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1541.Plus d’information
Cet article vise à saisir les mécanismes d'ajustements et de reconfigurations politiques au sein d'un territoire rural et industriel de l'est de la France dans les premiers temps du mouvement des Gilets jaunes. Pour ce faire, une attention particulière est portée aux trajectoires et aux représentations sociales d'un couple de gauche d'origine populaire à la retraite sur un territoire qu'il qualifie d'extrême droite. Pour comprendre dans quelle mesure ces classes populaires de gauche en viennent à se mêler à d'autres catégories sociales dont elles se sentent politiquement et socialement éloignées, cet article entrecroise une analyse socio-spatiale du territoire et s'appuie sur une enquête ethnographique. Il vise ainsi à saisir la perception du champ politique et des groupes sociaux côtoyés au sein d'une mobilisation locale d'ampleur nationale. Ce couple tente alors de se faire le relais d'une culture militante, montrant par la même occasion comment celle-ci peut être incorporée à long terme et se diffuser sur la scène locale. Jouer sur les appartenances locales tout comme sur un rejet partagé des dirigeants politiques nationaux permet de dépasser les divergences de manière à reconfigurer les contours d'un « nous » populaire.
Mots-clés : Gilets jaunes, mondes ruraux, politique, inégalités socio-spatiales, Gilets jaunes, rural worlds, politics, socio-spatial inequalities
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1542.Plus d’information
Les théories en sciences humaines sont aujourd'hui acculées à une cascade de déclarations aussi péremptoires qu'immodestes sur leur propre finitude. La nomenclature des fins paraît accablante dans le paysage intellectuel de cette fin de siècle puisque l'on y recense celles des idéologies (Bell, Aron), du politique (Birnbaum), du social (Baudrillard), de la religion (Gauchet), de la culture (Henry), de la modernité (Vattimo), des grands récits (Lyotard), du socialisme (Touraine), de l'histoire (Gehlen, Heidegger), du marxisme-léninisme, sans doute la plus récente. Les discours de la postmodernité se présentent précisément comme tentatives de penser la rupture des fondements des théories philosophiques et politiques dans un contexte de remise en cause des certitudes paradigmatiques et du patrimoine de vérités qui y furent rattachés. Alors que les théories en sciences humaines furent tour à tour subordonnées à la Mathesis avec Descartes et Leibniz, à la Science avec le positivisme de Comte et de ses successeurs, à la Politique avec Rousseau, Hegel et Marx, les voilà aujourd'hui suturées à l'hégémonie post-structuraliste du Narratif avec les discours de la postmodernité. Cet article propose à la fois d'étudier cette dernière notion de manière critique d'une part, mais aussi, d'autre part, d'examiner comment la réhabilitation de la rhétorique dont il procède sert à redéfinir profondément le statut et la portée de la théorie en sciences humaines.
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1546.Plus d’information
Malgré le peu d'enthousiasme qu'André Baillon réserve au mouvement lancé par Léon Lemonnier, le romancier sera, surtout post mortem, à plusieurs reprises étiqueté comme populiste, et ce, jusqu'aujourd'hui. Ce qui peut surprendre, c'est que les mêmes traits qui poussent certains critiques à définir Baillon populiste en amèneront d'autres à le considérer comme régionaliste ou représentant de la littérature prolétarienne. Ces classements contradictoires nous apprennent sans doute peu de choses sur Baillon ; en revanche, ils nous en disent long sur les ambiguïtés des mouvements en question. Et si l'oeuvre du romancier belge tombe dans l'oubli après la Deuxième Guerre mondiale, c'est aussi à cause d'une (ou plusieurs) étiquette(s) mal placée(s).
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1547.Plus d’information
Branko Milanovic compte sans doute parmi les spécialistes des inégalités les plus importants sur la scène internationale. Économiste à la Banque mondiale, il se penche sur les questions des disparités depuis plusieurs décennies. Dans son livre paru cette année, {The Haves and the Have-Nots} (Les nantis et les indigents), il réussit le tour de force de rendre accessibles au plus grand nombre des idées complexes sur les inégalités entre les individus, entre les pays, et entre les citoyens du monde dans un style attrayant. Pour ce faire, l’auteur illustre ses propos au travers de petites histoires (des « vignettes ») audacieuses et d’une incroyable originalité, dans lesquelles il répond à des questions fascinantes : les Romains prospères étaient-ils comparativement plus riches que les super riches d’aujourd’hui ? Dans quel arrondissement de Paris valait-il mieux vivre au 13e siècle, et qu’en est-il aujourd’hui ? Sur l’échelle de la redistribution du revenu au Kenya, où se situait le grand-père de Barack Obama ? Est-ce que le lieu de naissance influence le salaire que vous aurez au long d’une vie, et si oui, comment ? Qu’a gagné Anna Karénine à tomber amoureuse ? La Chine survivra-t-elle au mitan du siècle ? Qui a été la personne la plus riche au monde ? Reprenant également les travaux de Vilfredo Pareto, Karl Marx, Alexis de Tocqueville, John Rawls ou Simon Kuznets à une époque où la question des inégalités préoccupe de plus en plus, son ouvrage fait le pari d’éclairer un enjeu aussi ancien que passionnant. Branko Milanovic a accepté de répondre aux questions de Sens Public.
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1548.