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1301.Plus d’information
L'auteur rappelle tout d'abord quelques-unes des manifestations publiques de l'engouement pour l'oeuvre de Lévi-Strauss, des Tristes Tropiques à aujourd'hui, y compris le témoignage inattendu d'un garagiste. Adoptant une position résolument critique par rapport à l'entreprise structuraliste dont l'anthropologue s'est fait le porte-drapeau, il essaie d'expliquer le succès de Lévi-Strauss par les propriétés esthétiques de sa pensée. S'inspirant pour cela d'une observation de Jean Molino, il rappelle que les catégories de l'entièreté, de l'harmonie et de l'éclat se rencontrent aussi bien chez les philosophes platoniciens et néo-platoniciens que chez un esthéticien américain contemporain. Cette permanence dans le temps peut faire penser que l'on tient là quelques-unes des familles universelles qui regroupent les critères du Beau. Il montre alors qu'elles peuvent rendre compte aussi bien du mode de pensée lévi-straussien que de l'oeuvre de Richard Wagner, ce qui permet d'expliquer, du même coup, la fascination de Lévi-Strauss pour ce compositeur.
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1302.
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1305.Plus d’information
Thom Sokolosky, directeur de la compagnie Autumn Leaf vouée à la production d'opéras contemporains, nous parle de sa plus récente production, Kopernikus de Claude Vivier. A travers son témoignage, il nous fait part de sa vision de l'opéra, de ses conceptions artistiques, de sa manière d'appréhender et de former une équipe qui réponde aux besoins spécifiques de chacune de ses productions. Ainsi, il est question des critères fondamentaux déterminant le choix de ses collaborateurs et de tous les participants, mais aussi de ceux qui régissent les associations, toute nature et tous niveaux confondus, entre artistes, entre organismes, villes, pays et même entre continents. Il interpelle également les subventionnées, interroge les enjeux politiques, les a priori artistiques et partage avec nous son voeu le plus cher : battre en brèche les limites qui étouffent, restreignent et empêchent. En un mot, et quel qu'en soit l'ordre ou le lieu d'application, faire preuve de la plus grande ouverture possible.
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1306.Plus d’information
La série Les Shadoks de Jacques Rouxel, produite en France entre 1968 et 1974, est emblématique de l'esprit expérimental de Pierre Schaeffer, à la tête à l'époque du Service de la Recherche de l'ORTF. Si la série est largement axée sur la désynchronisation entre image et son pour mettre en valeur la musique concrète, Schaeffer a pour sa part tenté de synchroniser ses équipes avec des découvertes technologiques (notamment l'animographe) tout en désynchronisant l'organisation de son service et en resynchronisant le public avec un esprit moderne, en rupture avec le conformisme audiovisuel des années Pompidou.
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1307.Plus d’information
Dans cet entretien, la compositrice française Pascale Criton retrace les grandes lignes qui sous-tendent son écriture et sa pensée musicales. Passionnée par le continuum sonore, ses rencontres avec Ivan Wyschnegradsky, Gérard Grisey – mais aussi avec le philosophe Gilles Deleuze – dans le courant des années 1970, confirment son intérêt pour les micro-intervalles et la variabilité du son. La compositrice livre les enjeux qui mobilisent son attention au fil des oeuvres qui jalonnent son parcours, des années 1980 à aujourd'hui. L'idée d'interaction écosensible émerge avec l'emploi de scordaturas en 1/4, 1/12e et 1/16e de ton associées à la synthèse du son (Thymes, 1988), ou en référence à des comportements acoustiques (Artefact, 2001) qui renouvellent l'écriture du geste (Objectiles, 2002). Pascale Criton interroge aussi bien les techniques instrumentales que la notation et l'interprétation (Circle Process, 2012). Son utilisation des petites différences vise l'élargissement de la perception et s'étend aujourd'hui à une écoute sensible aux phénomènes acoustiques et perceptifs (Wander Steps, 2018).
Mots-clés : Pascale Criton, Ivan Wyschnegradsky, continuum sonore, micro-intervalles, microtonalité, écoute, psychoacoustique, Pascale Criton, Ivan Wyschnegradsky, sound continuum, micro-intervals, microtonality, listening, psychoacoustics
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1308.Plus d’information
L'auteur présente le chantier d'une histoire de Darmstadt qui s'appuierait sur le travail pionnier de Gianmario Borio et Hermann Danuser (1997) portant sur l'âge d'or héroïque (vers 1948-1963) des Ferienkurse, et l'enrichirait à la fois par de nouvelles approches complémentaires et par la prise en considération de l'ensemble de la période d'activité de l'institution. Darmstadt est vu comme le lieu de constitution d'une mémoire collective et d'une culture singulières. Son histoire devrait inclure (sans se limiter à eux) aussi bien les récits légendaires que les anecdotes, aussi bien les succès fameux que les échecs oubliés de tous. Les cours d'été sont aussi la scène sur laquelle se seront révélés et exposés les principaux acteurs — les héros autant que les anti-héros — de ce qu'on appelle désormais « la musique contemporaine », de la trinité Boulez-Nono-Stockhausen à des personnalités telles que Hermann Heiss, Bernd Alois Zimmermann ou Karel Goeyvaerts.L'auteur propose une histoire de Darmstadt dont l'intrigue est tissée de mythèmes puissants, actifs, souvent consciemment recherchés par les fondateurs des cours d'été : la dimension cosmopolite, la jeunesse des participants, la radicalité esthétique tendant à la tabula rasa, le risque de produire un espéranto, et le goût pour des théories compositionnelles hautement prescriptives et formalisées.
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1310.