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562.Plus d’information
En 1687, un groupe de cinq érudits jésuites français, portant le titre de « mathématiciens du roi », s’est aventuré dans l’Empire Qing, annonçant l’entrée de la France sur le devant de la scène de la mission jésuite en Chine. Agissant en tant qu’intermédiaires entre Paris/Versailles et Pékin, les jésuites français ont apporté d’importantes contributions aux échanges scientifiques, notamment dans les domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la cartographie. En comparaison avec leurs contributions dans ces domaines, leurs œuvres en histoire naturelle restent peu étudiées. La thèse explore les œuvres d’histoire naturelle produites au début de la mission jésuite française en Chine. Les études d’histoire naturelle menées par les jésuites français se sont développées en étroite association avec leurs activités cartographiques en Asie de …
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563.Plus d’information
La Grande Paix de Montréal consacre en 1701 la diplomatie franco-amérindienne, soulignant les adaptations culturelles qui permettent de mettre en place une paix et une alliance générale entre la Nouvelle-France et les nations du Pays d’en Haut. Nous avons voulu nous intéresser dans notre étude à la décennie qui suit ce traité, et à la manière dont les relations diplomatiques entre Français et Autochtones à Montréal se développent dans la continuité au début du XVIIIe siècle. En étudiant la correspondance coloniale que s’échangent les agents de la monarchie entre Versailles et Montréal, nous avons appliqué une analyse des discours afin de mieux comprendre la manière dont ces relations diplomatiques évoluent, et comment Montréal joue un rôle central en tant que cadre urbain de ces négociations. …
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564.Plus d’information
Dans les Landes de Gascogne (France), les tempêtes de 1999 et de 2009 ont contribué à révéler le décalage croissant entre la forêt, sa filière, et les dynamiques territoriales portées par l'accentuation des mobilités résidentielles et touristiques. Considérant tout à la fois l'emprise de la forêt sur cet espace et les dynamiques actuelles de diversification – des usages et des territoires -, cet article s'interroge sur la manière dont la forêt participe à l'émergence de nouveaux collectifs et de nouvelles combinaisons territoriales entremêlant attentes résidentielles et mutations sectorielles. S'inspirant de la théorie de « l'acteur-réseau », il développe une approche permettant d'enquêter sur la diversité des liens à la forêt et leur « nouage » réciproque. La forêt est ainsi saisie comme un opérateur spatial qui génère, assemble et dissocie une multiplicité de liens. Prenant appui sur une étude prospective menée entre 2010 et 2012, la première partie de l'article décrit la trajectoire récente de cet espace forestier longtemps considéré comme un « désert », et les transformations des différents styles d'attachements qui fabriquent la forêt en fonction de son insertion dans différents réseaux (filière bois, usages sociaux de la forêt et écosystème forestier) qui sont autant de domaines distincts de la réalité (l'économie, le social et le culturel, la nature). La dernière partie traite, à partir de trois situations territoriales, de la pluralité des formes d'articulation et d'imbrication des liens actuellement tissés autour de la forêt landaise et souligne les enjeux d'enchevêtrement et d'exclusion qui caractérisent les devenirs possibles de ces assemblages.
Mots-clés : Landes de Gascogne, forêt, filière, territoire rural, multifonctionnalité, écologisation, développement local, théorie de l'acteur-réseau, géographie, prospective, Landes of Gascony, Forest, Forest based-sector, Rural area, Multi-functionality, Environment, Local Development, Actor Network Theory, Geography, Foresight
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565.Plus d’information
En engageant une discussion entre la littérature et des cas concrets, cet article a pour objet de s'interroger sur la manière dont la sociologie s'approprie la problématique de l'environnement dans une période où les demandes sociales en matière d'expertise, de formulation de normes et d'interdisciplinarité n'ont jamais été aussi fortes. De telles attentes se précisent dans le contexte des controverses environnementales. En prenant ainsi part à la constitution des « sciences de l'environnement », la sociologie est prise dans un spectre entre expertise et engagement. Les différentes expériences professionnelles des deux auteurs sont au coeur de cette réflexion. Tant dans l'enseignement de la sociologie que dans la participation à des projets de recherche impliquant d'autres disciplines scientifiques, l'accès aux connaissances peut être limité par l'impossibilité partielle de mener un protocole scientifique. Faut-il pour autant renoncer au projet de l'interdisciplinarité entre les différents champs scientifiques ? Faut-il mettre de côté l'implication du sociologue dans le projet de la cité, à partir d'une expertise reposant sur la recherche fondamentale ? Dans la troisième partie de cet article, la posture du sociologue engagé – scholarship with commitment (Bourdieu, 2002) sera revisitée à partir de plusieurs terrains de recherche, mais aussi sur la base d'expériences dans des structures professionnelles où le sociologue était invité à proposer des mesures servant de base pour l'action.
