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2211.Plus d’information
La filière de la viande de brousse est une source d’activités génératrices de revenus pour ses acteurs mais dangereuse pour la survie de la faune sauvage à cause du non-respect du calendrier de chasse. L’impact de cette activité sur la biodiversité est l’un des principaux facteurs contribuant à la mise en place des textes juridiques pour une gestion durable de cette faune sauvage. Nous nous donnons l’objectif d’analyser les interactions entre les différents acteurs et l’efficacité des textes juridiques en vigueur pour connaître l’état de cette gestion durable de la faune sauvage au Gabon. Ainsi, nous prenons comme appui l’approche socio-écologique d’Ostrom en considérant le système de gouvernance et les acteurs dont les interactions ont des impacts sur la ressource faunique. Nous avons donc réalisé une recherche documentaire et mené une enquête qualitative à l’aide d’un questionnaire semi-directif auprès de 73 personnes. Après avoir catégorisé nos acteurs (agents de gestion de la faune sauvage – acteurs d’exploitation de la faune sauvage – consommateurs), il en résulte deux types de relations. Une relation de collaboration entre les acteurs d’un même groupe et une relation de dépendance-pouvoir entre deux groupes différents. Cependant, les textes juridiques qui permettent l’effectivité de cette dernière relation ne légifèrent que sur la chasse et non sur le commerce de la viande de brousse. Par ailleurs, certains textes juridiques devraient être actualisés et appliqués rigoureusement afin de répondre réellement aux objectifs de gestion durable de la faune sauvage et de sécuriser les métiers de ces acteurs.
Mots-clés : acteurs, approche socio-écologique, analyse systémique, Gabon, règlementation, viande de brousse, actors, socio-ecological approach, systemic analysis, Gabon, regulations, bushmeat
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2212.Plus d’information
Pour que la transition écologique devienne une réalité et ne demeure pas de l’ordre du discours incantatoire, une nouvelle trajectoire juridique doit être tracée pour une transformation effective de la société. La sobriété est au nombre des outils conceptuels qui peuvent y contribuer. Expression antique d’une tempérance face à l’intempérance ou de mesure contre la démesure et l’excès, la sobriété est une vertu de la limitation qui renvoie aux fondements du droit, entendu comme l’ensemble des règles de régulation des comportements en société. Aujourd’hui, le champ lexical de la sobriété se développe en droit français et il importe de prêter attention à l’essor des dispositions législatives destinées à lutter contre l’immodération et les excès à l’origine de la crise écologique. En regroupant différents textes ayant trait à l’objectif d’utilisation prudente et rationnelle des ressources naturelles et en s’appuyant sur l’injonction faite au législateur d’un changement de trajectoire, il serait possible de dégager un objectif de sobriété. C’est-à-dire l’action de modération parcimonieuse, temporelle et spatiale de l’utilisation des ressources naturelles dans le respect du principe de solidarité écologique.
Mots-clés : transition écologique, sobriété, suffisance, ressources naturelles, droit français, droit somptuaire, solidarité écologique, ecological transition, sufficiency, enoughness, natural resources, French law, sumptuous law, ecological solidarity
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2213.Plus d’information
Cet article vise à saisir les mécanismes d'ajustements et de reconfigurations politiques au sein d'un territoire rural et industriel de l'est de la France dans les premiers temps du mouvement des Gilets jaunes. Pour ce faire, une attention particulière est portée aux trajectoires et aux représentations sociales d'un couple de gauche d'origine populaire à la retraite sur un territoire qu'il qualifie d'extrême droite. Pour comprendre dans quelle mesure ces classes populaires de gauche en viennent à se mêler à d'autres catégories sociales dont elles se sentent politiquement et socialement éloignées, cet article entrecroise une analyse socio-spatiale du territoire et s'appuie sur une enquête ethnographique. Il vise ainsi à saisir la perception du champ politique et des groupes sociaux côtoyés au sein d'une mobilisation locale d'ampleur nationale. Ce couple tente alors de se faire le relais d'une culture militante, montrant par la même occasion comment celle-ci peut être incorporée à long terme et se diffuser sur la scène locale. Jouer sur les appartenances locales tout comme sur un rejet partagé des dirigeants politiques nationaux permet de dépasser les divergences de manière à reconfigurer les contours d'un « nous » populaire.
Mots-clés : Gilets jaunes, mondes ruraux, politique, inégalités socio-spatiales, Gilets jaunes, rural worlds, politics, socio-spatial inequalities
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2217.Plus d’information
Longtemps décrit comme un emploi précaire, occupé par défaut par des individus sans aucune alternative d'emploi dans le secteur formel, de récentes recherches, particulièrement en Amérique latine, ont démontré que l'emploi informel se révèle dans certains cas comme un choix d'opportunité fondé sur des incitations financières et/ou non financières. Ces révélations étant empiriquement peu documentées en Afrique, où l'emploi informel occupe une place prépondérante dans l'économie, cet article tente de combler ce manque en examinant dans le cas du Burkina Faso les facteurs déterminant l'engagement des individus dans l'entrepreneuriat informel, en s'interrogeant particulièrement sur le caractère contraint ou volontaire du choix de ce statut d'emploi. L'examen comparatif des rémunérations, couplé à l'analyse des motifs qui ont conduit à la mobilité des individus vers l'emploi informel, montre que l'entrée dans l'entrepreneuriat informel est liée à une pluralité de facteurs, relevant pour certains à de la nécessité et pour d'autres à de l'opportunité.
Mots-clés : Entrepreneuriat informel, Nécessité-opportunité, Gains, Logit multinomial structurel, Burkina Faso, Informal entrepreneurship, Necessity-opportunity, Earnings, Structural multinomial logit, Burkina Faso
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2218.Plus d’information
Alors que le positivisme en sciences sociales a été critiqué pour son conservatisme politique, son technicisme et son manque d'esprit critique, il est rare que l'on insiste sur son potentiel de légitimer les violences internationales. Dans cette contribution, j'examinerai si les dirigeants politiques socialisés dans le positivisme ont tendance à être favorables à la guerre préventive parce qu'ils dépolitisent souvent la sécurité internationale en la considérant comme régie par des lois objectives. Cet article explore en particulier si ces représentations dépolitisées et technocratiques de la sécurité internationale sont liées à un certain type de socialisation scientifique et professionnelle. La question de la guerre préventive est particulièrement adaptée à une interrogation sur la dépolitisation de la sécurité internationale. Les promoteurs de la guerre préventive soutiennent généralement que les États n'agissent pas en fonction de considérations politiques mais sont mus par des forces objectives telles que l'évolution du rapport de force entre grandes puissances.
Mots-clés : positivisme, dépolitisation, violences internationales, guerres préventives, positivism, depolitisation, international violence, preventive wars