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3911.Plus d’information
Une levée de fonds via une campagne de financement participatif engendre des mécanismes nouveaux vis-à-vis des stratégies de collecte. Dans cette contribution, les notions de capital social et de capital territorial sont plus particulièrement étudiées. L'objet de cette recherche est de déceler les principaux mécanismes pouvant expliquer la volonté d'individus, en dehors du cercle familial et du cercle amical, de financer des projets entrepreneuriaux. Dans cette optique, l'étude du cas de l'épicerie L'Effet Bocal – une épicerie sans emballage située dans la ville française de Poitiers – sert de socle à notre discussion. À l'appui de cette étude de cas, nous montrons que, lorsqu'il s'agit de financement participatif à objet entrepreneurial, la notion de territoire semble perdurer. Et ce, malgré la suppression des barrières techniques et géographiques qu'induit la dynamique plus large du crowdsourcing.
Mots-clés : Crowdfunding (financement participatif), Crowdsourcing, Capital social, Capital territorial, Entrepreneuriat, Crowdfunding, Crowdsourcing, Social capital, Territorial capital, Entrepreneurship, Crowdfunding, Crowdsourcing, Capital social, Capital territorial, Emprendimiento
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3912.Plus d’information
Cet article s'intéresse au livre comme moyen de stabilisation et de diffusion d'une parole activiste, spécifiquement collective. Dans la période contemporaine, on voit poindre des propositions à plusieurs voix, recourant à des formes livresques atypiques. Nous examinons des objets éditoriaux expérimentaux récents, émanant de différents espaces de la francophonie du Nord et qui s'inscrivent dans une dynamique activiste ouvertement revendiquée : la « sauvegarde no 1 » du projet nous sommes partout (Éditions Abrüpt); les quatre premiers volumes de la revue littéraire Sabir; les publications périodiques de La Conspiration dépressionniste; et le Petit manuel critique d'éducation aux médias (Éditions du commun). S'y observent, de manière prépondérante, une logique du collectif et une inclusivité intrinsèque, une horizontalité processuelle, une diversification formelle et de contenu, et la démarchandisation de l'objet‑livre. Participant d'un activisme inscrit dans l'événementialité, ces entreprises témoignent d'une cristallisation d'un faire‑communauté à travers ces objets à impact sociopolitique.
Mots-clés : Édition, expérimentations livresques, activisme, collectif, francophonie septentrionale, Publishing, book experimentations, activism, collective, northern Francophonie
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3913.Plus d’information
Les élèves pratiquent la grève depuis plus d'un siècle, au Québec et ailleurs sur la planète. Une recherche dans les archives de la presse québécoise et 68 entretiens semi-dirigés ont permis de brosser un portrait − certes incomplet − des grèves d'élèves au Québec, d'en identifier les causes, les formes et surtout leur signification politique du point de vue des élèves. L'expérience de la grève leur permet d'évaluer l'intérêt politique des actions collectives autonomes et souvent de questionner le discours officiel qui réduit la « démocratie » aux élections et aux conseils d'élèves, comme le répètent en choeur le ministère de l'Éducation, l'Assemblée nationale, Élections Québec et plusieurs universitaires spécialistes de l'éducation à la citoyenneté.
Mots-clés : grève, élèves, démocratie, conseil d'élèves, comité d'élèves, strike, students, democracy, student council, student committee, huelga, alumnos, democracia, consejo de alumnos, comité de alumnos
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3914.Plus d’information
RésuméÀ la fin du XIXe et au début du XXe siècle, l'hostilité des intellectuels canadiens à l'égard des États-Unis et de l'intégration continentale s'exprimait à travers deux discours conservateurs : l'impérialisme anglo-canadien et le nationalisme canadien-français. En dépit de leur divergence fondamentale sur la question nationale, ces doctrines possédaient un point de vue essentiellement antimoderne et trouvaient un point de convergence dans leurs vigoureuses critiques des États-Unis. Pour la droite impérialiste et nationaliste, les États-Unis représentaient la quintessence même de la modernité, étant donné leur acceptation, entre autres choses, du laïcisme, de la démocratie et de la culture de masse. Au Canada anglais, où les institutions politiques et le lien impérial étaient perçus comme les piliers de la spécificité canadienne, le discours antiaméricain avait tendance à se concentrer sur des questions politiques et diplomatiques. Au Québec, où les institutions politiques jouaient un rôle très secondaire dans l'identité nationale, les questions sociales et culturelles dominaient le discours antiaméricain.