Mots-clés : sociologie, controverses environnementales, expertise, interdisciplinarité, engagement, distanciation, sociology, environnemental controversies, expertise, inter-disciplinarity, commitment, distancing
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566.Plus d’information
Le paysage français de l'expertise scientifique sur la biodiversité, mobilisée dans la construction des politiques publiques de protection de la nature, fait l'objet depuis une dizaine d'années d'une intense activité de réforme et de création institutionnelles. Cette étude exploratoire s'appuie sur des entretiens avec un panel d'acteurs agissant à l'interface entre les connaissances et l'action publique. Le champ de l'expertise, en biodiversité comme pour d'autres domaines, est le lieu d'une difficile rencontre entre science et politique. L'inconfort ressenti vis-à-vis du fonctionnement actuel des dispositifs d'expertise est souvent avancé comme argument pour justifier les différentes réformes engagées ces dernières années. Notre travail montre cependant qu'à l'inverse le foisonnement institutionnel récent est source de déstabilisation pour les acteurs, tant du côté des scientifiques que des décideurs politiques. Pour répondre malgré tout à la demande d'expertise, le positionnement des experts peut être décrit par trois figures archétypales - le « garant » de la qualité scientifique, le « gardien » des principes de protection de la nature et l'« agent » spécialisé dans l'expertise au plus près des politiques - dont la légitimité et le pouvoir ont évolué au cours du temps, au détriment des « gardiens ». Cette situation est analysée au regard des enjeux stratégiques de chacun des acteurs et des évolutions récentes du contexte académique et des modes d'élaboration des politiques publiques. Enfin, de nouvelles perspectives de recherche sont identifiées pour approfondir ces résultats.
Mots-clés : expertise, interface science/politique, politiques publiques environnementales, analyse stratégique, biodiversité, science, politiques, expertise, science-policy interface, environmental public policies, strategic analysis, biodiversity, science, policies
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567.Plus d’information
Cet article explore les valeurs attribuées à la nature et la façon dont elles s'articulent dans un territoire particulier, les îles subantarctiques françaises. Dans la mesure où ces îles n'ont pas de populations permanentes et ne sont pas exploitées pour leurs ressources biologiques ou minières, les valeurs directement utilitaristes y sont peu présentes, et les autres types de valeurs sont exprimés plus largement que dans des situations plus classiques. En effectuant des enquêtes sociologiques auprès des résidents de Kerguelen et à bord du Marion Dufresne, nous avons pu dresser une typologie des valeurs exprimées et de leur mode d'affectation par les individus. La plupart des valeurs identifiées sont plurielles, telles les valeurs d'authenticité, les valeurs affectives, spirituelles, ou celles liées aux activités scientifiques, et sont exprimées de manière différentiée. Nous avons distingué les « valeurs-principe » des « valeurs-objet », c'est-à-dire des différents attributs de la nature qui se trouvent dotés de valeur. Nous avons ensuite décrit les modes d'adhésion à ces valeurs, qui peuvent être partagées ou clivantes, et les avons mis en parallèle avec leur légitimité à justifier les principes d'action. Nous n'avons pas observé de variations significatives en fonction des catégorisations sociales telles que l'âge, le sexe ou le statut professionnel, mais nous avons identifié des « bouquets de valeurs » exprimées plus souvent de manière conjointe, qui permettent de dégager quatre grands types de rapport à la nature dans les îles subantarctiques.
