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Qu'il s'agisse de souvenirs domestiques, d'objets intimes et obsolètes auxquels l'individu est attaché, d'éléments prestigieux du patrimoine monumental, emblématiques des groupes qui les revendiquent, ou encore d'une nature en péril, au nom de laquelle chacun peut s'engager, le monde matériel mobilise les sens et les affects. À la faveur de diverses enquêtes ethnographiques menées en France depuis les années 2000 sur la conservation du patrimoine domestique, les émotions patrimoniales et la patrimonialisation des mémoires des migrations, cet article analyse la manière dont les individus mobilisent les affects pour façonner leur autoportrait. Les épiphanies affectives passent par des expériences sensorielles, véritables épreuves des sens. Mais l'emprise des choses du quotidien, leur affordance et l'affection qu'elles inspirent ne se limitent pas à l'individu concerné, allant bien au-delà. Leur dimension collective se déploie à deux niveaux : action revendiquée de sauvegarde du temps qui passe d'une part, action invisible, voire inconsciente d'une perpétuelle reformation du monde d'autre part. Elle amène à considérer la portée politique des liaisons affectives et de leur interprétation sensorielle sous l'angle d'un autoportrait collectif, miroir d'un monde habité malléable.
Mots-clés : Dassié, affordances, objets d'affection, liaisons sensorielles, habiter, déformation/reformation, autoportrait collectif, Dassié, affordances, objects of affection, sensory connections, living, deformation/reformation, collective self-portrait, Dassié, enactivación, objeto de afecto, relaciones sensoriales, habitar, deformación/reformulación, autorretrato colectivo
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