Documents repérés
-
2533.
-
2537.Plus d’information
Les institutions culturelles actuelles sont marquées par un ensemble de transformations mais connaissent également une certaine continuité quant à certaines de leurs caractéristiques issues du XIXième siècle, comme l’importance accordée à l’architecture et à la monumentalité. L’insertion dans des stratégies de développement urbain globales alimentées par la concurrence internationale des territoires et se focalisant simultanément sur des thématiques variées comme le développement économique, le tourisme, la cohésion sociale et l’éducation à travers la démocratisation de la culture, apparaît comme une nouvelle matrice des institutions culturelles contemporaines. Ces mutations ont pour conséquence l’apparition d’une forme de gestion faisant la part belle à l’interdisciplinarité afin d’intégrer l’ensemble des problématiques désormais inhérentes aux établissements culturels. Une nouvelle génération de managers tenant de l’ingénierie culturelle et touristique se trouve naturellement propulsée à la tête de ces établissements d’un nouveau genre afin de répondre à tous ces défis. Par ailleurs, ces changements ont pour conséquence de modifier les rapports entre les différents protagonistes impliqués dans le développement culturel au niveau local. On constate ainsi une gouvernance inédite avec une autonomisation des institutions à l’égard de l’Etat central et un rôle prédominant accordé aux structures politiques locales et régionales, au mécénat privé et une association des populations locales dans les choix programmatiques et la gestion des institutions culturelles. C’est enfin la définition de la culture qui s’en trouve modifiée dans la mesure où celle-ci devient un mode de loisirs se positionnant sur un marché. L’élitisme qui caractérisait au XIXième siècle l’institution culturelle s’efface au profit d’une démocratisation et de l’émergence d’une culture de masse à la fois éducative et divertissante.
-
2538.Plus d’information
De nos jours, les processus industriels d’élevage et de mise à mort des animaux de boucherie sont relégués vers des bâtiments anonymes, à l’abri des regards. Dans ces non-lieux aseptisés, mécanisés et invivables que sont les élevages et les abattoirs industriels, le rapport homme-animal est à jamais rompu, la vie et la mort animales ne font plus sens. La mise en récit de ces non-sens pose un défi pour la création littéraire, mais quelques écrivains français contemporains s’engagent à « rendre visible ce qui a été conçu pour être invisible» (Anne Simon, « Animal: l’élevage industriel », [s. p.]). Notre analyse, qui se concentrera sur 180 jours d’Isabelle Sorente et Comme une bête de Joy Sorman, propose d’examiner comment ces ‘non-lieux’ de l’industrie de la viande deviennent, dans l’univers littéraire, des lieux symptomatiques de maux qui affligent notre société moderne. Ces huis clos cachés, que l’on analysera comme des hétérotopies foucaldiennes, nous confrontent au malaise de notre propre humanité qu’engendre le traitement des animaux sous la contrainte capitaliste de la rentabilité. En employant le topos littéraire du regard animal, les écrivains font apparaître notre « reflet dans l’œil d’une truie » (Sorente, 180 jours, 485) ; et suscitent un questionnement des non-sens de l’industrie de la viande.
-
-