Mots-clés : valeurs de la nature, valeur intrinsèque, services écosystémiques, biodiversité, Kerguelen, subantarctique, Marion Dufresne, values of nature, intrinsic value, ecosystem services, biodiversity, Kerguelen, subantarctic, Marion Dufresne
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568.Plus d’information
L'évaluation des impacts sur la santé (EIS), démarche promue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est généralement présentée comme un outil d'aide à la décision pour des politiques ou projets favorables à la santé. Mais l'EIS se distingue d'autres formes d'évaluation des politiques par l'affichage de certaines valeurs, comme la démocratie, l'équité et le développement durable. Elle se définit aussi par son caractère transversal lié à la diversité des déterminants de la santé qu'elle conduit à mobiliser. Au-delà de l'accompagnement des choix politiques, nous avons cherché à explorer la capacité d'une démarche EIS à générer un apprentissage collectif auprès de ses participants. Nous avons interrogé sa faculté à favoriser l'émergence d'une culture commune autour de la santé et de ses déterminants dans le domaine de l'urbanisme. Profitant de l'expérimentation d'une EIS sur un vaste projet d'aménagement dans l'Ouest Parisien, nous avons proposé de conduire le processus de manière ouverte en impliquant les agents des services et en visant l'appropriation globale du projet, avec la santé comme nouvelle clé de lecture. Les acteurs, issus de sept directions de la municipalité, ont été mobilisés tout au long de la démarche et sur des séances de travail collectif. En partant des input des évaluateurs en charge de l'EIS, leur participation a permis de réaliser une grille d'évaluation multicritères croisant les déterminants de la santé avec les enjeux du développement durable, de procéder à l'évaluation du projet d'aménagement (phase d'évaluation de l'EIS) puis de porter des réflexions croisées au travers d'une séance de délibération sur l'ensemble du projet d'aménagement. À la fin du processus EIS, une enquête a été conduite auprès de ces participants, afin de recueillir leur perception de la démarche et ce qu'ils en ont retiré. Celle-ci semble conforter la pertinence d'une approche participative de l'EIS pour susciter un engagement des acteurs dans la réflexion et leur permettre d'élargir le regard à des thématiques hors de leur champ de compétences habituel. La démarche EIS, ouverte aux agents et les réflexions collectives qu'elle a générées, a été perçue comme un levier pour objectiver et fédérer des avis sur des enjeux généralement peu (ou pas) pris en compte par les aménageurs et apporter de la cohérence à des problématiques souvent diluées par une approche trop segmentée.
Mots-clés : évaluation des impacts sur la santé, apprentissage social, développement durable, équité en santé, aménagement et urbanisme, health impact assessment, social learning, sustainability, equity in health, land use, urban planning
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569.Plus d’information
Cet article explore le rôle que pourraient jouer les propriétés publiques dans le maintien ou le redéveloppement de l'agriculture périurbaine. Il s'appuie sur une analyse de la structure spatiale des propriétés publiques et des acquisitions publiques et sur des entretiens semi-directifs conduits dans la région urbaine de Montpellier. Les résultats montrent que les propriétés publiques représentent une emprise spatiale considérable, mais que moins de la moitié des surfaces a un intérêt pour l'agriculture en raison de leur morcellement, de la nature des terrains ou des perspectives d'urbanisation. L'agriculture est marginale dans les stratégies foncières des acteurs publics et parapublics, dont les acquisitions et la gestion foncières sont rarement coordonnées sur un même territoire. Toutefois, quelques communes et intercommunalités développent des stratégies de préservation du foncier agricole. D'autres acteurs publics se tournent vers l'agriculture pour entretenir les terres en leur possession. Ils montrent ainsi que les propriétés publiques peuvent être un levier pour maintenir ou redévelopper l'agriculture en périurbain.
Mots-clés : inventaire foncier, agriculture urbaine, protection du foncier agricole, gouvernance, land inventory, urban agriculture, farmland preservation, governance