Documents repérés
-
1374.Plus d’information
Dans son essai de 1991, Nous n'avons jamais été modernes, Bruno Latour appelle à une remise en cause des procédures épistémologiques et idéologiques que les Modernes ont mises en place pour réaliser leur projet. Il y dénonce notamment la montée d'une pensée oppositionnelle (il l'appelle parfois “travail de purification” [1997 : 47]) que les Modernes auraient prise pour de l'argent comptant et qui, au fur et à mesure, aurait ruiné le projet moderne. Les modernes auraient ainsi négligé la complexité d'une réalité complexe, explicitée soit sous la forme du “réseau” (Latour, passim), “mesh” (Morton 2010 : 8)) ou bien “objet” (Harman (2010). Or, le principal moteur cognitif de la modernité aura été le dualisme : différence, opposition, dichotomie, paire, double, etc. Latour et Barthes pensent souvent, si ce n'est toujours à partir du dualisme, figure qu'ils tiennent pour la forme du métalangage moderne. Si Barthes n'a jamais été philosophe, il a tôt remarqué la force de ce métalangage, qu'il a essayé de subvertir, ou bien ayant recours au “neutre”, l'un des termes les plus chargés de son oeuvre, ou bien en jouant indéfiniment avec les classements. Toutefois, un certain figement et puis déclin de la modernité, ne serait-ce que sous forme de ressenti, pousse Barthes vers ce que nous allons appeler une sorte de réduction affective de sa pratique discursive, notamment alors qu'il s'agit du “dernier Barthes”. Alors qu'il ne cesse de varier son discours, d'en saper l'autorité par le recours à la “notation” et à l'“incident”, il tend à privilégier le rapport affectif au langage.
Mots-clés : Roland Barthes, Bruno Latour, modernité, métalangage, neutre, incident, objet littéraire
-
1375.Plus d’information
Cet article porte sur les représentations de la marginalité dans Les héritiers de la mine, un roman de la Québécoise Jocelyne Saucier (2000). Parce qu'il multiplie dès l'incipit les figures de décentrement, l'imaginaire déployé apparaît d'abord comme le lieu d'une négociation où la non-conformité est reine. Cependant, au fil de la lecture, une « poétique de l'entre-deux », portée par le personnage d'Angèle, finit par casser la classique dichotomie nous/eux découlant d'une marge réduite à son unique logique d'exclusion. Il s'agira donc d'exposer le tissage sémiotique d'une identité-frontière, en constant équilibre sur le « mince fil » d'un idéal vécu « sans compromission ».
-
1376.Plus d’information
La satire contre l'antisémitisme, chez Proust comme chez Joyce, prend une envergure comique qui finit par mettre en cause non seulement l'intolérance, mais encore le caractère totalisant de toute idéologie. Malgré leurs différences de style et de sujet, les deux écrivains déploient un langage qui cherche à déstabiliser les idées reçues, même celles de gens bien-pensants. Cette déstabilisation se manifeste sous forme d'une multiplicité de niveaux discursifs, de sorte que même une critique de l'intolérance peut être exposée à l'ironie.
-
1377.
-
1378.
-
1379.