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3915.Plus d’information
Qui est d’Artagnan ? La figure historique s’est effacée depuis longtemps derrière la création dumasienne ; mais de manière similaire, le personnage des Trois Mousquetaires n’existe presque plus. Mille fois réimaginé, adapté à tous les supports fictionnels, transformé à chaque lecture et à chaque nouvelle mise en scène, il n’est plus lié à l’œuvre originelle qui a fondé son succès que par quelques caractéristiques lâches – nom, vocation, amitiés, inimitiés. Et si ces traits persistent encore dans chaque incarnation du personnage, ils ne dépendent plus de l’œuvre d’Alexandre Dumas, mais bien du contexte de représentation. Dans ce processus de mue, le format de la série a en effet eu un effet paradoxal : sa proximité avec la logique du roman-feuilleton rapproche curieusement le d’Artagnan sériel de ses origines dumasiennes, mais le rend également d’autant plus élastique. C’est ce paradoxe qu’on cherchera à étudier ici, en comparant deux mises en scène relativement récentes du personnage : la première dans la série soviétique D’Artagnan et les Trois Mousquetaires (1978-1994) qui, en cherchant à reproduire le roman à la ligne près, réussit pourtant à en faire une ode à la vie en Europe de l’Est avant et après la chute du régime communiste ; la seconde dans la série The Musketeers (2014-2016), qui, parfaitement détachée du roman initial en termes d’intrigue, réussit pourtant à traduire l’aspect chevaleresque des mousquetaires dumasiens pour lui faire incarner des angoisses propres au XXIe siècle.
Mots-clés : Dumas, Dumas, character, personnage, transmédialité, transmedia, appropriation, appropriation, d’Artagnan, d’Artagnan
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3916.Plus d’information
1983 marque un premier tournant dans la carrière du réalisateur David Cronenberg qui choisit de se tourner vers des adaptations littéraires plutôt que vers des scénarios originaux. Pourtant, et quel que soit le rapport que celui-ci entretient avec le matériau adapté (King, Ballard, etc.), la figure de William Burroughs reste une constante de son oeuvre : un Ur-text. Cronenberg est, en effet, un réalisateur « burroughsien » (terme qu’il nous incombe de définir) dans l’entièreté de ses adaptations, y compris les plus personnelles, et l’influence de l’écrivain américain, dont il est un lecteur avisé, se retrouve jusque dans Consumed, roman du canadien publié en 2014. Nous analyserons ainsi le rapport paradoxal de Cronenberg à Burroughs, le cinéaste prenant en charge l’incidence du romancier autant dans son style que dans ses thématiques, tout en cherchant à s’éloigner de toute imitation et en allant à la rencontre d’une voix qui lui soit propre. Aussi 1991 est un second tournant dans la carrière du réalisateur qui, en adaptant Naked Lunch, roman jugé inadaptable de William Burroughs, décide de se confronter à son inévitable modèle tout en s’affranchissant, en grande partie, du texte-source ; ce faisant, Cronenberg se joue définitivement des règles de l’adaptation mais aussi, et peut-être surtout, de la transgression, et invente un nouveau genre de transposition qui en dit autant sur la figure de l’écrivain indépassable que sur celle de l’artiste qui interroge les mécanismes du processus créatif, de la contagion et de l’autorité.
Mots-clés : David Cronenberg, David Cronenberg, William S. Burroughs, William S. Burroughs, adaptation cinématographique, movie adaptation, cinéma, cinema, cut-up, cut-up
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3917.Plus d’information
Le mouvement bricoleur (maker) connaît une popularité croissante dans les écoles du monde entier, mais la recherche, en particulier en français, est encore à un stade émergent. Cet article propose une revue de la portée des projets bricoleur dans les salles de classe de la 4e à la 8e année (secondaire 2) à l’échelle internationale, qui vise à analyser leurs descriptions, le déroulement, les outils utilisés et les retombées sur les élèves et le personnel enseignant. Sur 1 900 études initialement recensées et 68 articles scientifiques retenus aux fins d’analyse, l’étude définit trois phases principales des projets bricoleur : 1) l’inspiration et la préparation, 2) la mise en œuvre et la réalisation, et 3) la présentation et la recontextualisation, et elle souligne l’équilibre entre les outils numériques et physiques dans les études du corpus. Elle examine aussi les retombées sur les élèves à travers les dimensions affectives, sociales, disciplinaires et métacognitives, ainsi que sur le personnel en ce qui a trait aux dimensions pédagogiques, affectives et sociales. Des exemples de projets bricoleur disciplinaires, interdisciplinaires et transdisciplinaires sont présentés, illustrant l’ampleur et le potentiel du mouvement bricoleur. Ces résultats sont essentiels pour renforcer la formation enseignante, en s’appuyant sur les recommandations issues de recherches récentes, afin de favoriser la conception et l’intégration de projets bricoleur dans les salles de classe.
