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135.Plus d’information
La pièce de David Henry Hwang, M. Butterfly (1988), adaptée au cinéma par David Cronenberg (1993), est célèbre pour sa mise en scène d’une suspension de l’incrédulité (ce qui a nécessité la réécriture de certains passages pour la reprise de la pièce à Broadway en 2017). Alors que la pièce et son adaptation ont été le plus souvent analysées au prisme du genre et de la race (en s’intéressant à la féminité et à la masculinité, à l’Orient et à l’Occident), j’examinerai le trope cinématographique du « théâtre filmé » (Bazin, Sontag, Knopf, Loiselle) et les effets de liminalité qu’il rend possible. M. Butterfly attribue la liminalité, cet aspect « d’entre-deux », à toutes les questions complexes de l’existence humaine, y compris l’art et la politique. L’essai met en lumière quatre aspects de l’expérience liminale : sa capacité à brouiller les frontières spatiales, à créer un effet temporaire de désorientation, à intensifier les perceptions et à transformer les observateurs en participants (Turner, Schechner, Fischer-Lichte). M. Butterfly raconte l’amour d’un diplomate français, René Gallimard (Jeremy Irons), pour une diva de l’opéra de Pékin, Song Liling, espion et travesti en femme (John Lone). La pièce de Hwang développe les aspects spatio-temporels du liminal : le brouillage des frontières entre le passé et le présent, l’intérieur et l’extérieur, l’ego et l’alter ego. Le film met l’accent sur l’intensité et la capacité de mutation de l’espace liminal, en s’appuyant sur les effets intermédiaux du théâtre au sein du film. La théâtralité « déborde » dans la réalité cinématographique et crée – par le biais d’un contact entre les médias – une réalité alternative, réflexive, source de désorientation et d’hallucinations. Condensant divers effets de liminalité, la pièce et son adaptation favorisent l’approche de ces effets par le public, et la perception du sens créé entre les vides de l’oeuvre.
Mots-clés : liminalité, liminality, film adaptation, adaptation cinématographique, theatre, théâtre, David Cronenberg, David Cronenberg, David Henry Hwang, David Henry Hwang, M. Butterfly, M. Butterfly
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140.Plus d’information
En 2015, Johanna Bienaise, danseuse contemporaine, et Anne-Sophie Rouleau, metteure en scène de théâtre, entreprenaient un processus d'exploration en studio qui appellerait au métissage de leur champ de pratique. Dans cet article, elles reviennent sur leur expérience en analysant comment leur dynamique de travail s'est inscrite dans ce qu'elles nomment une « poïétique du pli ». Invoquant tour à tour les écrits de Gilles Deleuze, Michel Bernard, Aurore Després ou encore Henri Meschonnic, elles examinent comment, en pliant, dépliant et repliant de façon quasi obsessive une même matière, elles ont pu apprivoiser une forme toujours inachevée et en devenir, venant brouiller les frontières de leurs disciplines respectives. Des plis de la matière au déplié du sens, jusqu'à la fluence du pli, la fluidité propre à une poïétique du pli invite ici à entrer dans un labyrinthe du continu dansethéâtre.