la France semble favorable à la renaissance de la Pologne et à la création de la Tchécoslovaquie. File mise aussi sur la formation d'une « Grande Roumanie » pour former une barrière antigermanique. D'autres facteurs vont aussi influencer la politique française, principalement l'entrée en guerre des États-Unis et les conséquences de la déclaration Czernin. Cependant, l'analyse des discussions Armand/Revertera met en évidence une autre politique possible : celle du maintien de l'Autriche-Hongrie comme contrepoids à l'Allemagne. La France va même tenter, par des manoeuvres diplomatiques à la fin de la guerre, de sauver la monarchie danubienne par l'entremise du nouvel ambassadeur français à Berne, Paul Dutasta.
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2052.Plus d’information
RésuméNous examinons ici la critique de l'éthique universelle que Carl Schmitt aborde en tant qu'aspect politique de l'ordre planétaire. L'article porte sur les mutations du discours humanitariste, dans un contexte de gouvernementalité globale. Il ne s'agit pas d'adopter une perspective éthique différente, mais de reconnaître que l'éthique universelle alimente des discours et des pratiques politiques qui génèrent un monde politique (ou plus exactement biopolitique) unipolaire. Nous appuyant sur les « iconographies » de l'ennemi propres à Schmitt et sur la pensée de Foucault, nous esquissons un concept de devoir politique planétaire qui se pose à la fois envers l'Autre et à l'égard de l'ouverture du monde politique.
Mots-clés : humanité, hostilité, ennemi, obligation, ordre politique, Carl Schmitt, humanity, enmity, foe, obligation, political order, Carl Schmitt
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2053.Plus d’information
RésuméEn contraste avec d'autres unités de la sdn, la Section des minorités tend à limiter ses missions. Elle n'appuie pas l'extension des traités ni ne consulte les entités non gouvernementales ; elle n'alerte pas l'opinion publique sur la montée du fascisme. Très important, la Section contribue à consolider l'image « identitaire » des revendications nationales non étatiques. En fait, elle ne pense pas les conflits entre majorités et minorités comme des conflits politiques entre droits concurrents, à la fois collectifs et individuels. Peu étudiées jusqu'ici, les décisions sur l'irrecevabilité de certaines pétitions, notamment celles non couvertes par les traités, illustrent ces propos. Indépendamment de l'influence des grandes puissances, la Section des minorités soutient une philosophie politique favorable aux nationalismes des majorités sans contradiction avec une volonté de juridicisation du domaine.
Mots-clés : Société des Nations, minorités, nationalités, pétitions, droits collectifs, League of Nations, minorities, nationalities, petitions, collective rights, Sociedad de Naciones, minorías, nacionalidades, peticiones, derechos colectivos
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2059.Plus d’information
Cet article offre une analyse, dans une perspective comparative France-Québec, des différentes modalités d'adhésion au processus d'internationalisation de l'enseignement supérieur. Il traite plus spécifiquement de l'une des dimensions de l'internationalisation des universités, les mobilités d'étudiants étrangers, en s'intéressant à des flux en importance dans ces deux sociétés d'accueil : ceux en provenance du Maroc, d'Algérie et de Tunisie. La démonstration prend appui sur des entretiens réalisés auprès de trente acteurs institutionnels, sur des données statistiques ainsi que sur des documents publics. L'article montre que les acteurs rencontrés en France et au Québec se trouvent au centre de deux tensions principales : la première, entre la logique marchande et la mission culturelle et linguistique des universités ; et la seconde, entre un objectif d'accroissement de l'accueil d'étudiants étrangers et un impératif de gestion du risque migratoire. Il présente en quoi chacune de ces tensions appelle, pour susciter leur réconciliation et l'adhésion des acteurs, des procédés de légitimation complexes. L'article éclaire ces processus de légitimation à l'aide des flux d'étudiants maghrébins dans ces deux sociétés. Il conclut sur deux catégories normatives — le « bon immigrant » au Québec et le « bon étudiant étranger » en France — qui tendent à s'imposer à travers ces opérations de pensée.