Mots-clés : digital technologies, bricoleur, maker, formation enseignante, maker, maker education, revue de la portée, scoping review, teacher education, technologies éducatives
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3918.Plus d’information
Le francoprovençal, parlé historiquement en France, en Suisse et en Italie, a été langue de communication orale dès le 6e siècle et langue littéraire depuis le 13e siècle. Diffusé à partir de Lyon de part et d’autre des grands cols alpins, il comprend de nombreux dialectes, mais a souvent affiché son autonomie face au français. La production de textes en francoprovençal est désormais rare dans la région Rhône-Alpes, y compris en Savoie ou en Bresse, où il reste des locuteurs. La diffusion de la langue est devenue indissociable de la traduction vers le français s’il s’agit de trouver un public, même restreint — d’autant que les personnes comprenant encore la langue ne sont guère habituées à la lire. Pourtant, il fut un temps, notamment au 17e siècle, où l’on publiait des épopées ou du théâtre en francoprovençal sans traduction d’appoint. Seul le paratexte était en français. Au tournant du 20e siècle, nombreuses étaient encore les chroniques qui, dans les journaux locaux, étaient publiées uniquement en « patois ». Puis, à mesure que l’assimilation linguistique a progressé après 1945, le français est apparu aux côtés du francoprovençal, en particulier dans des bulletins d’associations de patoisants ou les glossaires, qui se sont multipliés depuis les années 1980 et sont souvent accompagnés d’histoires bilingues. La traduction vers le francoprovençal joue également un rôle, mais enrichie de commentaires métalinguistiques en français et surtout dans le cas de bandes dessinées ou de fables facilement accessibles en langue originale. Alors que la langue autochtone est devenue presque inaudible dans l’espace public, nous cherchons à illustrer les enjeux existant autour de la traduction, qu’il s’agisse d’autotraduction et d’écriture double (deux langues en regard), de coexistence des langues pour refléter l’ancienne diglossie sociétale, ou encore de la question de la graphie — régionale ou supradialectale selon le cas.
Mots-clés : francoprovençal, Francoprovençal, Bilingual Writing, écriture bilingue, Diglossia, revitalisation, Revitalization, diglossie, self-translation, autotraduction
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3919.Plus d’information
Les politiques linguistiques devraient être conçues pour les locuteurs et non pour les langues. Pour cela, la confiance des locuteurs et aux locuteurs pourrait être un axe de définition des politiques de traduction sur au moins trois points : le droit d’utiliser sa « langue de cœur » nécessite une information constante des locuteurs, et aussi des non-locuteurs des langues autochtones d’un territoire donné, sur le multilinguisme ; la traduction et l’autotraduction, la terminographie, ainsi que l’interprétation, sont de nature à soutenir le choix de vivre dans cette langue ; des formations, des ressources et des outils linguistiques sont requis pour permettre l’exercice de ces activités. Pour ce type de politique de traduction, le cas breton étudié ici suggère d’explorer les voies d’une terminologie descriptive plutôt que prescriptive, la dialectologie, la science et les productions collaboratives.
Mots-clés : politique de traduction, translation policy, language policy, politique linguistique, langue bretonne, Breton language, multiliguisme, multilingualism, speakers, locuteurs
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3920.Plus d’information
Dans les descriptions des récits de voyages européens depuis le XVIe siècle, les représentations de l’Africain ne se distinguent pas de ceux des autres « sauvages » dont l’existence nouvellement découverte fascine et répugne tout à la fois. Au XVIIIe siècle, alors même que les allusions au cannibalisme du Nouveau Monde tendent à se dissiper, et que s’élabore l’image du « bon sauvage », le discours cannibalique sur l’Afrique s’amplifie. Ce travail propose d’observer comment il émerge et se propage dans les textes européens. Autrement-dit, il s’agira d’interroger la formation de ce discours sur l’autre pour peut-être comprendre comment il se fixe sur l’Africain : discours imaginaire, sans doute, mais dont la contagion contamine encore aujourd’hui la perception du Noir comme autre, et informe le discours persistant de son ensauvagement.