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Dans l'optique de poser un jalon dans le chantier de recherche qu'ouvre le corpus de la critique musicale des femmes, c'est à la trajectoire de Judith Gautier que cet article s'intéresse, non pour dégager une manière féminine exemplaire d'écrire la musique, mais pour identifier un ensemble d'indices à partir desquels on pourra envisager cette occurrence singulière au sein d'une histoire de la critique musicale au féminin. Fille de Théophile Gautier, Judith se distingue par sa passion pour les oeuvres de Wagner, se qualifiant même de sa « meilleure disciple », jusqu'à devenir l'une de ses plus ferventes défenseures en France. Grâce à la relation avec son père, et afin de s'affranchir de son mariage malheureux avec Catulle Mendès, elle parvient à établir sa légitimité en développant une approche poétique et impressionniste de la critique, approche cependant éclairée par une connaissance intime des oeuvres, avec lesquelles ses articles dialoguent à la manière d'un contrepoint. Ce positionnement lui permet non seulement de contourner les frontières de genre dans un champ professionnel masculin, mais aussi de contribuer activement à la réception et à la promotion de l'oeuvre wagnérienne en France. L'article entend ainsi proposer une réflexion sur les stratégies d'autonomisation d'une femme critique musicale, et interroger les rapports de genre dans la construction d'une autorité critique au féminin dans une période qui instaure et institutionnalise la fonction de critique musicale au sein du journal.
Mots-clés : Critique musicale, Femmes et écritures de presse, Judith Gauthier, Wagner et wagnérisme, Music criticism, Women and press writings, Judith Gautier, Wagner and Wagnerism